‹ Occupation et libération du territoire, 1871-1875. CorrespondancesChapitre 28 sur 103 · Voir ccxx · texte numérisé non relu

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lui avaient paru la plus éloquente réponse à ces appréhensions, et j'avais partagé sa manière de voir. Nos espérances n'ont pas été trompées, et le général a su, il y a quelques jours, que l'Empereur Guillaume avait témoigné une vive satisfaction à la lecture de l'extrait de votre lettre.

Quant à la copie adressée à M. de Bismarck, elle lui a été envoyée à Varzin, et c'est hier seulement que M. de Manteuffel a reçu la lettre par laquelle le chancelier le remercie de cet envoi. C'est une lettre particulière, de la main de M. de Bismarck; elle est courte, mais très affectueuse. Une phrase seulement est importante et mérite notre attention, c'est elle que je veux vous rapporter ; elle est ainsi conçue :

« Votre Excellence a bien jugé que je trouverais un grand intérêt à sa communication confidentielle du 25 octobre, et que je lirais avec la plus sérieuse attention l'extrait de la lettre particulière de M. Thiers à M. de Saint-Vallier. Les assurances qu'elle renferme sur l'état intérieur de la France pourraient être regardées comme hautement satisfaisantes, si je ne devais craindre qu'elles ne fussent trop optimistes. Quoiqu'elles me fassent plaisir, je dois observer qu'elles ne concordent pas avec mes informations qui sont moins rassurantes. »

J'ai traduit cette phrase textuellement; il est évident que le prince fait allusion à ce que lui écrit M. d'Arnim, qui envoie sans doute à Berlin des appréciations pessimistes, semblables à celles dont il m'a fait part ici et que je vous ai rapportées dans ma lettre du 29. Je le

répète, Monsieur le Président; je l'apprends de toutes parts : M. d'Arnim est un critique malveillant; il est, en même temps, je le sais, un mal nécessaire avec lequel il faut tc^cher de vivre le mieux possible; mais il importe que vous connaissiez bien ses dispositions réelles et son action près de sa Cour, et c'est là le motif de ma lettre.

Veuillez agréer, etc.

S^-\'allier.

CGXXXV

M. THIERS A M. LE COMTE DE SAIXT-VALLIER Versailles, le 5 novembre 1872.

Mon cher Monsieur de Saint-Vallier,

Quoique prodigieusement occupé, je me hâte de vous écrire quelques mots pour répondre à votre lettre du 3 novembre!. Je suis on ne peut plus touché du souci de M. de Manteuffel à mon sujet, et je vous prie de lui dire qu'il met le comble à ses nobles et généreux procédés; mais qu'il se rassure, je suis un philosophe au pouvoir. J'y suis malgré moi, par le sentiment que, si je m'éloignais, le chaos reparaîtrait dans le pays, et

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