LES ILES SAMOA
Les îles Samoa, l'archipel des Navigateurs de Bougainville, se composent d'une suite de terres allongées du Nord-Ouest au Sud-Est entre 13°30' et 14°30' latitude Sud : deux grandes, Savaii (77 km. de long et 1820 km2) et Upolu (1 113 km2), une moyenne, Tutuila (140 km2), et quelques petites îles, Apolima
Géographie universelle. —
Océanie. Régions polaires australes.
l'océanie.
et Manono entre les deux grandes et, tout à l'Est, le groupe Manua (Ofu, Olosega ou Olosenga, Tau) et les îles Rose. La superficie de l'ensemble est de 3 088 kilomètres carrés environ (fig. 55).
Le volcanisme de l'archipel paraît s'être apaisé progressivement de l'Est à l'Ouest où les coraux se sont moins développés. L'atoll des îles Rose surmonte peut-être un cratère englouti ; les cônes volcaniques de Tutuila sont étalés et envahis par la végétation ; à Upolu, parcourue par une chaîne de montagnes de 600 à 700 mètres de hauteur (1 000 m. au mont Le Pue), quelques volcans ont
172° O.Gr.
Fig. 55. — Les îles Samoa.
D'après l'Atlas de Sprigade et Moisel et la carte d'Upolu du Lands and Survey Department d'Apia. Échelle, 1 : 1 500 000. Dans le carton, à droite, l'île de Tutuila ; à gauche, ensemble des possessions américaines et du mandat néo-zélandais.
gardé, au milieu de vastes forêts, des pentes dénudées et des cheires de lave : enfin, à Savaii, un volcan de 1 600 mètres, dormant, racontent les indigènes, depuis deux siècles, s'est réveillé en 1902. Savaii, montagneuse et sauvage, renferme de vastes champs de laves basaltiques dont la porosité rend le sol très sec et désertique. Upolu est plus fertile et plus peuplée.
Les Samoans sont tous chrétiens : wesleyens, catholiques et parfois même mormons. L'instruction est largement répandue par les écoles missionnaires et officielles.
Les anciennes Samoa allemandes, Savaii, Upolu, Apolima et Manono (2 933 km2), placées sous le mandat de la Nouvelle-Zélande, avaient au 1er avril 1928 une population estimée à 42 949 individus, dont 39 542 Samoans, 2 292 Européens et demi-castes, 969 Chinois et 146 Mélanésiens et Polynésiens engages comme travailleurs. L'établissement d'une base navale et de fortifications, ainsi que l'instruction militaire des indigènes sont interdits. L'administrateur gouverne avec un Conseil législatif, élu en partie parles Européens, et une Assemblée des chefs de districts, qui donne son avis sur les affaires indigènes. La capitale. Apia, sur une baie de la côte Nord d'Upolu, protégée par un récif, a des commu-
LES MICRONÉSIES POLYNÉSIENNES.
nications régulières avec la Nouvelle-Zélande et possède un puissant poste de T. S. F. (pl. L, C). A l'intérieur, il y a une centaine de kilomètres de bonnes routes. Le commerce, en 1927, montait à 640 347 livres sterling ; importations et exportations s'équilibrent à peu près. De beaucoup le principal produit d'exportation est le copra, envoyé, ainsi que les fèves de cacao, en Angleterre, aux États- Unis, en Nouvelle-Zélande, en Allemagne et en Hollande.
Tutuila et les îles orientales (155 km2, y compris l'île Swains, annexée en 1925) sont américaines. Le Census de 1926 leur attribue 8 763 habitants. Elles sont divisées en trois districts administrés par des chefs indigènes : deux pour Tutuila et un pour les îles de l'Est. Pago Pago, sur le rivage méridional de Tutuila, est une rade magnifique, bien que les récifs en gênent l'entrée. Les Américains y ont créé une station navale et un poste de T. S. F. à grande puissance, qui communique avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande, les Hawaii et les États- Unis. Les paquebots de VOceanic Steamship Co., qui vont de San Francisco a Sydney, y relâchent. L'île est pourvue de 500 kilomètres de routes. En 1926, le commerce a atteint le chiffre de 226 196 dollars, les importations étant très supérieures aux exportations. Le seul article envoyé à l'étranger est le copra.