‹ Occlusion avec InvaginationChapitre 7 sur 12 · D LP · texte numérisé non relu

D LP

douleurs abdominales atroces, se tordant sur lui-même et me suppliant de l’opérer.

L’abdomen, d’ailleurs plutôt rétracté, présentait une particularité bien curieuse : à gauche et au-dessus de l’ombilie, derrière le muscle droit, il existait une masse rectiligne, régulière, longue de 12 à 15 centimètres, grosse comme le corps d’un litre en verre dont elle avait la forme, nettement saillante, sonore à la percussion. Il n’y avait plus de vomissements; ni gaz, ni matières n'avaient été rendus. Seule l’idée d’une occlusion intestinale pouvait expliquer la présence de cette dilatation intestinale sonore; encore n'était-il bien difficile de comprendre pourquoi cette occlusion avait une manifestation - locale et limitée. ru |

J’ouvris l'abdomen verticalement au niveau du musele droit/gauche, et arrivé dans le ventre je trouvai une lésion très curieuse qui me troubla d’abord et dont j’eus bientôt la clef. Au meso, tendu au maximum, était appendue une dilatation intestinale très localisée. Elle commençait à 8 em. environ du muselede Treitzet se continuaitsur le jejunum dans uneétendue. de 18 à 20 cm. sous forme d'un conduit réculièrement dilaté. En suivant le jejunum à partir de la troisième partie du duodénum, je trouvais au début de la dilatation. un collier régulier dans lequel s’enfonçait le jejunum : au contraire, quand, à l’autre extrémité de la dilatation, je remontais de l’iléon vers l’estomac, je sentais un bourrelet régulier. Il y avait donc invagination du jéjunum dans l'iléon. L’exploration point par point de la dilatation me permettait de sentir à son extrémité distale une masse charnue et dure, tunieur ou corps étranger.

J'éssayais de désinvaginer, tirant en haut sur le jejunum, refoulant de bas en haut sur l’iléon; toutes mes tentatives furent vaines, impossible de gagner 1 cm. Je résolus de faire une résection de toute la partie invaginée, résection suivie d’un abou-

chement des deux orifices sectionnés; en sectionnant le meso,

GUITARD ?

je vis dans son épaisseur une tumeur grosse comme une noix.

set qui jusque là m'avait échappé. ,

Quoique régulière, l'opération n'avait pas laissé que d’être longue et le malade en sortit quelque peu déprimé. Toutefois, il parut se remonter; il ne souffrait plus; néanmoins il succomba quatorze heures plus tard.

L'examen de la pièce enlévée montra qu Pil y: avait dans fé

ee. Ta jejunum sur son bord libre une tumeur charnue qui avait en- Fe traîné le jejunum en occlusion dans liléon; la retraction de 34 |‘ celui-ci avait émpêché la désinvaginativn: toute la partie invaà: ginée était noire, gorgée de sang. La tumeur AEvPIQR RES ons me le mésentére était un ganglion.

508 RC, Je remis à l'examen de M. le Professeur Ménétrier la pièce . ; & et le ganglion : sa réponse: fut qu'il s'agissait d’un « lymphoà Ÿ cytome de la paroi intestinale (sarcome à petites cellules ron- Fe des) ». Le ganglion avait subi une altération concordante.

Le EF ; Obs. V. —(Inédite) due à l’obligeance de M. le docteur Gaudin E ”

(Nantes). — Louise X..., 74 ans entre à l'Hôtel Dieu le 17, mai

Paré

1917 pour des coliques extrêmement violentes. ë

La malade, mère de deux enfants bien portants, jouissait d’une excellente santé. Elle fut prise en plein travail, la veille se de son admission à l'hôpital, de douleurs brusques dans Ia | région épigastrique, bientôt suivies de vomissements alimentai- D | res. Ces douleurs survenant paæ paroxysmes, avee une intensité croissante la décidèrent à accepter. l’hospitalisation urgente.

A son arrivée, 18 heures après le début des accidents, l'état : général n était pas sensiblement aggravé, le facies était peu altéré, le pouls à 70, la température à 37.

L'examen de l'abdgmen ne semblait pas au premier abord devoir donner des éléments de diagnostic bien précis. Pas de ballonnement sensible, pas de défense musculaire. Toutefois à l'occasion d’une colique, il nous fut possible de voir sous la

paroi, l'intestin se dessiner animé de mouvements de reptation.

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