‹ Occupation et libération du territoire, 1871-1875. CorrespondancesChapitre 80 sur 103 · Voir cccxxiiii · texte numérisé non relu

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on se laissait affecter par eux. Le premier progrès à faire quand on gouverne, c'est d'acquérir l'insensibilité aux journaux, sans quoi on n'aurait ni sang-froid, ni courage, ni justice surtout. On prendrait en défiance ses amis les meilleurs, ses auxiliaires les plus indispensables, et on rendrait ennemis tous ceux dont on aurait la faiblesse de se défier. Quant à moi j'ai toujours tenu M. de Manteuffel pour un ami sûr, auquel nous devons très positivement l'amélioration qui, depuis deux ans, s'est successivement produite dans les sentiments du Roi de Prusse, Empereur d'Allemagne. Dites-lui bien que mes sentiments pour lui n'ont pas varié et ne varieront pas.

Quant aux incidents de la dernière négociation, les expliquer tous serait impossible et peu utile. Le résultat est tout; or le résultat est excellent, et je n'ai que de la reconnaissance pour tous ceux qui s'en sont mêlés utilement à Berlin, à Nancy, à Paris même.

Priez M. de Manteuffel de nous continuer ses bons offices pendant la fin de l'occupation, et dites-lui que je ne désespère pas d'avoir sa visite, au moment où il quittera Nancy, et sa présence chez moi. Tout le monde ici sera à la joie de l'évacuation, et il ne trouvera plus trace d'amertume. Averti par moi des services qu'il a rendus, tout le monde lui fera l'accueil qu'il a mérité. Donnez-lui de ma part une bonne poignée de main, et recevez-en une pour vous-même, dont je n'oublierai pas la participation à nos bonnes œuvres.

Recevez mes sincères amitiés.

A. Thiers.

DU TERR ITOIRE 375

M. LE COMTE DE SAINT-VALLIER A M. THIERS

Nancy, le 31 mars 1873.

Monsieur le Président,

J'ai reçu, ce matin, votre affectueuse lettre d'hier'^ et, sachant le plaisir qu'elle lui causerait, je l'ai lue à M. de Manteuffel ; il me prie de vous en exprimer sa profonde reconnaissance, avec Fhommage de son respectueux dévouement et l'assurance de son ferme dessein de ne pas quitter la France sans profiter de votre bienveillante invitation, en allant vous voir et vous remercier de vos bontés. Sa femme doit, de son côté, aller à Paris dans quelques jours, la semaine qui suivra Pâques ; le général désire qu'elle ait l'honneur de vous voir et de voir M°^ Thiers ; il a demandé l'agrément du Roi à ce sujet, et il a reçu de Sa Majesté une entière approbation et même l'invitation expresse pour M""* de Manteuffel de ne pas aller à Paris sans demander à être reçue à la Présidence.

J'aurai l'honneur de vous écrire aussitôt que l'époque exacte du voyage de M""* de Manteuffel sera fixée; la date en est subordonnée à la santé de sa fille, assez souffrante en ce moment, qui doit l'accompagner.

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