‹ Occupation et libération du territoire, 1871-1875. CorrespondancesChapitre 27 sur 103 · Voir ccxxxi · texte numérisé non relu

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128 OCCUPATIOIV ET LIBERATION

Épernay, pour avancer d'une semaine la libération de cette ville, de trois jours celle de Dormans, Sézanne, etc. Grâce à son bon vouloir, j'espère que nous pourrons partout ou presque partout, faire occuper les baraques dès l'arrivée des troupes, malgré le mauvais vouloir de certains chefs de corps et le non-achèvement de quelques travaux retardés par les grèves ou le mauvais temps.

Aujourd'hui même, je viens de vous télégraphier, qu'à la suite de mes vives observations sur une inconvenance du colonel commandant les troupes d'Epernay, qui, en évacuant la ville, a emmené au milieu de ses soldats trois prisonniers français, il s'est empressé d'accorder à ces trois hommes la remise entière de leur peine et de les faire mettre en liberté.

Dans la regrettable affaire survenue le 22 octobre à Épernay, affaire où trois de nos compatriotes ont été grièvement blessés par des soldats, il n'admet pas plus que moi la fin de non-recevoir du général de division, qui prétend ne pouvoir découvrir les coupables; il prescrit une nouvelle et sérieuse enquête; il a déjà fait consigner trois jours tout le régiment, et il veut lui infliger une punition générale, colonel et officiers compris, si l'on ne trouve pas les agresseurs. Quant aux victimes, il s'est informé près de moi de leur position de fortune, et il m'a annoncé son intention de leur allouer un secours important, aux dépens de la caisse du régiment auteur du fait.

J'ai donc très réellement à me louer de ses efforts conciliants, de ses dispositions équitablement bien-

veillantes, et je crois de mon devoir de vous en faire

part.

Veuillez agréer, etc.

S^-Vallier.

M. LE COMTE DE SAINT-VALLIER A M. THIERS

Nancy, le 5 novembre 1872.

Monsieur le Président,

Il m'est vraiment pénible de devoir vous écrire si souvent et de prendre ainsi une part de votre temps, si absorbé en ce moment surtout; mais il est des choses que mon devoir m'oblige à vous dire. D'ailleurs, ma lettre sera courte et ne demande pas de réponse.

En vous remerciant, le 23 octobre i, de votre grande lettre^ si remplie d'intérêt du 17, je vous ai dit que M. de Manteuffel m'en avait demandé deux extraits qu'il a tenu à envoyer à l'Empereur d'Allemagne et au prince de Bismarck, comme devant calmer certaines inquiétudes et défiances sur notre stabilité, dont il avait été peiné de recueillir l'expression lors de son dernier voyage à Berlin; vos assurances si nettes, si précises,

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