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lations existantes entre les soldats allemands et les habitants des départements occupés, et il croit, lorsque les troupes quitteront la France, qu'elles n'y laisseront pas de mauvais souvenirs. J'espère qu'il dit vrai. Je lui ai répondu toutefois que l'évacuation prochaine aurait des avantages pour l'Allemagne comme pour la France. Il m'a dit qu'en tout état de cause, elle pourrait bien avoir lieu vers le mois d'août. C'est un propos qui a sa valeur, bien que tenu dans le monde et extra-ofïiciellement. Mais je dois vous dire que je recueille de presque tous les côtés cette opinion ou cette crainte, que l'évacuation sera le signal d'agitations révolutionnaires en France.
Je n'ai pas besoin d'ajouter que je combats ces appréhensions de toutes mes forces; j'espère bien ne pas recevoir de démenti des événements. Mais ces craintes sont en partie sincères ; il est bien possible aussi qu'elles soient colportées dans des vues intéressées, c'est-à-dire pour avoir un motif, sinon de ne point exécuter le traité, du moins d'évacuer le plus tard possible. J'observe attentivement ce point-là. Je crois très désirable de voir se conclure enfin l'accord entre vous et les Trente : cela fera ici la meilleure impression.
Je ne me permets déjuger personne, étant éloigné de Paris, n'ayant reçu aucune lettre de Versailles depuis trois semaines au moins, et ne connaissant aucun dessous de cartes. Je puis dire seulement que la lenteur apportée à la solution est fâcheuse; quelle qu'en soit la cause, elle est regrettable. Vous dites qu'on vous fait des tracasseries. Je les blâme pour ma part, et je
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voudrais plus de largeur dans les vues. Mais puisque je fais à chacun sa part, je dirai que cette affectation des membres de la gauche de vous être seuls dévoués, de vous servir, d'aller vous rendre compte de ce qu'ils font, en un mot de paraître prendre le mot d'ordre chez vous, est pitoyable et ne peut produire ici qu'un très fâcheux effet. Ce qui serait étonnant, c'est que les Gouvernements étrangers, le Gouvernement allemand entre autres, ne fussent pas frappés de l'appui qui vous est donné : par qui? par les journaux qui se montrent les plus ardents défenseurs des révolutionnaires. . . Au reste, je connais bien peu de journaux, quel que soit leur parti, dont le langage en ce moment ne soit déplorable !
Je donne cette lettre à mon fils qui retourne en France à son régiment. Je suis obligé de m'arrèter, et je vous prie, cher Monsieur le Président, d'agréer, etc.
V^^ DE GoNTAUT-BiRON.
P.-S. — Me permettez-vous de vous rappeler la croix que j'ai demandée, il y a bien longtemps, à M. de Cissey pour M. de la Ferronnays, mon attaché militaire, le seul à Berlin qui n'ait pas la croix de son pays, et qui la mérite bien!
CGLVI
Versailles, le 9 février 1873.
Mon cher Monsieur de Gontaut,
J'ai reçu vos diverses lettres, notamment la dernièrei, et toutes m'ont fort satisfait. Nous marchons d'accord, bien qu'en différant souvent d'opinions sur des questions qui, du reste, n'ont avec le dehors qu'un lien heureusement assez élastique. Les voies qui viennent de s'ouvrir devant vous pour arriver jusqu'au Roi, nous seront précieuses, et il faudra s'en servir sans les user. Quand vous le verrez, rassurez-le sur l'état intérieur de la France. Les fauteurs de troubles matériels sont absolument impuissants, en sont convaincus euxmêmes et visent uniquement à se servir du suffrage universel, ce qui devrait faire comprendre au parti conservateur qu'il ne faut leur donner aucun argument qui puisse leur servir devant le maître qu'on s'est donné, c'est-à-dire le nombre. Le danger est donc uniquement de gâter les élections en donnant des prétextes spécieux à ceux qui prétendent qu'on veut renverser la République, que du reste personne ne peut remplacer. Lors donc qu'on soulève, tous les jours, les discussions