ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Le siège des polypes malins de l'intestin grêle est.
variable.
Dans l’observation de Homolle les tumeurs au nombre de quatre s’étagent l’une à 0,60 du pylore, une autre vers le milieu de l’iléon, une troisième un peu plus bas et la dernière à 0,10 de la valvule iléo-cœcale. -
Elles ont toutes produit des invaginations.
Dans l'observation de .Sternberg, douze tumeurs siègent sur le jejunum, deux autres siégeant l’une à l'extrémité du jejunum, l’autre dans un segment plus central de celui-ci ont déterminé chacune une invagi-
nation.
Dans le cas de Von ESsELSBERG, celle-ci est ileo-cœcale,
et le lympho sarcome s’est développé dans la partie
terminale du grêle.
Dans l'observation de M. E. PoTHERAT l’invagina-
tion porte également sur le jejunum.
Chez notre malade le siège de la tumeur est la partie
initiale de l’iléon.
L'implantation du pedicule est signalée par M. Porue-
RAT, elle se fait sur le bord libre (c'est là que s’insèrent
également le plus souvent les tumeurs polypiformes
bénignes). L'examen de la pièce montre au contraire dans le cas que nous publions que cette implantation se fait sur le bord de l'intestin inséré au meso. Le volume et la formé ne sont pas toujours notés. De la grosseur d’une noix, à surface irrégulière dit STENBERG, de la forme d’unchampignon dit Von EiseLs-
. BERG. Gette forme est celle que nous avons nous-même
signalée dans notre observation. Le volume était celui d’un œuf de pigeon.
Enfin, la plupart des observations signalent l’ulcérâtion ou même la nécrose de l'extrémité libre de la tumeur. < |
Ce fait est également souvent signalé à propos des polypes bénins. %
On a recherché les rapports existant entre les polypes et l’invagination et le mécanisme de production de cette
dernière.
Notons d’abord qu’en aucun des cas le polype sarco-
mateux n’a acquis un développement suffisant pour
provoquer par sa seule présence l’étranglement. Il n’est
que la cause prédisposante de cet étranglement qui est.
effectué par l’invagination. Quant au mécanisme il a été décrit à propos des polypes bénins. |
« Le tube intestinal est très dilatable, les matières qui trouvent un obstacle au niveau du pylore dilatent la paroi opposée à son insertion et passent, mais lorsqu'une: inflammation provoquée par le tiraillement du
appartiennent à ses complications. »
culs de polype par la stase des matières fécales ou
par toute autre cause a fait perdre à l'intestin sa dila-
tabilité, les matières s'accumulent au-dessus du polype, pèsent sur lui et le dépriment. Son pédicule entraîne les parois de l'intestin, il se fait une invagination et alors l’obstacle est complet et l’étranglement survient ».
C M. Ducugr arrive également à ces conclusions en
#à déclarant que le polype bien que jouant un rôle consi-
dérable dans la production de l’invagination, n’en reste
pas moins sur le Second. plan, puisque dans tous les cas la mort doit être rapportée avant tout au seul fait
de l’invagination. C'est pourquoi dans toutes les obser-
vations l’histoire des phénomènes auxquels le polype a pu donner lieu n’est pas facile à dégager de ceux qui
SYMPTOMATOLOGIE
La symptomatologie des tumeurs polypiformes tant bénignes que malignes de l'intestin grêle est à peu près nulle et le polype dans l’invagination a toujours été une surprise au cours de l'intervention ou une trouvaille d’autopsie. L |
Dans le cas de M.PorHErAT,ainsi que dans l’observa-’ tion que nous publions, le début a eu lieu d’une façon extrêmement brutale. Dans l’une la malade est prise brusquement, en plein travail. Aucun accident, aucune douleur, aucun trouble des fonctions digestives n’avaient attiré son attention sur une lésion possible du tube diges-
tif. Dans l’autre, c’est à la fin d’un déjeuner qu’apparais-
sent subitement, avec une grande intensité; tous les
symptômes de l’occlusion intestinale aiguë, douleurs violentes, vomissements, sueurs froides, pouls misérable, et cependant le malade était hospitalisé depuis quelque temps et par conséquent dans d'excellentes conditions pour que soient dépistés tous les petits aceidents prodromiques qui auraient pu survenir.
Dans l’observation n° 1 il est difficile de faire la part de ce qui doit être attribué à l’engouement herniaire et
à l’invagination, Il y eut cependant un intervalle assez
net entre les deux. Homolle dit en effet : « Bien qu'il fût évident que l'intestin avait été réduit, bien que le cours des matières se fût rétabli, des nausées, des vomissements se produisirent bientôt que rien ne put arrêter. » Le malade put être observé pendant un certain nombre de jours, puisque entré dans les premiers jours de mars pu seulement le 24,0or « pendant ce temps les selles furent diarrhéiques, jaunâtres, jamais sanglantes ni sanguinolentes.
Les observations 2 et 3 sont un peu différentes des précédentes: Dans le cas deSTERNBERG le malade entre pour une diarrhée rebelle qui dure depuis 6 semaines et s'accompagne de douleurs abdominales, il aurait eu également du pus dans ses selles. Mais aucun symptôme ne met sur la voie d’une tumeur intestinale et là encore l’hémorragie fait défaut.
= Le début des accidents remonte A liont à quelques semaines chez le malade de Von KisELSBERG depuis 5 semaines douleurs abdominales, accès de coliques durant 5 minutes, il y a 15 jours aggravation des douleurs
météorismes et mouvements péristaltiques accentués.
Dans ces observations tous les symptômes constatés
n’ont été que des symptômes d’obstruction ou d’occlusion aiguë de l'intestin. Nous n'insisterons pas sur le diagnostic de celles-ci, ni sur les signes pouvant permettre de fixer le siège de l'obstacle.
CoLzziGnon dans sa thèse sur les accidents d’occlusion avec invagination par des tumeurs polypeuses
bénignes de l'intestin pense que le diagnostic doit s’orien-
GUITARD 2 «<
La