‹ Occupation et libération du territoire, 1871-1875. CorrespondancesChapitre 67 sur 103 · Voir ccLxxxvii · texte numérisé non relu

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ManteufFel, qui va transmettre immédiatement à M. de Bismarck votre acceptation, sauf légères modifications du texte de convention que vous avez reçu par moi. Le général venait justement de recevoir un nouveau télégramme de M. de Bismarck, daté de ce matin, et disant « qu'il ne comprend rien au silence de M. d'Arnim dont il n'a encore reçu aucun rapport sur ses derniers pourparlers avec vous ; qu'il en estfort mécontent, lui ayantenvoyé, le 3 mars, le texte du projet de traité à vous soumettre, en lui recommandant de ne pas perdre de temps, afin d'être fixé sur vos résolutions pour le jour de l'ouverture du Reichstag qui a lieu demain. Il prie en conséquence instamment le général d'agir auprès de vous par mon entremise. »

Tout en vous priant de regarder comme très confidentiel le renseignement qui précède, je crois devoir vous le donner pour vous édifier sur l'attitude de M. d'Arnim, qui ne vous a pas remis un texte de convention envoyé de Berlin, le 3 mars, avec ordre de vous le communiquer. Quels peuvent être ses mobiles?

Quoi qu'il en soit, M. de Bismarck connaîtra votre acceptation ce soir, c'est-à-dire en temps utile pour qu'il soit satisfait.

Quant aux trois modifications de détail, le général en chef me prie de vous dire qu'il y a une impossibilité matérielle à évacuer les quatre départements en quinze jours et Belfort en dix jours. 11 affirme qu'un mois est nécessaire pour l'évacuation des quatre départements et quinze jours pour celle de Belfort; il vous prie d'accepter ces deux termes dont l'insertion au traité sera faite aussi-

tôt que votre adhésion sera connue. Pour la limitation des troupes à Belfort, il accepte un effectif fixé au chiffre de la garnison actuelle, six mille cinq cents hommes. Pas de difficultés sur ce point. L'ensemble de toutes ces communications est satisfaisant, et je crois que nous pouvons accepter les délais d'un mois et de quinze jours qu'on affirme ne pouvoir absolument abaisser; l'essentiel est qu'ils soient bien nettement stipulés, et je craindrais que notre résistance sur ce point ne remît tout en question.

S^-Vallier.

GCLXXXIX

M. LE VICOMTE DE GONTAUT-BIRON A M. THIERS

Berlin, le 11 mars 1873, 8 h. 40' s.

J'ai VU tout à l'heure le prince de Bismarck; il m'a dit n'avoir pas reçu d'informations précises par le comte d'Arnim. Il m'a donné sa parole qu'il n'existait aucune arrière-pensée au sujet de Belfort, et m'a proposé de substituer Toul ou Verdun à Belfort, comme dernier point d'occupation. La combinaison du paiement total et de l'évacuation entière, simultanée au

1" août, lui convient; mais il veut qu'elle soit agréée de M. Delbriïck, que je dois voir demain et qui se prononcera sur l'acceptation des billets de la Banque de France. Il faudra aussi en référer à l'Empereur.

Je lui ai parlé ensuite du projet primitif et de votre rédaction. Il déclare qu'il faut quatre semaines pour l'évacuation des deux derniers départements et dix jours pour Belfort.

Tout cela demanderait des conférences réitérées avec l'Empereur Guillaume très difficile à convaincre, et un délai d'au moins huit jours.

Dans cette partie de l'entretien, il a paru éprouver une certaine contrariété.

L'Empereur veut que l'on fasse rester des troupes, en vue de l'avenir de la France et de l'éventualité de l'avènement de Gambetta avec une guerre de revanche après le départ de ses troupes. J'ai combattu vivement ce sentiment, que ne partage pas d'ailleurs le chancelier. Faisant allusion à certaines spéculations et manœuvres de Bourse à Paris, il m'a insinué que nous pourrions conclure et signer ici et promptement.

En somme, le ton de l'entretien a été plutôt amical.

Je reçois à l'instant votre dépêche de ce soir, 3 h. 30'; je vais essayer de revoir le prince de Bismarck. Je pense que je ne dois plus insister sur votre rédaction du projet primitif, sauf sur les deux points que vous m'indiquez.

V" DE GoNTAUT-BiRON.

CCXG

M. LE VICOMTE DE GONTAUT-BIRON A M. THIERS

Berlin, le 11 mars 1873.

Monsieur le Président,

M. de Bismarck m'a reçu aujourd'hui à trois heures à la Chambre des Seigneurs, où il assistait à la délibération des projets de loi constitutionnels. La veille, il y avait pris la parole et prononcé sur les rapports de l'Eglise et de l'Etat un discours très vif que vous n'aurez pas manqué de lire. Il était depuis vingt-quatre heures sous l'impression d'une surexcitation nerveuse comme un homme qui souffre d'insomnie, et le fait est qu'il m'a confié n'avoir pas dormi depuis vingt-quatre heures.

« Nous n'avançons pas, m'a-t-il dit tout d'abord; le comte d'Arnim m'a télégraphié ce matin, mais il ne me dit rien de précis ni de complet.

— Eh bien, Prince, jai reçu des lettres de M. Thiers qui est très disposé à entrer dans vos vues. »

Il m'en exprima aussitôt sa satisfaction, en ajoutant sur le maintien du siège de la négociation à Paris certaines allusions qui m'ont surpris de prime abord. J'y reviendrai à propos de l'ouverture inattendue qui a marqué la fin de notre entretien.

« On m'écrit, dit le prince, des choses assez étonnantes sur les sentiments qui prévalent à notre endroit

en France et à Paris. Les Français errent singulièrement dans le domaine de la fantaisie. Il y en a beaucoup, paraît-il, qui, de bonne foi, nous soupçonnent d'arrière-pensées au sujet du traité que nous avons signé avec vous. On prétend que nous ne Texécuterons pas : mais, s'il en était ainsi, nous serions mis au ban de l'Europe ! Aucune puissance ne voudrait plus traiter avec nous! Tenez, me dit-il, j'ai vu, à une certaine époque, le Roi des Belges très préoccupé alors des bruits d'annexion de son pays. Il craignait des arrangements entre la Prusse et la France, et il venait me demander de signer un traité en vertu duquel la Prusse s'interdirait toute entreprise de ce genre. Je lui ai fait comprendre que la combinaison qu'il appréhendait était impossible et que le traité qu'il me demandait ne l'était pas moins; mais je pouvais lui donner personnellement ma parole d'honneur que la Prusse ne songerait jamais à se concerter avec la France sur l'annexion de la Belgique. Gela lui a suffi, et il est reparti satisfait. J'en agis de même aujourd'hui. Vous ne devez pas douter un seul instant que nous exécuterons le traité et tout le traité. S'il ne l'était pas de notre fait, ajouta le prince en souriant, ye/w'e/î^a^e a aller me constituer prisonnier à Paris! On parle de Belfort, il paraît même qu'on dit chez vous que « le parti militaire » ne me pardonne pas de vous avoir restitué cette place forte. C'est une erreur. Tenez-vous à rentrer un peu plus vite en possession de Belfort? Est-ce l'occupation de cette place qui vous tourmente? Laisseznous jusqu'à l'entiei' paiement un autre gage matériel équivalent, Toul, Verdun par exemple : alors nous éva-

cuerons Belfort en même temps que les quatre départements. Tout ce que nous voulons, pendant l'occupation et jusqu'à la fin, c'est une bonne position stratégique qui nous donne une base de défense solide en cas d'attaque de votre part. »

J'ai répondu à tout ce qu'il m'avait dit en lui rappelant que chez un peuple vaincu et malheureux, des susceptibilités et des appréhensions devaient se comprendre.

« Vous m'avez parlé, continuai-je, d'opinions de fantaisie et de doutes élevés dans certaines régions sur l'inexécution du traité. Je vous dirai ce que vous savez déjà : c'est que ni le Gouvernement, ni moi, ni aucun homme politique en France ne peut s'arrêter sérieusement à un pareil soupçon; mais, je le reconnais avec vous, l'opinion publique dans certaines régions de la société Française est encore plus ou moins dévoyée. L'aigreur n'est pas entièrement dissipée, et on croit de certains côtés que l'occupation se prolongera au delà du terme que le traité a fixé. Ce sont là tendances et préjugés que mon Gouvernement ne peut pas absolument ignorer. 11 dépend de vous de nous donner les moyens de les combattre. A ce point de vue l'évacuation en une fois, ainsi que j'ai déjà eu l'honneur de vous le dire, aurait un effet très heureux, et il serait aisé de trouver une combinaison dans ce sens. »

Je dois vous dire qu'au seul mot de nouvelle combinaison, la physionomie du chancelier s'est un peu rembrunie. Je continuai néanmoins en lui expliquant que nous pouvions payer au mois d'août, que nous accepterions jusqu'à cette époque la prolongation de l'occupa-

tion et la charge de Tentretien à nos frais des troupes allemandes dans les quatre derniers départements, mais que dans ce cas Tévacuation devrait se faire en totalité à cette date.

Le prince de Bismarck me répondit que cela allait de soi, que c'était rester simplement dans les termes du traité primitif et que cela dépendrait de nous. « Pas tout à fait, lui répondis-je, il nous faut votre consentement, parce qu'en payant au mois d'août, nous serions obligés de vous donner un certain appoint en billets delà Banque de France. Nos billets valent aujourd'hui de l'or, ils atteignent le pair, mais c'est un mode de paiement exclu par le traité, que vous n'avez admis qu'exceptionnellement et pour une petite somme dans le premier paiement. »

Quand j'ai ouvert cette perspective au chancelier, il y a réfléchi quelques instants et m'a déclaré que cette combinaison lui paraissait acceptable. 11 m'a dit en résumé que, quant à lui, il ne s'opposerait pas à ce que l'Allemagne acceptât nos billets pour de l'or jusqu'à concurrence d'une certaine somme; mais les questions de ce genre il les avait réservées à M. Delbriick. Le président de la chancellerie fédérale pouvait avoir des objections que, pour lui, il ne prévoyait pas en ce moment, étant pris au dépourvu. « Au surplus, ajouta-t-il, voyez-le; je suistellement absorbé, que je vous reçois au milieu d'une grosse discussion dans la Chambre des Seigneurs, et j'ai bien peu de temps pour toutes mes occupations. En somme l'idée me convient assez, et une fois M. Delbriick d'accord avec moi sur ce mode de paiement, je

verrai TEmpereur et nous tâcherons d'obtenir son consentement. »

Je pensai alors qu'il ne convenait pas de m'arrêter à cette combinaison, malgré l'accueil assez favorable qu'elle avait rencontré, et qu'il fallait épuiser vos instructions en lui exposant toutes vos idées sur le projet de traité primitif. Je dis alors au chancelier, du ton le plus simple : « Au cas où définitivement le paiement en billets de banque ne vous agréerait pas, nous pourrons nous en tenir aux propositions que vous nous avez faites. Nous en acceptons le fond; mais, ainsi que je vous le disais tout à l'heure, il faut tenir compte de l'effet que cette dernière convention pourra produire sur l'opinion. Dans cet ordre de considérations, que vous ne manquerez pas de comprendre, la question de rédaction de notre accord est très importante. M. Thiers tient beaucoup à ce que les esprits les plus simples ou les plus prévenus contre l'Allemagne ne puissent donner à notre convention une autre interprétation que celle-ci : simultanéité absolue entre les paiements et les évacuations, corrélation exacte entre les deux sortes d'opérations, de telle sorte que le 5 septembre serait à la fois la date du dernier paiement et du départ de vos dernières troupes. »

Je lui présentai alors votre projet. Au mot seul de rédaction différente, et surtout à la lecture des articles 3 et 4, il parut très visiblement contrarié. « Mais ce que demande M. Thiers n'est pas praticable! L'évacuation ne peut se faire du l®"^ au 5 juillet. Il nous faut absolument quatre semaines. M. de Moltke nous a déclaré

qu'il était impossible d'exécuter ropération avec un délai moindre. En occupant votre territoire, nous avons dû nous entourer de certaines précautions, nous avons des approvisionnements de bouche et de guerre pour trois mois, et ce n'est pas en cinq jours qu'on peut expédier de pareils convois. Pour Belfort il nous faut dix jours. Ainsi il est impossible que l'évacuation et les nouveaux paiements soient des opérations absolument simultanées. » Pour dissiper son impression, je lui rappelai que notre argent pour les paiements était réuni et prêt quelque temps à l'avance en valeurs solides et connues du Trésor allemand, que nous étions des gens de bonne foi qui n'avions pas besoin de nous attacher à une exécution trop littérale et trop rigoureuse de nos stipulations : ne pouvait-on agir de même que pour les forts de Paris, dont l'évacuation avait été préparée dès que l'on avait su l'argent prêt pour les paiements ?

Cependant le prince n'avait pas encore repris le ton enjoué et facile du début de l'entretien. 11 me dit que nous ne savions pas assez comprendre la situation de ceux avec lesquels nous traitions, que constamment en négociant il se produisait des retards qui nous étaient imputables, et il fit quelques allusions assez vives aux négociations de Bruxelles et de Francfort, ajoutant d'ailleurs que ses observations ne s'appliquaient ni aux pourparlers actuels, ni à ceux qui avaient précédé la convention du 29 juin 1872.

Je ne vous répéterai pas les raisons que j'ai opposées à ce reproche peu fondé. Le chancelieradmit cependant qu'il y avait bien à tenir compte alors de notre situation

de vaincu se débattant contre les exigences du vainqueur, et il entra aussitôt avec une certaine verve dans de longs développements sur ce thème que vous connaissez bien : la difficulté qu'il y avait à amener à ses vues l'Empereur Guillaume. « Je me rappelle, a-t-il dit, ce que M. Thiers m'a raconté de ses rapports avec le Roi Louis-Philippe, qui après avoir cédé à son avis lui disait d'un ton assez familier : « Voilà une terrible tête ! « Lorsque quelque chose est entré dedans, il n'est pas « aisé de l'en faire sortir. » C'est la situation inverse entre mon souverain et moi. J'ai beaucoup de peine à renverser ses partis pris. Chaque fois, c'est un siège en règle. Je commence par m'assurer des alliés en persuadant Roon et Delbrùck, j'ouvre la tranchée, je pousse des parallèles jusqu'au moment de monter à l'assaut. Voulez-vous que je vous conte un détail de ce qui s'est passé à propos de la négociation actuelle. Je disais à l'Empereur : « Votre Majesté a toutes les garanties ima- « ginables; donc, si elle veut évacuer à telle époque, « elle le peut. » L'Empereur m'a repris avec humeur : «Je « sais bien que je le peux si je le veux, je peux même « sur l'heure retirer toutes mes troupes de France. Le « traité ne m'en empêche pas, et cependant il n'y a pas « à y songer. » Sachez-le bien, l'Empereur est convaincu que, le jour où ses troupes se retireront, vous aurez des agitations révolutionnaires; probablement M. Thiers sera renversé, ou s'il venait à mourir (et que Dieu le garde, car sincèrement nous lui souhaitons longue vie), alors M. Gambetta arriverait au pouvoir et, quinze jours après, nous aurions la guerre de revanche. C'est le sen-

timent de Sa Majesté, mais je ne veux pas vous dire que ce soit le mien.

— L'Empereur est dans une erreur profonde, répondis-je avec chaleur. La France n'a pas à redouter des secousses aussi violentes; mais nous devons chercher à en retirer jusqu'au prétexte, en faisant en commun de bonne politique. Sa Majesté souhaite le maintien de l'ordre en France. Qu'elle entre donc dans les idées que je vous ai exposées et qu'elle nous aide, pour sa part, à pratiquer une politique d'apaisement. Je vous affirme encore une fois que Gambetta a beaucoup perdu de terrain. Si M. Thiers disparaissait de la scène politique, ce n'est pas le dictateur de Bordeaux qui serait son successeur. Je vais même plus loin, Gambetta arrivant au pouvoir ne vous ferait pas la guerre, il ne pourrait pas vous la faire. D'ailleurs Tordre renaît chez nous, le travail ne manque pas à la campagne et dans les ateliers. Nos populations ont repris goîit au labeur pacifique qui leur rend l'aisance et la richesse. «

Pendant que je parlais, le prince de Bismarck m'écoutait, la tète baissée et dans l'attitude d'une profonde attention. « Je vous comprends, me dit-il après que j'eus terminé, et je suis porté à juger comme vous la situation de la France, maisj'ai encore bien à faire en vue de convertir l'Empereur à cette appréciation. Quant à la réponse que vous me demandez, il me faudra au moins huit jours! »

Je lui dis alors : « Examinez les deux combinaisons dont je vous ai parlé. Depuis cette guerre malheureuse, dans les conseils de votre souverain vous avez su faire

prévaloir Topinion la plus politique sur des considérations d'un ordre inférieur; je livre donc avec confiance mes observations à la sagacité de votre esprit.

— Eh bien, reprit le prince avec bonne humeur, voulez-vous substituer Toul ou Verdun à Belfort, comme dernier point d'occupation? »

Cette fois, il donnait à sa pensée une forme plus précise qu'au commencement de l'entretien. Au bout d'un instant, il ajouta en fixant mon regard : « Nous sommes presque d'accord, nous pourrions très bien signer ensemble et tout de suite... » Surpris par cette ouverture inattendue, je me contentai de lui répondre que je serais très disposé à le faire, mais qu'il me faudrait pour cela de nouvelles instructions et des pouvoirs que je n'avais pas.

Je me rappelai seulement un peu plus tard ce qu'il m'avait dit au début de notre entretien sous forme d'allusion ironique. A propos du siège de la négociation à Paris, il avait prononcé quelques paroles assez étranges sur des jeux de Bourse, sur des spéculations auxquelles seraient mêlés des hommes d'argent allemands, d'un achat de cinq cents millions de rente française où on aurait voulu faire entrer le Gouvernement impérial qui aurait couru les risques de l'affaire ; que, par suite de ces spéculations, il pouvait y avoir des gens intéressés à ce que la négociation se terminât à Paris... Je vous laisse le soin de démêler le sens de ces insinuations et de ces allusions, que le princ.-e de Bismarck a faites sous une forme ironique et en les traitant d'ailleurs de bruits très peu fondés.

Je crois vous avoir reproduit tout cet entretien où, pas plus que dans les précédents, il n'a été rien dit de nos armements ou de nos prétendus préparatifs de revanche. Je dois savoir gré au prince du ton généralement amical de sa conversation, car il est en ce moment surchargé de travaux de toute sorte, très agacé de Topposition que lui fait l'ancien parti conservateur dans la Chambre des Seigneurs, enfin plus absorbé que jamais par les travaux du Gouvernement qu'il accumule sur sa tète.

Veuillez agréer, etc.

Y^*' DE GoMTAUT-BiRON

M. THIERS A M. LE VICOMTE DE GONTAUT-BIRON

DEPECHE TELEGRAPHIQUE

Versailles, le 12 mars 1873.

Je reçois votre dépêche d'hier soir huit heures. Je sais prêt à signer aux conditions suivantes : = Verdun substitué à Belfort.

= Quatre semaines pour l'évacuation des quatre départements.

= Dix jours pour l'évacuation de Verdun, la substitution à laquelle il faut tenir étant définitivement acceptée,

= Dernier terme d'évacuation : l^r septembre.

Toute réflexion faite, j'aime mieux prolonger d'un mois, et agir plus sûrement.

Ces conditions admises, nous pouvons nous entendre en deux heures sur la rédaction, que vous achèveriez à Berlin, en prenant ou mon texte ou celui qui a été envoyé à Nancy.

Tout à vous de cœur.

Exprimez à M. de Bismarck ma haute estime pour son rare bon sens.

A. Thiers.

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M. LE VICOMTE DE GONTAUT-BIRON A M. THIERS

DÉPÊCHE TÉLÉGRAPHIQUE

Berlin, le 12 mars 1873, 3 h. s.

Je reçois votre télégramme i, et je vous en remercieje dois voir le prince de Bismarck cet après-midi.

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