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B. HABITATIONS, A TRISTAN D'ACUNHA

L'île a été peuplée par des Anglais depuis 1SH>. Sur la basse plaine côtière, une quinzaine d'hectares sont cultivés en pommes de terre.

t. \, Pl. LVI.

l'aire océanique australe.

basaltes. Les plis sont orientés suivant la direction de l'île. La trouvaille d'une ammonite par Filchner a permis d'attribuer les schistes au début du Secondaire. Ce bloc aplani a été relevé à près de 3 000 mètres d'altitude et profondément excavé par une série de vallées et de cirques glaciaires que séparent d'étroites arêtes, le tout copieusement revêtu de névés. La glaciation, qui avait rempli ces vallées, a reculé en deux phases successives et laissé comme témoins d'énormes moraines. Aujourd'hui la limite des neiges est à 600 mètres sur le flanc Est ; elle descend plus bas à l'Ouest. La seule partie relativement connue et fréquentée est à l'Est : là se sont installées, depuis vingt ans, dans une série de baies, des compagnies argentines et norvégiennes de pêche à la baleine. Il y a des stations à Port Leith (baie Stromness), à la baie du Prince Olaf, mais la principale est celle de Grytviken dans la baie Cumberland. Les Norvégiens y ont créé un véritable village, fort bien outillé, qui constitue le principal centre de ce genre dans toutes les mers du Sud (pl. LV, A et B). La côte Ouest, tempétueuse, glaciale, est fort peu connue.

Le groupe du Sud de l'Afrique. — Le groupe réparti au Sud-Ouest et au Sud-Est de l'Afrique, sur la limite de l'Atlantique et de l'océan Indien, est d'une parfaite homogénéité de structure et de relief. Il est en effet entièrement volcanique. A part Kerguelen, il ne comprend que des petites îles de quelques centaines de kilomètres carrés, mais toutes sont formées de cratères ou de culots éruptifs élevés, aux versants raides taillés en falaises, aux contours dépourvus de découpures. L'altitude varie de 600 à 2 540 mètres. Les deux îles du Sud de l'Atlantique, Gough ou Diego Alvarez (900 m.) et Tristan d'Acunha (2 539 m.), sont très isolées, aucune route de navigation régulière ne reliant le Sud de l'Amérique et le Sud de l'Afrique. Avec les Falkland, Tristan est la seule île australe habitée en permanence ; une colonie anglaise minuscule de 137 habitants y vit péniblement d'un peu d'élevage et de cultures de pommes de terre, de pêche et de chasse aux oiseaux de mer (pl. LVI, A et B).

Au Sud-Est de l'Afrique, on rencontre successivement, en allant vers l'Est, les îles Marion (1 200 m.) et du Prince Édouard ; Crozet (île Possession, 1 500 m.), Kerguelen, Heard (1 300 m.) et Mac Donald. Au Nord-Est de Kerguelen, s'y adjoignent, vers le 38e parallèle, la Nouvelle-Amsterdam (900 m.) et la minuscule caldera submergée de Saint-Paul (270 m.). Toutes ces îles couronnent de vastes bancs sous-marins ; elles sont plus ou moins situées sur les routes nautiques du Cap à l'Australie. Dangereuses en temps de brume ou de tempête, elles ont souvent servi d'abri aux naufragés et de lieu d'aiguade pour les navires. La France les a annexées en 1893.

Kerguelen est de beaucoup la principale de ces terres; elle forme un véritable archipel à peu près aussi vaste que la Corse (8 500 km2 environ). C'est un énorme pâté de basalte ancien, remontant au moins au Tertiaire moyen, comme en témoignent les lits de lignite avec empreintes d'arbres ressemblant à des araucarias et à des cyprès, observés sous les laves de la baie Cumberland. L'île était sans doute jadis beaucoup plus étendue vers l'Ouest et a subi de ce côté une abrasion considérable. Tout ce front occidental, très malaisément accessible, dominé par des falaises formidables, n'a été levé que très récemment par les frères Rallier du Baty et J. Loranchet. Par contre, vers l'Est et le Nord-Ksi, Kerguelen est découpée capricieusement par de vastes baies ou chenaux que diversifient des îles et péninsules de toute taille et que prolongent vers l'inté-

RÉGIONS POLAIRES AUSTRALES

rieur de nombreux fjords, vallées et chapelets de lacs. Le basalte a imposé à l'île un modelé primitif de terrasses tabulaires étagées, dont le bombement principal occupe tout l'Ouest ; ces terrasses sont surmontées par endroits d'importants culots éruptifs : monts Ross au Sud (1 960 m.), Henri Rallier au Sud-Ouest (1 270 m.), Richards au Nord-Ouest (1 150 m.). Mais la topographie actuelle porte les marques frappantes de l'érosion glaciaire ; elle fait penser aux dédales de la côte de Norvège ou du Groenland. Certainement l'île entière a été couverte par une inlandsis; il n'en subsiste plus aujourd'hui, sur le plateau occidental, que deux calottes inexplorées de quelque 500 kilomètres carrés. On discute sur la question de savoir si cette inlandsis a modelé le réseau des vallées, ou si celles-ci préexistaient à la glaciation.

Kerguelen abonde en excellents ports. Depuis 1772, nombre d'expéditions scientifiques y ont séjourné : Ross en 1840, trois missions chargées d'observer le passage de Vénus en 1874, une station complémentaire du Gauss en 1901-1902. D'autre part, jusque vers 1875, des baleiniers français et américains y chassaient les éléphants de mer sur les plages méridionales ; mais l'extinction momentanée de ces animaux mit fin à cette fréquentation. Depuis trente ans, de sérieux efforts d'exploitation ont été tentés par des Français. On a essayé notamment d'y implanter l'élevage du mouton, comme aux Falkland. Mais les animaux s'enlisent dans les fondrières tourbeuses où poussent les seules plantes comestibles ; d'autre part, ces dernières, Azorella et chou de Kerguelen, ont été peu à peu détruites par les lapins, qui, avec les mulots et les rats, ont seuls réussi à pulluler. La tentative paraît nettement un échec. En somme Kerguelen, depuis sa découverte, n'a guère ménagé que des déceptions.

Les îles australes néo-zélandaises. — Le groupe des îles australes néozélandaises est beaucoup moins important ; il se compose de fragments ayant appartenu sans doute à une vaste terre englobant jadis la Nouvelle-Zélande et s'étendant vers le Nord jusqu'à la Nouvelle-Guinée. Leur structure est plus complexe : aux roches volcaniques se joignent, dans Auckland, Campbell et Macquarie, des calcaires, des grès et des schistes. Elles sont en général beaucoup plus basses que les pitons volcaniques de l'océan Indien ; il semble que ce soient des fragments de pénéplaines aux bords abrupts, ne dépassant nulle part 600 mètres ; leurs rivages orientaux sont sillonnés de profondes découpures. Assidûment fréquentées par les pingouins, les éléphants de mer et les lions de mer, elles n'ont jamais retenu que des naufragés ou des chasseurs temporaires. Une station scientifique a fonctionné dans l'île Macquarie pendant l'expédition Mawson.

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