‹ Occupation et libération du territoire, 1871-1875. CorrespondancesChapitre 72 sur 103 · Voir cccx · texte numérisé non relu

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avec autant de zèle que de fruit par M. le général de Manteuffel.

Au surplus, voici quelle a été notre action ici : substituer la lumière aux confusions, aux doubles fonds du comte d'Arnim, M. de Bismarck l'a senti; il a vu la précision des données qui lui venaient de Nancy sur vos intentions; il s'est tourné vers Nancy. Nous avons pu conduire les pourparlers jusqu'à un accord sur le texte du projet proposé par M. de Bismarck, et que vous avez accepté comme vous me l'avez fait connaître par votre dépèche du 11. Le même jour, votre acceptation a été transmise à Berlin, et M. de Bismarck a aussitôt télégraphié, en réponse, qu'il y aurait un passage dans ce sens placé dans le discours royal, ce qui a eu lieu. Le 12, je vous ai informé de l'accord sur la fixation de la garnison, et vous m'avez fait part de votre acceptation des délais. Il n'y avait dans tout cela aucune ambiguïté.

Le 13, je vous ai transmis la longue dépêche adressée dans la nuit par M. de Bismarck à M. de Manteuffel; cette dépêche contenait pour la première fois l'offre de substituer, comme dernier gage, Verdun à Belfort.

Toute la journée du 13 et toute celle du 14, nous sommes demeurés dans l'ignorance de votre décision sur ce point, et je n'ai pu satisfaire à l'impatience du général en chef qui me la demandait à chaque instant. De son côté, à Berlin, M. de Bismarck se plaignait d'être dans la même ignorance, comme vous avez pu le voir par son télégramme d'hier dans la nuit, que je vous ai transmis hier, à trois heures. Enfin, dans son dernier télégramme d'hier soir, dont je vous ai donné connaissance cette

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nuit, le prince répète qu'hier soir, à quatre heures, M. de Gontaut déclarait ignorer votre décision^.

En résumé, Monsieur le Président, s'il y a des ambiguïtés ou des obscurités, c'est chez le comte d'Arnim ou à Berlin, ce n'est certes pas à Nancy, et, permettezmoi de le répéter, toutes les difficultés, les confusions écartées, éclaircies jusqu'ici l'ont été par Xancy; il en sera, je l'espère, de même cette fois.

Maintenant, il est certain pour moi que les Allemands, pressés par les observations continuelles que j'adressais à M. de ManteufFel et qu'il envoyait à M. de Bismarck, sur l'inquiétude que causerait dans une partie de la population française la prolongation de l'occupation de Belfort, que les Allemands, dis-je, ont voulu nous donner une preuve de l'absence chez eux de toute arrière-pensée sur Belfort en nous offrant la substitution de Verdun; mais ils l'ont fait, je n'en puis douter, avec la conviction que nous ne l'accepterions pas, et, comme l'a dit le général dans un moment d'abandon, que nous constaterions l'offre faite, que nous la publierions et que nous ne voudrions pas y donner suite pour ne pas affecter de défiance. Ils sont de mauvaise humeur, et M, de Manteuffel lui-même a un tout autre ton depuis hier soir.

Le Cabinet de Berlin signera évidemment le traité avec la substitution ; il a fait l'offre ; il ne peut la retirer et il est trop engagé pour reculer; il signera, mais il le fera d'aussi mauvais gré qu'il le faisait volontiers aupara-

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