‹ Occupation et libération du territoire, 1871-1875. CorrespondancesChapitre 68 sur 103 · Voir ccxci · texte numérisé non relu

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Voici les passages essentiels du discours de TEmpereur Guillaume :

« Peu de jours après la clôture de la dernière session, une convention a été conclue avec la France, qui fixe les délais pour le paiement de la dernière partie de rindemnité de guerre, ainsi que ceux pour l'évacuation des territoires encore occupés par nos troupes. Les communications qui vous seront faites au sujet de cette convention et de son exécution, vous montreront que la France a beaucoup anticipé les termes convenus pour ses paiements, et qu'en conséquence le moment est venu de se prononcer définitivement sur les questions réservées dans la loi de Tannée dernière sur l'emploi de l'indemnité de guerre. Des propositions vous seront également présentées à cet égard. L'espoir que j'exprimais, l'année dernière, de voir se développer la situation intérieure de la France dans le sens de l'apaisement et du progrès n'a pas été déçu. Je fonde là-dessus l'espoir que le moment n'est pas très éloigné où le règlement complet des questions financières avec le Gouvernement français permettra de procéder à l'évacuation complète du territoire français plus tôt qu'on ne le prévoyait.

« Les rapports de l'Empire avec les autres Gouvernements étrangers justifient l'assurance avec laquelle je compte sur le maintien et la consolidation de la paix. Cette confiance est surtout fondée sur mes rapports amicaux avec les souverains des puissances voisines de l'Empire d'Allemagne, rapports qui se sont resserrés par la visite que m'ont faite, il y a quelques mois, les puissants monarques avec lesquels je suis si intimement lié.

« Entretenir ces rapports garants de la paix avec nos voisins sera toujours pour moi un devoir agréable et, avec Taide de Dieu, un devoir possible à remplir. »

y^^ DE GoNTAUT-BiRON.

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M. LE VICOMTE DE GONTAUT-BIRON A M. THIERS

DEPECHE TELEGRAPHIQUE

Berlin, le 12 mars 1873, 4 h. s.

Je sors de chez le prince de Bismarck; personnellement, il accepte la substitution de Verdun à Belfort : il va consulter le comte de Moltke, qu'il ne croit pas efFectivement hostile à la combinaison. Ensuite il verra l'Empereur ce soir même, et il espère obtenir son acquiescement.

Nous sommes à peu près convenus de quatre semaines pour l'évacuation des quatre départements, et de dix jours pour celle de Verdun. Les troupes laissées à Verdun seraient la garnison actuelle, à mille hommes près. Les paiements s'opérei aient le 5 de chaque mois, jusqu'au 5 septembre. L'évacuation des quatre dépar-

tements commencerait le 5 juillet au plus tard, celle de Verdun au 5 septembre.

Nous devons nous retrouver demain et achever la rédaction du projet, et je pense que vous connaîtrez exactement le texte du traité envoyé à Nancy, et sur lequel je fais, ce soir même, mes observations au prince de Bismarck, en me rapprochant le plus possible de votre rédaction.

Que dois-je faire demain, si Taccord est complet? Veuillez me répondre sans retard.

Le prince de Bismark s'est montré très sensible à votre compliment.

V" DE GONTAUT-BiRON.

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M. LE VICOMTE DE GOXTAUT-BIRON A M THIERS

DEPECHE TELEGRAPHIQUE

Berlin, le 12 mars 1873, 7 h. 40' s.

Tenez-vous, pour les paiements, aux dates des 5 juillet, 5 août, 5 septembre, au lieu des dates des 1", inscrites au projet de Nancv?

Puis-je accepter deux cent cinquante millions, au lieu de deux cents pour le 3 mai?

Approximativement, quel chiffre faut-il accepter pour les troupes qui continueront à occuper Verdun?

Je propose d'inscrire au traité : « Place forte de Verdun. » Que puis-je accepter au delà; par exemple, les termes: territoire, canton, arrondissement?

V^'' DE GoNTAUT-BiRON.

M. LE COMTE DE SAINT-VALLIER A M. THIERS

DÉPÊCHE TÉLÉGRAPHIQUE

Nancy, le 12 mars 1873, 7 h. s.

M. de Manteuffel reçoit, à l'instant, du prince de Bismarck un télégramme, portant que sa dépèche télégraphique d'hier soir, qui contenait votre acceptation, est arrivée à temps pour que le discours royal d'ouverture du Reichstag ait pu renfermer une phrase annonçant l'évacuation anticipée.

S'^-Vallier.

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M. LE COMTE DE SAINT-VALLTER A M. THIERS

Nancy, le 12 mars 1873.

Monsieur le Président,

Je n'ai rien à ajouter sur les négociations à mon long télégramme chiffré d'hier au soir^, mais je crois devoir le confirmer en vous en envoyant une copie pour le cas où il se serait produit quelque erreur dans le déchiffrement. Permettez-moi pourtant d'insister près de vous pour que nous ne fassions pas une condition sine qua non de la question des délais; nous nous heurterions à des considérations militaires, sur lesquelles nous aurions contre nous M. de Manteuffel en même temps que M. de Bismarck, et surtout le Roi qui, sur ce terrain des égards et des ménagements pour son armée, est inflexible ; nous pourrions donc risquer de tout remettre en question pour un intérêt minime après tout, puisque ce ne serait (ju'une différence de cinq jours pour Belfort et de quinze pour les départements. L'essentiel est qu'il y ait dans le traité des délais insérés et nettement fixés; mais leur étendue, à quelques jours près, n'a pas la même importance, et je crois pouvoir vous dire que nous ne gagnerions rien en insistant. Ce que l'on pour-

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