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être adressées à rambassadeur d'Allemagne à Paris ou au général en chef de Tarmée d'occupation à Nancy? Par lune ou l'autre voie, elles sont délicates, et il est à craindre que le général, excipant de sa situation non diplomatique, réponde qu'il ne connaît pas les clauses du traité et qu'il exécute les ordres de son Gouvernement, qui a seul qualité pour juger jusqu'à quel point il est lié par la convention. Dans tous les cas, je crois desoir m'abstenir de toute communication jusqu'à ce que je connaisse l'appréciation de Votre Excellence, et que j'aie reçu ses instructions.
^'euillez agréer, etc.
S^-\'.\LLIER.
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M. LE GENERAL DE >L\NTEUFFEL A M. THIERS
i*fancy. le 16 septembre 1872.
Monsieur le Président,
Revenu hier soir à Xancy après le congé que l'Empereur, mon auguste Souverain, m'avait accordé, j'ai repris le commandement de l'armée; je tiens à vous en faire part immédiatement et à vous dire la vive satisfaction avec laquelle j'ai appris que la santé de Votre
Excellence, si essentielle pour le repos de la France et de TEurope entière, s'est bien trouvée de votre séjour au bord de la mer.
Je profite de cette occasion pour prier Votre Excellence d'agréer l'assurance de mon profond respect.
E. Manteuffel.
M. THIERS A M. LE COMTE DE SAINT-VALLÎER
DEPECHE TELEGRAPHIQUE
Trouville. le 17 septembre 1872.
Il faut se tenir dans les termes où l'on était resté relativement aux dates de l'évacuation. D'après le traité, l'évacuation nous est due quinze jours après le paiement accompli; mais, par exception au principe posé, il a été convenu que nous ne la demanderions que lorsqu'il serait possible de faire passer les troupes d'un baraquement dans l'autre. On s'attend à ce retard dans la Marne et la Haute-Marne, et on sait qu'il n'est motivé que par l'intérêt des populations voisines, destinées à être les dernières occupées.
On peut indiquer aux Allemands la date du 15 octobre comme la plus vraisemblable. Il faut, sans pédanterie toutefois, bien constater que c'est par une exception, volontaire de notre part, que l'évacuation n'est pas demandée et pas exécutée dans le délai de quinze jours. Je n'ai pas besoin de vous recommander de persévérer dans Tesprit conciliant dont vous avez été un modèle.
A. Thiers.
M. LE COMTE DE SAINT- VALLIER A M. THIERS
Nancy, le 17 septembre 1872.
Monsieur le Président.
Comme j'ai eu 1 honneur de vous en informer, hier, par mes dépêches télégraphiques, .M. le général de ManteufFel est revenu, avant-hier soir, à Nancy et a repris le commandement en chef des mains de M. le général de Tresckow. Il a tenu à vous écrire en arrivant et m'a prié de vous faire agréer ses respectueux hommages.
Je l'ai trouvé animé de dispositions amicales et sympathiques, satisfait de la marche des affaires dans notre
pays, applaudissant sincèrement aux succès de vos efforts, à raffermissement de votre Gouvernement, au rétablissement progressif du calme et de la prospérité publique; il m'a vivement félicité du succès de l'emprunt, des heureux résultats de la dernière session des conseils généraux; il a témoigné du bon effet produit à l'étranger par la fermeté avec laquelle votre Gouvernement a interdit les banquets des radicaux; il m'a dit qu'il ne me donnait pas seulement ses impressions personnelles, mais celles des souverains et des hommes d'Etat avec lesquels il vient de passer, à Berlin, plusieurs jours, pendant lesquels sa position de général attaché à la personne de l'Empereur d'Autriche lui a permis d'avoir de nombreuses et intéressantes conversations.
Il m'a affirmé à plusieurs reprises qu'il était certain qu'aucune résolution hostile à la France ou inquiétante pour nous n'a été prise ni même abordée dans les entrevues de Berlin.
« Je me tairais, m'a-t-il dit, si je n'avais pas de bonnes choses à vous apprendre; mais je puis vous certifier que je n'ai entendu qu'un langage hautement sympathique à votre illustre Président et à votre pays. Sans avoir assisté aux conférences des souverains et des ministres, je sais ce qui s'y est passé, et je puis vous déclarer qu'en ce qui concerne la France, l'avis général des trois Cabinets est que l'on doit soutenir, encourager, fortifier M. Thiers, dans son œuvre si méritoire d'apaisement et de restauration.
« On a été unanime à reconnaître que le repos de la
France intéresse la paix de TEurope, but de la réunion des souverains, que l'œuvre immense déjà réalisée par M. Thiers dans la voie du calme et de Tordre intérieur est une garantie de ce qu'il pourra faire encore, que ses actes et son langage inspirent une confiance entière qui s'affermit chaque jour, en le voyant tenir tête aussi bien aux agitations radicales qu'aux intrigues bonapartistes.
« Ce que je vous dis, je l'ai entendu de la bouche de l'Empereur Alexandre, de celle de l'Empereur François- Joseph; j'en ai trouvé la pleine confirmation dans les confidences de mon vieil ami le prince Gortchakow, et dans mes conversations intimes avec M. le comte Andriissy.
« Quant à ce qui touche les dispositions de mon auguste Souverain, de son Gouvernement, de ses principaux conseillers, je puis vous assurer qu'elles se sont bien modifiées à votre avantage depuis six mois; l'Empereur roi ne m'a pas caché la sympathie et l'intérêt qu'il a voués à M. Thiers; le prince de Bismarck a tenu un langage amical, et jusqu'au comte de Moltke, qui paraît s'être désarmé de son incurable défiance à votre égard.
« J'ai eu de longues conversations sur la France avec le prince de Bismarck; nos relations ont changé; elles sont devenues amicales ; nous avons reconnu que nous étions plutôt séparés par des malentendus que par des griefs réels; je l'ai vu beaucoup, allant passer chez lui la plupart de mes soirées; je sais donc sa manière de voir, et je puis vous dire en confidence que je le crois
disposé, si la situation intérieure de la France continue à se maintenir telle qu'elle est aujourd'hui, à vous donner dans la durée et les conditions de l'occupation des témoignages de confiance plus satisfaisants que ne le laisserait espérer le traité du 29 juin. Il m'a montré ses nouvelles dispositions en m'autorisant à ne plus refuser l'armement de vos douaniers, de vos forestiers dans la région occupée. C'est un premier indice; j'espère que d'autres suivront prochainement si vous continuez à payer régulièrement le complément de l'indemnité, si vous n'envoyez pas dans la Marne après l'évacuation plus de troupes que n'en exige le maintien de la tranquillité, et surtout si votre situation intérieure se maintient ce qu'elle est, grâce à la sagesse et à la fermeté du Président. »
M. de Manteuffel m'a aussi parlé de la situation de notre ambassadeur à Berlin; il m'a dit qu'elle est fort bonne. iL'Empereur Guillaume a une sympathie particulière pour M. de Gontaut, qui a su se ménager l'estime et la considération générales.
Tels sont. Monsieur le Président, résumés aussi brièvement que je l'ai pu, les traits principaux de mes deux premiers entretiens avec M. de Manteuffel; il est probable que je recevrai encore de lui d'autres confidences sur les conférences auxquelles il vient d'assister de fort près; je ne manquerai pas de vous transmettre tout ce qui me semblera devoir vous être rapporté.
J'ajouterai que les procédés affectueux de M. de Manteuffel envers moi ont été plus marqués encore
que par le passé; je crois que le prince Gortchakow n'y a pas été étranger, car le général m'a dit qu'il avait été heureux d'entendre de la bouche du chancelier de Russie une appréciation des plus élogieuses de mon attitude à la cour de Stuttgard et de mes efforts, demeurés stériles, pour détourner de mon pays la fatale guerre de 1870.
Je tiens à profiter de cette lettre pour vous dire un mot, Monsieur le Président, de l'excellente position prise, dès son arrivée à Nancy, par le nouveau préfet de Meurthe-et-Moselle. M. et M™® Le Guay montrent un tact et une mesure dont je tiens à leur rendre témoignage ; vos judicieux avis ont été bien retenus par M°* Le Guay; nos rapports se sont établis sur le pied le plus cordial, et je me suis employé à ménager entre la Préfecture et les autorités allemandes des relations convenables, suffisamment bonnes pour être utiles au pays sans être assez suivies pour alarmer le patriotisme ombrageux des habitants.
J'aurai terminé quand je vous aurai remercié du bienveillant accueil que vous avez fait au secrétaire de ma mission, M. de Pontoi. Je vous suis bien reconnaissant des bons encouragements que vous lui avez donnés; mais je tiens à insister de toutes mes prières auprès de vous pour que vous fassiez en sorte que je puisse le garder près de moi jusqu'à la fin de ma mission; je ne me permets pas de vous demander pour lui un avancement immédiat, mais une promesse pour le moment où se terminera l'occupation. Il est si important, dans la tâche que je remplis, qu'il n'y ait autour de
moi que des hommes sympathiques au Quartier général, et sur le tact desquels je puisse compter! C'est une situation que l'on comprend mal aux Affaires étrangères et dont on tient bien peu de compte.
Je suis nuit et jour occupé des baraquements; cela marche bien en général, mal sur quelques points peu importants. Mais que de peines, d'ennuis, de tracas et d'inquiétudes ! Les Allemands sont exigeants et diflficultueiix; les entrepreneurs, les ouvriers manquent parfois de zèle et d'activité. Tout progresse cependant très rapidement, et je fixerai la date approximative de l'évacuation au 15 octobre, dès que j'aurai reçu votre réponse au télégramme chiffré que j'ai eu l'honneur de vous adresser hier matin à ce sujet.
Veuillez agréer, etc.
S^-Vallier.
P. -S. — Je reçois votre télégramme^ relatif à la date à fixer pour l'évacuation. Je m'empresse de vous en remercier par le télégraphe; mais je tiens à vous dire encore ma reconnaissance de l'appui que vous me prêtez en toute circonstance. Vos instructions répondent à ce que je pouvais souhaiter, et vous pouvez être assuré qu'elles seront exécutées dans l'esprit qui les a inspirées, c'est-à-dire qu'il sera bien entendu que l'on ne saurait en aucun cas se prévaloir ultérieurement du retard que nous avons dû consentir, et même pro-