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lions en évitant de donner à roccupation un caractère pénible qui aurait accru vos embarras. Le Roi a enfin exprimé son désir de vous voir, dans Tintérêt de la paix de l'Europe, garder longtemps la direction des affaires de notre pays et sortir heureusement des crises parlementaires.
M. de Tresckow termine sa lettre en disant qu'il a eu un entretien avec M. de Bismarck, qu'il a trouvé animé des mêmes dispositions que le Roi.
Il m'a paru utile, dans les circonstances présentes, de vous transmettre sans aucun retard ces informations toutes privées et confidentielles.
Veuillez agréer, etc.
S'^-Vallier.
CGLXI
M. LE VICOMTE DE GONTAUT-BIRON A M. THIERS
Borliu, le 15 février 1873.
Monsieur le Président,
Permettez-moi de vous remercier de vos bonnes lettres et de votre confiance. Je suis bien heureux de vous satisfaire en pensant aux grands intérêts que nous sommes appelés à régler. Bien que nous différions d'opinion, comme vous le dites, sur certaines questions qui concernent la politique intérieure, et bien que ces questions ne soient pas indifférentes ici, je crois que
Ton ne s'aperçoit guère, au langage que je tiens, de nos divergences.
D'ailleurs, je pense que votre présence à la tête des affaires est nécessaire, et je le dis nettement, comme je ne manque pas souvent de répéter que personne n'a rendu plus de services que vous à notre pays. Je ne rencontre pas de contradictions sur ces points; mais je dois constater que les divisions entre vous et la commission des Trente, qu'on avait crues terminées et que les journaux ont grand soin de faire remarquer, donnent de nouveau quelque inquiétude. On se demande ce que signifient ces discussions interminables et pointilleuses, si elles accusent des dissentiments profonds, ou si les gens les mieux intentionnés du monde comprennent mal la situation. Entre nous seuls, j'écris à mes amis pour les engager à faire toutes les concessions désirables, à faire ce qui dépend d'eux pour ne pas prolonger une situation qui ne peut que nous faire tort vis-à-vis de l'Etranger; et de quel Etranger ! 11 faut convenir aussi que tous les journaux, à quelque parti qu'ils appartiennent, et qui semblent mettre tous leurs efforts à provoquer une scission entre vous et la droite, sont pour le moins bien imprudents!
On me parle donc de tout ceci, et je réponds, non pas seulement parce que vous me l'indiquez, mais parce que je suis convaincu moi-même que tout s'arrangera, et s'arrangera bien.
Vous connaissez maintenant la voie qui me permet d'aboutir au Roi, je ne négligerai aucune occasion de m'en servir avec prudence.
DU TERRI TOIRE 223
Vous avez donc entamé, le 4 février, les pourparlers avec le comte d'Arnim pour l'évacuation. La réponse que vous a faite l'ambassadeur d'Allemagne me paraît assez conforme à ce que le Roi m'a dit, cet été, à Schlangenbad. Il est convenu avec moi (vous vous en souvenez) qu'il n'était pas possible de conserver cinquante mille hommes dans les deux derniers départements. La solution mise en avant par le comte d'Arnim et consistant à ne laisser dans ces deux départements, après l'acquittement du quatrième milliard, que les troupes qui s'y trouvent actuellement, en renvoyant en Allemagne celles qui occupent encore les autres, pourrait donc bien être celle du Roi.
Le moyen que vous proposez est fort équitable. ]\Iais en l'acceptant, les Allemands quitteraient complètement la France deux ou trois mois avant qu'ils ne le feraient en refusant de substituer des garanties financières à l'occupation, et je crains toujours que leur intention, au moins celle du parti militaire, ne soit de conserver quelques positions en France aussi longtemps que le traité leur en donne la possibilité. C'est là ce que je m'applique à pénétrer.
Mais depuis ma dernière lettre, je n'ai rien appris de nouveau. Vous me recommandez avec raison de ne pas paraître, dans mon langage, croire à la non-exécution du traité par l'Allemagne, mais d'observer avec soin tous les symptômes capables de nous éclairer sur les desseins du Gouvernement allemand. Non, je me refuse à croire à ce qui mériterait si justement la qualification d'infamie, comme vous le dites si bien. Je crois à l'éva-
CLiation totale. Mais je crois aussi que la solution dépend beaucoup de notre situation intérieure. H y a des points que je pourrai aborder avec succès, du moins avec des espérances fondées de succès, lorsque l'accord sera conclu entre vous et les conservateurs. Jusque-là, je ne puis guère parler; mais je suis persuadé que ce sera bientôt un fait accompli : alors je pourrai très bien saisir une occasion et dire au Roi ce que vous me conseillez de lui dire. Je regarde le moyen que vous proposez comme excellent. En attendant que le moment soit venu, je veillerai, je vous tiendrai au courant de tout ce que je remarquerai ou entendrai, et j'espère de tout mon cœur répondre à la confiance que vous me témoignez et dont je me sens, veuillez le croire, fort honoré et fort touché. Il va sans dire que je suis à votre disposition pour aller à Versailles et m'entendre avec vous quand vous le désirerez, et quand de mon côté je croirai le moment opportun.
Voilà plusieurs jours que je n'ai vu M. Bleischrôder. Il avait dit à un secrétaire qu'il avait des communications assez importantes à me faire : il me rencontra deux jours après et me dit qu'une lettre de Paris reçue par lui rendait notre entrevue moins nécessaire. Hier, il me promit de venir me voir, et je l'ai attendu en vain. Je l'ai invité à dîner pour la semaine prochaine, et je tâche d'être en très bonnes relations avec lui.
Est-il vrai que vous deviez aller à Vienne ?
Adieu, cher Monsieur le Président.
Veuillez agréer, etc.
V^" DE GoNTAUT-BlRON.
GCLXII
M. LE VICOMTE DE GONTAUT-BIRON A M. DE RÉ MUSAT
Berlin, le 18 février 1873.
Monsieur le Ministre,
J'ai eu rhonneur d'écrire, il y a quelques jours^, à M. Thiers, bien que n'ayant rien de très nouveau à lui faire connaître. Il faut attendre les occasions, et elles ne se montrent pas encore. Plusieurs fois, Bleischrôder s'est annoncé chez moi et n'est pas venu : cela signifie, je suppose, ou qu'il n'y a rien à faire en ce moment ou que des négociations sont entamées à Paris.
A l'égard de cet aboutissant à l'Empereur dont j'ai parlé à M. Thiers, rien à faire non plus actuellement; je ne pourrai faire de tentative utile que lorsque l'accord sera définitif entre le Président et l'Assemblée. Je préférerais de beaucoup qu'il eût lieu avec la commission : j'y puiserais de la force, car j'ai toujours assuré qu'il se ferait. Vous connaissez le langage bienveillant que le Roi a tenu sur mon compte. Si j'ai été assez heureux effectivement pour acquérir quelque autorité auprès de lui, je ne puis la conserver qu'à la condition d'être sincère : mais la sincérité n'exclut pas la prudence. Je suis plus désolé que je ne puis le dire de ces