Costantin, La Nature tropicale, p
Gkochaimiik universelle. — Océanic. Régions polaires australes.
LE GRAND OCÉAN
c'est-à-dire qui vont s'enfoncer dans la terre ; les autres sont indépendants du sol, leurs racines fixatives, non géotropiques, s'enroulant autour de la branche. Tel est le cas de Y Asplenium nidus, qui est une fougère ; ses feuilles, qui ont jusqu'à 2 mètres de long, forment une sorte de calice où s'accumule la terre humide ; il est le type des épiphytes à terreau. Les orchidées surtout donnent des épiphytes merveilleuses : chez le Grammatophyllum, au-dessus d'une coupe haute de 2 mètres, se balancent une cinquantaine de hampes portant de 4 000 à 5 000 fleurs (pl. VI, A).
La mangrove. — La mangrove, dont le nom vient du mot mangro, qui désigne à Surinam le Rhizophora Mangle, est la flore tropicale littorale, formée d'arbres qui vivent au bord de la mer et le long des cours d'eau jusqu'au point où cesse la marée, dans les vases molles que le flot recouvre. Les rhizophoracées, appelées vulgairement palétuviers et mangliers, en constituent la principale famille, avec les genres Rhizophora, Bruguiera, Ceriops, Kandelia. Le Rhizophora mucronata et le Bruguiera Rhumphii sont très répandus en Océanie. L'habitat de ces plantes, dans des conditions qui paraissent, au premier abord, impropres à toute vie végétale, leur a imposé, avec certains caractères communs, diverses adaptations. Pour résister aux vagues, les palétuviers ont acquis de nombreuses racines aériennes, câbles très élastiques, tendus obliquement comme des haubans. Certains Rhizophora, dont la tige a fini par disparaître, ont l'air d'araignées énormes, « dont les pattes, très grêles, mais très nombreuses, partiraient du corps comme des arceaux pour s'enfoncer dans la vase »\ Cette vase manque d'air. La nutrition gazeuse est alors assurée par divers moyens : un coude de la racine souterraine la fait sortir à l'air sur une certaine longueur, ou encore des racines adventives, les racines-asperges ou pneumatophores, se dressent verticalement hors du sol. Pour que le sel ne pénètre pas trop dans les cellules, il faut que les plantes réduisent leur transpiration : les feuilles ont une organisation xérophile, avec un tissu aquifère formant réservoir et des stomates à antichambre ralentissant les échanges. Ces végétaux qui vivent dans l*eau ressemblent à ceux des déserts. Ceux-ci, d'ailleurs, se conservent très bien au bord de la mer : ils sont naturellement sur la défensive (pl. VII).
Les îles hautes. — La forêt tropicale se retrouve dans les îles hautes, dans le fond des vallées d'abord, puis à un ou deux niveaux en montagne, à la hauteur des vents pluvieux. On y rencontre de magnifiques fougères-arbres. La chaleur et l'humidité développent, dans les îles, les plantes ligneuses, dont les espèces sont parfois plus nombreuses que les espèces herbacées. Ainsi, aux Sandwich, on trouve des violettes et des silènes d'un mètre, un géranium de 3 mètres et des composées qui rappellent les marguerites, mais qui sont des arbres d'une dizaine de mètres de hauteur.
La forêt australe, la temperate rain forest des Anglais, parfois presque aussi touffue que la forêt tropicale dont elle est sans doute une survivance, ne s'observe bien qu'en Australie et en Nouvelle-Zélande : elle sera décrite plus loin (voir deuxième partie, chap. X).
L'association végétale qui, en dehors de la forêt vierge, caractérise les îles