‹ Occupation et libération du territoire, 1871-1875. CorrespondancesChapitre 39 sur 103 · Voir ccxLix · texte numérisé non relu

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ranties financières discutables, mais de valeurs certaines et on peut dire sonnantes. Mais en revanche, nous demanderions l'évacuation totale et immédiate : j'entends par immédiate, sans attendre les délais d'exécution. Ainsi, les valeurs obtenues comme aujourd'hui par exemple, pour le quatrième milliard que nous payons et que nous avons, il faut trois mois pour achever le paiement.

Une fois l'existence des valeurs constatée, et les paiements commencés et en cours d'exécution, on pourrait bien, en présence de notre bonne foi si éprouvée, opérer l'évacuation totale. Du reste n'anticipez pas sur les confidences, mais sachez au besoin nos ressources et nos inclinations.

Quant aux Trente, ils sont taquins et tracassiers, mais nous nous entendrons avec eux, ou directement ou par la Chambre. Je ne veux qu'une chose, en m'abstenant de paraître dans les petites questions, pouvoir dans les grandes remplir mes devoirs. Il eût été fâcheux que je n'eusse pas pu combattre l'impôt sur les riches et obtenir cinq ans de service dans l'armée. Tout cela me sera concédé, et l'accord sera fait avec la majorité.

Adieu, mon bien cher Monsieur de Gontaut, à vous de cœur.

A. Thiers.

DUTERRITOIRE 195

M. THIERS A M. LE COMTE DE SAINT-VALLIER

Versailles, le 2 février 1873.

Mo>' CHER Monsieur de Sai>t-Vallier,

J'ai reçu votre lettre d'avant-hier^ avec le plus grand plaisir. Dites à M. le général de ManteufFel que je lui serai éternellement reconnaissant de tout ce qu'il fait pour rendre service à la France, tout en étant scrupuleusement fidèle à ses devoirs d'Allemand.

Ces dernières communications nous sont infiniment précieuses, et elles vont nous servir de guide pour la conduite que nous avons à tenir dans la grande et patriotique afi'aire de l'évacuation.

Jusqu'ici, nous n'avons rien fait que payer scrupuleusement, et même par avance. Xous attendions d'approcher davantage de l'évacuation des troisième et quatrième départements à évacuer pour prendre la parole. Sans que nous nous en mêlassions, M. Henckel, à ce qu'il parait, aurait (d'accord ou non avec M. d'Arnim) fait à Berlin une ouverture repoussée, ce qui a donné lieu à des bruits faux que j'ai dû faire démentir.

D'après ce que j'ai appris très sûrement, M. de Bismarck a repoussé l'ouverture à cause de celui qui la faisait.

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