‹ Occupation et libération du territoire, 1871-1875. CorrespondancesChapitre 40 sur 103 · Voir ccxLviii · texte numérisé non relu

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Pourtant, nous étions dans une sorte de doute sur le motif de M. de Bismarck, lorsque nous avons reçu votre lettre qui nous a satisfaits au lieu de nous inquiéter. Elle nous a prouvé qu'on voulait négocier, et que le motif du refus fait récemment se rapportait à la personne qui avait entamé des pourparlers sans y être autorisée.

Hier, nous avons reçu de Berlin une indication qui ne nous laisse plus de doute et une ouverture positive de M. d'Arnim lui-même. Nous allons donc entrer dans la voie où nous sommes invités à entrer par M. d'Arnim, sans dire un seul mot des communications reçues de Nancy, vous pouvez y compter. Je vous prie de recommander de même à M. de Manteuffel le secret sur tout ce que nous lui dirons, étant décidés à ne lui rien laisser ignorer.

Quant à notre situation financière la voici. Nous aurons payé le l*' mai le quatrième milliard. Nous aurons à cette époque une grande partie du cinquième et dernier milliard sans recourir aux garanties financières. Pour le restant de ce cinquième milliard, la plus facile opération de trésorerie nous regardant seule nous permettra de nous acquitter en entier. Restera à fixer les époques précises et le mode d'évacuation totale. Je vous tiendrai au courant de tout, et je vous prie d'assurer M. de Manteuffel de ma gratitude patriotique et personnelle.

Secret absolu sur le tout. A vous de cœur.

A. Thiers.

CGLIII

M. LE COMTE DE SAINT- VALLIER A M. THIERS

Nancy, le 3 février 1873.

Monsieur le Président,

Je vous ai remercié, ce matin, par le télégraphe, de votre excellente lettre d'hier i au moment même où elle m'est parvenue; mais je tiens à vous dire que j'ai lu confidentiellement et sous le sceau du secret, à M. de Manteuffel, les passages le concernant personnellement et ceux que je sais pouvoir confier à son amicale discrétion. Le général a été aussi sincèrement heureux des nouvelles que vous me donniez, que vivement touché des choses affectueuses dont vous me chargiez pour lui. Il m'a dit qu'il avait bon espoir que l'entente se ferait de façon à nous conduire à l'évacuation simultanée et totale des quatre derniers départements occupés, sans que nous ayons à exécuter, même pour un espace de .temps limité, la clause réellement irréalisable du traité du 29 juin, stipulant la concentration de toute l'armée actuelle d'occupation dans deux départements seulement. Toutefois, comme il a reçu l'ordre d'étudier la question de l'installation de ses troupes dans ces deux derniers départements, il m'a averti qu'il faisait procé-

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