‹ OceanieChapitre 147 sur 172 · IL — LES TERRES ADÉLIE ET DE WILKES · texte numérisé non relu

IL — LES TERRES ADÉLIE ET DE WILKES

Sur l'immense front de côtes qui tourne sa convexité vers l'océan Indien, une bonne part des terres portées sur les cartes restent incertaines. L'Aurora n'a pas réussi, à cause du brouillard, à revoir la terre de Knox, qui, de toutes les découvertes de Wilkes, offre le plus haut degré de vraisemblance. De la terre de Kemp, on ne sait rien, sinon qu'elle est « une côte absolument inaccessible ». La terre Enderby a été reconnue, à la vérité, en 1929 par des baleiniers norvégiens, mais les résultats de leurs observations ne sont pas encore publiés. Les côtes de Coats, de Caird et de Luitpold se réduisent à un front d'inlandsis, qui s'élève graduellement vers l'intérieur jusqu'à 500 ou 600 mètres. Toutefois le nom de terres Adélie et de Wilkes reste la désignation générale à la fois la plus commode et la plus légitime pour cet ensemble littoral, parce qu'il tient compte des droits de priorité indiscutables de Dumont d'Urville et de Wilkes.

1 600 kilomètres environ de ces côtes ont été levés et explorés avec précision par Drygalski, Mawson et Wild, et donnent probablement une idée juste de la nature du littoral entier. Elles comportent deux sections, dont la première s'étend de 132° à 153° longitude Est Greenwich et correspond aux terres George V. Adélie et de Wilkes, tandis que la seconde va de 86° à 102° longitude Est Gre mwich et comprend les terres de la Reine Mary et Guillaume II (fig. 71).

Le groupe oriental, dont la terre Adélie occupe le centre, présente à l'Est la même structure que la terre Victoria, avec des grès charbonneux surmontés de dolérites columnaires qui se dressent en falaise superbe au-dessus de la mer au Horn Bluff (fig. 67, p. 327). Sur le socle côtier, on drague souvent des fragments de charbon. Plus à l'Ouest, dès la pointe des Pingouins, et au cap Denison, le soubassement de gneiss subsiste seul ; c'est lui aussi qui affleure par endroits dans la terre de la Reine Mary. Mais, à l'extrémité de la zone connue, le petit cône du mont Gauss (1 400 m. de diamètre, 370 m. de haut) représente l'unique manifestation du volcanisme récent qu'on connaisse sur tout cet alignement côtier. On le croit d'âge tertiaire tardif ; il porte des traces de vallées préglaciaires, ainsi que de curieux paliers de lave, sur l'origine desquels on n'est pas exactement fixé. Il est possible que ce soit là un spécimen volcanique isolé, car on ne trouve pas de roches basaltiques dans les dragages.

Dans l'ensemble, le relief est fort modéré, et il n'y a plus trace du formidable bombement de la terre Victoria. Mawson, au cours de trois énormes excursions, a constaté que la terre Adélie forme un plateau ondulé de quelques centaines

ÉTUDES RÉGIONALES

de mètres, qui fait saillie par des nunataks très rares de 500 à 600 mètres. Dans le groupe occidental, Wild a relevé des nunataks de 1 200 mètres, qui encadrent le glacier Denman, et l'excursion qui a opéré la liaison de ses quartiers d'hiver avec la terre Guillaume II a, pendant des centaines de kilomètres, voyagé sur un plateau de 600 à 900 mètres. La côte, très basse, n'est qu'une succession de larges lobes arrondis, de caps triangulaires parfois et de baies très ouvertes, en avant

90°E.Gr. 92° 9<t° 96° 93° 100°

a Km

— o- — afey ,ij~r

*r tf

rZ^)l.Drygalski f \

1 ^1 — -î^Station

£^y.Masson I I.Henderson!

Page 1