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IV. — LA NOUVELLE-CALÉDONIE

Le pays. — Le groupe néo-calédonien occupe, entre 17° et 23° latitude Sud, une position intermédiaire entre la Nouvelle-Guinée et la Nouvelle-Zélande. La Grande Terre, longue de 400 kilomètres et large de 40 à 50, presque deux fois plus vaste que la Corse, se prolonge au Nord par les îles Belep et Huon et, au Sud, par l'île des Pins ; le tout est enveloppé par un récif de 830 kilomètres de longueur. L'archipel des Loyalty forme un second alignement à l'Est, tandis qu'à l'Ouest s'isolent au loin les petites îles Chesterfield1 (fig. 50 et 51).

1. Grande Terre, 16 712 kilomètres carrés ; îles adjacentes, 208 ; île des Pins, 100 ; Loyalty, 2 743 ; Chesterfield, 10. L'ensemble fait 19 833 kilomètres carrés. En outre, en Polynésie, les îles Wallis dépendent de la Nouvelle-Calédonie.

l'ogéanie.

Le gneiss, les micaschistes et les schistes anciens dominent au Nord. Une bande de roches éruptives, les serpentines, traverse l'île de biais et s'étale largement au Sud. Des terrains secondaires, seul le Trias se trouve sur les deux versants ; le Jurassique et le Crétacé sont, comme l'Ëocène, localisés à la côte Ouest.

Au Nord, une double chaîne, dont la branche orientale porte le mont Panié (1 650 m.), sommet dominant de l'île, et le mont Colnett (1 510 m.), encadre jusqu'à la baie d'Harcourt la vallée longitudinale du Diahot. Ailleurs il n'existe que des massifs confus, séparés par de profondes coupures, comme le col d'Amieu (320 m.). Le mont Humboldt atteint 1 634 mètres. Le relief est très jeune, tout en vallées étroites et escarpées, au fond desquelles les torrents dégringolent en cascades. Les eaux météoriques ont décomposé les roches en latérite, argile rouge et ferrugineuse, terre très pauvre, dépourvue de chaux, d'acide phosphorique et de potasse. En quelques points, on voit des bois de conifères qui rappellent ceux de la Nouvelle-Zélande : dammaras et araucarias, dont les troncs rigides se dressent à 40 et à 50 mètres de hauteur. Mais la brousse domine, le maigre scrub de la serpentine, « la végétation du minerai de fer » (Augustin Bernard). On ne peut rien imaginer de plus lugubre que le plateau des Lacs, la « Calédonie pétrée », comme on l'a appelé. Dans les vallées seulement, la forêt tropicale déploie sa vie exubérante, tandis que sur les collines s'étale le paysage doucement argenté de la savane à niaoulis.

Sur la côte occidentale, qui commence au Sud par la baie de Prony, où on exploite le bois, et l'île Ouen, isolée par le canal Woodin, les coraux dessinent une ligne continue, à dix ou vingt kilomètres de la côte, à laquelle ils sont parfois accolés (30 km., au Sud-Ouest). La montagne laisse de la place pour quelques petites plaines. Nouméa, la capitale, n'est qu'une ville modeste de 10 415 habitants, dont 6 550 Blancs, avec des rues géométriques et étroites, mais elle occupe une belle situation sur une presqu'île, au pied du mont Montravel (167 m.), entre la baie de Boulari, que domine le mont d'Or (775 m.), et la baie de Dumbéa (fig. 50, carton). La presqu'île Ducos et l'île Nou, aujourd'hui île Nouville, célèbres dans les annales du bagne, délimitent deux rades (pl. XLVII, C). Les villages sont des centres agricoles : Dumbéa, Païta, Saint- Vincent, Bouloupari, la Foa, Fonwary, Moindou, Bourail, bien connu par des expériences de colonisation pénitentiaire, le Cap, Poya, Muéo, Pouembout, Koné, Von, Ouaco. Téoudié, sur la baie de Gomen, Koumac.

Après Ouégoa et Pam, qui regardent vers le Nord, commence la côte orientale où la montagne serre de près la mer et qui est battue directement par le flot ; le récif est discontinu, parfois même noyé. Balade, où ont débarqué les premiers explorateurs, et où a été hissé le drapeau français en 1853, Pouébo. Oubatehe. Hienghène, près de laquelle des blocs de calcaire cristallin très durs figurent un sphinx accroupi et les tours d'une cathédrale, Touho, Wagap, Ponérihouen se livrent à la culture. La côte serpentineuse qui vient ensuite est creusée de belles baies : baie de Bâ (Houaïlou), baie de Kouaoua, baie de Canala et, au delà de la presqu'île de Bogota, baie de Nakéty, puis Port-Bouquet (pl. XLVI. A). Les centres habités sont les villes de « l'empire du nickel », dont la capitale est Thio, à l'embouchure de la rivière du même nom. Tout au Sud, Yate. dont la rivière draine le plateau des Lacs, est construite au bord d'une plaine littorale, ancien récif soulevé.

Phot. H. King, Sydney. Phot. J. Martin, Auckland.

A. — LAKATOI. B. — CANOT A BALANCIER.

Bateau de commerce de la Nouvelle-Guinée. Balancier simple ii> droite du canot).

Bâtiment lourd et lent. Rivière Navua (Viti Levu, archipel Fiji

Phot. Dr. P. F. Hubrecht.

C. — LE PIC WILHELMINE (NOUVELLE-GUINÉE). Vue prise du tnonl Hubrecht. Névés au sommet.

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