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Albany

Fig. 19. — Esquisse géologique de l'Australie occidentale.

1, Granité ; 2, Greenstones (diabases et diorites) ; 2, Précambrien (terrain primitif) ; 4, Série de Nullagine (primaire ?) ; 5, Primaire : 6, Secondaire ; 7, Tertiaire ; 8, Basalte. — Échelle, 1 : 22 500 000. — D'après A. Gibb Maitland {Western Australia Gcologieal Survey, Bulletin n° 89, Perth, 1924).

LE CONTINENT AUSTRALIEN

tante. Les argiles et les marnes du Crétacé inférieur tapissent la plaine de la Diamantina et du Cooper's Creek, dont la platitude n'est interrompue que par des collines tabulaires de grès désertique ; il s'est sans doute déposé au Crétacé supérieur, dans des eaux peu profondes qui se retiraient peu à peu ; le gypse y est fréquent. Peut-être a-t-il recouvert tout le pays, mais, facilement désa-

120'E.Gr. 130° IW 150°

Fig. 20. — Esquisse géologique de l'Australie.

1, Roches platoniques (greenstones, diabases, diorites, etc.) ; 2, Terrain primitif (Précambrien, etc.); 3, Primaire; 4, Permo-Carbonifère ; 5, Trias-Jura ; fi, Crétacé ; 7, Tertiaire et Quaternaire; 8, Roches volcaniques (basaltes, etc.). — Échelle, 1 : 33 000 000. — D'après Je Professeur Sir T. W. E. David (Officiai Year Book of the Commonwenllh of Australie,

n° 12, .Melbourne, 1919, p. 51).

grégeable, l'érosion l'a morcelé, et ses débris se retrouvent dans les dunes des déserts. La dernière invasion marine se produisit au commencement du Tertiaire ; c'est elle qui a laissé les argiles et les sables du bassin du Murray-Darling et qui, entamant le plateau de l'Ouest, a inséré au milieu des granités et des schistes la table calcaire de Nullabor (ou Nullarbor).

Vers le milieu de l'ère tertiaire, il ne restait qu'une plaine. C'est alors que des mouvements verticaux, soulèvements et affaissements, rajeunirent le relief de la bordure orientale et séparèrent définitivement de la Nouvelle-Guinée et de la Tasmanie le continent, qui devait, on l'a vu, s'étendre largement à l'Esl ; pour Hedley et d'autres naturalistes, l'Australie atteignait les Salomon, la Nouvelle-Calédonie et la Nouvelle-Zélande, el peut-être y avait-il aussi une communication avec les terres antarctiques et môme avec l'Amérique. A la (in

l'australasie.

du Tertiaire, la côte de l'Est avait acquis son dessin définitif. La vieille pénéplaine soulevée domine la mer d'une hauteur de 1 000 à 1 500 mètres, parfois même, dans les Alpes australiennes, de 2 000 mètres et davantage (massif du mont Kosciusko, 2 211 m.). En Nouvelle-Galles, sa surface se raccorde à la côte sans cassure, par une courbe inclinée, un pli monoclinal (pl. XI, A et B). Au contraire, dans le Queensland, ce sont des failles longitudinales qui ont fait descendre en gradins étagés une partie du haut pays. Des chaînes parallèles ou obliques bordent ou entament le rivage ; certaines, à demi submergées, se résolvent en presqu'îles alignées ; la dernière, tout à fait noyée, supporte les récifs de la Grande Barrière. L'exhaussement du sol, une troisième glaciation et surtout le travail des rivières qui, rendues plus actives par le changement de niveau, ont poussé leurs frontières de conquête jusque sur le plateau et coupent les chaînes côtières par des gorges profondes, toutes ces actions combinées ont modelé la masse confuse des hautes terres. De nouveau, des roches éruptives ont été projetées à travers les terrains plus anciens ou ont coulé d'appareils volcaniques dont certains, surtout en Victoria, sont encore bien conservés ; des nappes basaltiques se sont épandues sur les plateaux.

Ainsi l'Australie s'est formée en trois temps. Les deux pénéplaines extrêmes datent des époques primitive et primaire ; les plaines intérieures ont été créées au Secondaire et au commencement du Tertiaire, en même temps que la côte occidentale se délimitait ; enfin, c'est à la fin du Tertiaire que le plateau oriental a été surélevé en bourrelets montagneux et que des effondrements ont définitivement dessiné et individualisé le pays.

Plateaux, plaines et montagnes. — Toute la moitié occidentale du continent présente l'image de la sénilité et même de la décrépitude (fig. 21). Elle s'est usée, elle s'est aplanie, elle s'est enterrée sous les débris de sa lente destruction ; les déserts de Victoria, de Gibson et de Warburton sont des nécropoles où s'est entassée la poussière des montagnes disparues. A peine quelques chaînes, « ruines d'une Australie archaïque » (G. Lespagnol), accidentent sa surface ; démantelées au hasard de la présence de roches plus ou moins dures, elles paraissent semées sans ordre, sans lien entre elles, sans direction fixe. L'ensemble du pays n'est plus qu'un plateau d'une hauteur moyenne de 400 à 600 mètres.

Plus plates encore sont les plaines centrales, anciens fonds de mers. Relevées de-ci de-là par de vieilles chaînes-témoins, semées parfois de collines aussi horizontales que la plaine elle-même, elles s'abaissent jusqu'au-dessous du niveau de l'Océan (pl. XVI, A).

Uniforme et monotone sur plus des neuf dixièmes de sa superficie, le continent australien ne se redresse qu'à l'Est, dans ce qu'on appelle improprement la Cordillère ou Great Dividing Range. Il ne s'agit point là de montagnes récemment plissées, et, d'autre part, traversées par un grand nombre de rivières, elles ne constituent presque nulle part une ligne de partage des eaux, mais bien un ensemble de hautes terres (higlrfands). un plateau (tableîand). disséqué et morcelé en chaînes régionales (ranges), dont l'une culmine au mont Kosciusko à 2 211 mètres. C'est l'arrière-pays disloqué d'une ou de plusieurs chaînes plissees. faisant le pendant de la Cordillère des Andes et dont il faut sans doute chercher les restes dans les arcs insulaires du Pacifique.

LE CONTINENT AUSTRALIEN

Les côtes. — Vue sur la carte, l'Australie frappe les yeux par sa forme massive. Aussi la rapproche-t-on volontiers des autres continents austraux, dont il est courant d'opposer la masse rigide et le dessin grossier au corps plus souple et plus articulé des continents septentrionaux, surtout de l'Europe. Ce point de vue n'est pas exact. L'Australie continentale possède un kilomètre de côtes

Fig. 21. — Les grandes régions naturelles de l'Australie. 1, Régions montagneuses ; 2, Plateau de l'Ouest ; 3, Plateau de Nullabor, plaines colières et Grandes Vallées Sud-australienne et victorienne ; 4, Plaines intérieures. — Échelle : 1 : 33 000 000.

pour 419 kilomètres carrés : elle est ainsi tout à fait comparable à l'Amérique du Nord et bien plus avantagée que l'Amérique du Sud, l'Asie et surtout l'Afrique1.

Ce qui est vrai, c'est que le continent australien n'est pas profondément entamé par l'Océan ; assez dentelé, il n'est pas sculpté ; il manque de mers intérieures, de presqu'îles proéminentes, de larges îles ; presqu'îles et îles ne représentent que 8 p. 100 de sa surface, au lieu de 3 i p. 100 en Europe.

Certaines côtes sont tout à fait défavorables. Telles sont les deux baies des Quatre-vingt-dix milles (Xinety Mile Beach) de l'Australie occidentale et de Victoria, avec leurs plages rectilignes de sable, les falaises calcaires qui, sans une

1. n y a 1 kilomètre de côtes pour 42 kilomètres carrés dans les Iles Britanniques, pour 125 en Europe, pour 407 dans l'Amérique du Nord, pour C86 dans l'Amérique du Sud, pour 700 en Asie et pour 1 041 en Afrique.

L AUSTRALA.SIE.

indentation, bordent sur 600 kilomètres la Grande Baie, et aussi le littoral du golfe de Carpentarie, envahi par la mangrove. Mais, dans la région de Kimberley, se creusent des rias, profonds, étroits et ramifiés, vallées envahies par la mer, comme le sound du Prince Régent ; l'Australie du Sud doit à un effondrement entre des failles les golfes Spencer et St. Vincent; des affaissements

110° I20°E Cr 130° [»OJ 150°

Fig. 22. — Les vents en Australie en hiver, d'après le Commomvealth Bureau oj Meleorology et Grifiith Taylor. — Échelle, 1 : 50 000 000.

linéaires ont prodigieusement déchiqueté le front Sud de la Tasmanie, qui possède un kilomètre de côtes pour 47 kilomètres carrés, à peine moins que dans les Iles Britanniques ; quant aux rivages orientaux, ils renferment des baies magnifiques, comme Port Phillip et Port Jackson, qui ont fait la fortune de Melbourne et de Sydney.

L'Australie n'est donc nullement déshéritée pour la vie maritime. Au contraire, sa masse trapue et tout d'une pièce, en aggravant le climat de l'intérieur et en rendant les communications difficiles, a maintenu sur les bords l'activité et la vie. Ce pays, dont le centre agit comme un pôle répulsif, se porte de tout son effort vers la périphérie.

m. — LE CLIMAT AUSTRALIEN

Les deux cinquièmes du continent australien sont situés dans la zone tropicale ; les trois autres sont des régions subtropicales ou tempérées. Mais les vastes dimensions du pays et la présence d'une chaîne bordière, qui arrête les

LE CONTINENT AUSTRALIEN

influences océaniques, développent à l'intérieur un type continental et extrême, dont l'influence vient jusque sur les côtes modifier les effets de la latitude.

Températures et régime des vents. — D'une manière générale, les températures moyennes vont en décroissant du Nord au Sud. Toutefois les saisons

110* I20°E Cr 130^ 140° 150'

Fig. 23. — Les vents en Australie en été, d'après le Commonweallh Bureau of Metcorology et Grifflth Taylor. — Échelle, 1 : 50 000 000.

créent des contrastes marqués. A Alice Springs (23°38' latitude Sud et 587 m. d'altitude), le mois le plus chaud a 31°,8, et le mois le plus froid, 13°,2 ; on y a observé des extrêmes absolus de 47°,2 et de — 5°. Sur la Darling, à Bourke et à Wilcannia, la température monte en été à 45°, pour s'abaisser en hiver audessous de zéro. Dans les déserts, au voisinage du tropique, des gelées de — 5° et de — 6° ne sont pas inconnues. Entre le jour, où le soleil brille dans un ciel sans nuages, et la nuit, constellée d'étoiles, on trouve des différences de 30 degrés. Même au bord de la mer, on a vu à Melbourne (37°50' latitude Sud) 44°, et 45° à Adelaide (34°56' latitude Sud).

Traversée par le tropique, l'Australie se trouve en hiver sur la bande des hautes pressions, mais, en été, la remontée en latitude du système des isobares, combinée avec la chaleur intense des plaines intérieures, fait prédominer les basses pressions. Les mouvements de l'atmosphère sont ainsi, en hiver et en été, opposés, sans avoir toutefois, sauf au Nord, la régularité de véritables moussons.

l'australasie.

En hiver, le régime anticyclonique prévaut (fig. 22). Des anticyclones, marchant de l'Ouest à l'Est, passent continuellement. Les calmes et les vents variables se partagent l'intérieur de l'Australie. Sur le pourtour, on observe surtout des vents continentaux et divergents. Au Nord, tournant autour de l'anticyclone dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, c'est-à-dire de droite à gauche par le Nord, ils se combinent avec l'alizé du Sud-Est, que renforce la mousson, attirée à ce moment vers l'Asie. Sur les côtes orientales et méridionales, ils soufflent du Sud-Ouest à Brisbane, de l'Ouest à Sydney, du quadrant Nord à Melbourne et à Adelaide. Quant à la pointe Sud-occidentale de l'Australie, elle est le théâtre d'une lutte entre les vents continentaux et les vents marins issus du bord méridional de l'anticyclone qui se trouve sur l'océan Indien. Les vents d'Ouest et du Sud-Ouest peuvent atteindre Adelaide et le Murray.

En été, le système des pressions remontant en latitude avec le Soleil, les alizés sont repoussés au centre du continent, dont la partie septentrionale est envahie par les cyclones (fig. 23). « Les régions brûlantes de l'intérieur aspirent les vents marins » (G. Lespagnol). Autour des cyclones, l'air circule dans le sens des aiguilles d'une montre, c'est-à-dire de droite à gauche par le Sud. Le vent souffle du Nord-Ouest sur le littoral Nord, du Nord-Est dans le Queensland, à Brisbane et à Sydney, du quadrant Sud à Melbourne et à Adelaide. La Tasmanie reste, en été comme en hiver, sous l'influence des grands souffles de l'Ouest, interrompus seulement par quelques brises du Sud-Est. Sur la côte occidentale de l'Australie, vers le Nord, les vents, qui se meuvent autour de l'aire cyclonale, sont continentaux ou prolongent la côte sans l'aborder ; il faut l'arrivée d'un nouveau cyclone pour qu'ils tournent au Nord-Ouest, amenant parfois les tempêtes qu'on appelle des willy-willies. Vers le Sud, les anticyclones venant de l'océan Indien émettent sur leur bord oriental des vents méridiens qui descendent en latitude.

Le temps est sous la dépendance des anticyclones et des cyclones : suivant la rapidité de leur marche, il est incertain et changeant, ou bien ne varie pas pendant plusieurs jours. Dans le Sud, en été, quand deux anticyclones se suivent de près, ils engendrent les hot winds, ces souffles chauds du Nord qui grillent l'herbe et les moissons. Le long du bord oriental de la dépression barométrique ou, comme on dit, de la « vallée cyclonale » qui les sépare, le vent, venu du désert, se précipite avec violence, en soulevant des tempêtes de poussière qui rendent très pénible le séjour de Coolgardie et de Broken Hill. Parfois les hot winds atteignent Melbourne. La température s'élève, le ciel se colore en jaune, l'air devient étouffant et irrespirable, un voile s'étend sur la nature, et les animaux manifestent des signes d'inquiétude. Alors, brusquement, l'ouragan s'abat, tout chargé d'une impalpable poussière couleur de brique, qui a fait donner à ces orages secs le nom de « briquetiers » (brick-layers).

En général, au hot wind succède le southerly burster, vent du Sud qui longe le versant Ouest de la vallée cyclonale. On voit les arbres s'incliner vers le Nord, le ciel s'emplit de sombres nuées, et le burster commence à souffler par violentes rafales, accompagnées d'une pluie glaciale.

Pluies et sécheresses. — L'Australie doit à sa latitude des pluies tropicales au Nord et, au Sud, des pluies réparties sur toutes les saisons ou des pluies

LE CONTINENT AUSTRALIEN

d'hiver ; en outre, l'ourlet montagneux de l'Est condense l'humidité des nuages venus du Pacifique ; l'intérieur, qui manque de relief, et la côte occidentale, soumise à un régime de vents desséchants, reçoivent très peu d'eau. Une carte pluviométrique de l'Australie se compose de demi-cercles concentriques (fig. 24).

I20°E Gr 130" 140° 150*

Fig. 24. — Les pluies en Australie, d'après le Commonwealth Bureau of Melcorolor/y et Griffith Taylor.

Importance des précipitations : 1, Au-dessous de 12 centimètres ; 2, De 12 à 25 centimètres ; 3, De 25 à 50 centimètres ; 4, De 50 centimètres à 1 mètre ; 5, De 1 à 2 mètres ; 6, Au-dessus de 2 mètres. — Échelle, 1 : 33 000 000.

Une première bande (1 à 2 m. de pluie) s'étend sur la division de Kimberley, la Terre d'Arnhem, la péninsule d'York, la côte orientale du continent et la Cordillère, la Tasmanie occidentale et l'extrême pointe Sud-Ouest de la Westralie. Elle englobe une petite région où les précipitations sont supérieures à 2 mètres : à Innisfail (Geraldton) dans le Queensland, la moyenne est de 3 m. 80, et le maximum a atteint 5 m. 36.

La neige ne tombe; guère qu'en Nouvelle-Galles, en Victoria e1 en Tasmanie ; à Melbourne et n Sydney, le eus est exceptionnel, mais elle est abondante dans la montagne en hiver. Toutefois, le plus haut sommet d'Australie, le pic Townsend, dans le massif du mont Ivosciusko (2 211 m.), reste sensiblement au-dessous de la limite des neiges permanentes.

Une deuxième bande (0 m. 50 à 1 m.) embrasse les bords du golfe de Carpen-

Géograimiii; uni VERSELLK. —

Océanie. Régions polaires australes.

L AUSTRAL ASIE

tarie, une partie de la plaine intérieure orientale, le Nord de Victoria, l'Est de la Tasmanie et l'angle Sud-Ouest de l'Australie occidentale.

La troisième bande reçoit de 25 à 50 centimètres d'eau. La plus grande partie du Queensland intérieur et de la plaine du Murray, le Sud de l'Australie méridionale et les Champs d'or de Coolgardie et de Kalgoorlie lui appartiennent.

Vient enfin le grand demi-cercle intérieur. En dehors des régions montagneuses (Alice Springs, 0 m. 28), la tranche pluviale reste au-dessous de 25 centimètres. Réserve faite des déserts du Nord-Ouest, mal connus, le pays le moins arrosé est la dépression centrale, autour du lac Eyre, où les précipitations descendent à 12 centimètres et au-dessous.

Plus que la quantité, le régime des pluies gouverne la nature physique et la vie économique d'une contrée. Il est, en Australie, fait de contrastes d'un lieu à un autre et, dans le même lieu, d'irrégularités qui sont le fléau de l'agriculture et de l'élevage.

Le Nord est balayé par la mousson, sèche en hiver, humide en été. On ne trouve plus la même régularité sur la côte du Sud-Est, où les vents marins, réguliers pendant la saison chaude, soufflent assez souvent pendant la saison froide ; les pluies tombent toute l'année, avec un maximum d'été à Brisbane, d'été et d'automne à Sydney, tandis qu'à Melbourne et à Adélaïde les deux moitiés de l'année sont à peu près comparables, avec un maximum de printemps et d'été à Melbourne et d'hiver à Adelaide. En Tasmanie, sur le trajet du grand courant d'air venu de l'Occident, tous les mois sont pluvieux, surtout dans la saison froide (automne, hiver et commencement du printemps), époque où le régime des vents est le plus régulier et où cette île montagneuse condense énergiquement l'humidité des nuages. Une saison sèche apparaît de nouveau au Sud-Ouest du continent, mais ici, c'est l'été, avec ses vents méridiens, émis par les anticyclones de l'océan Indien, et ses vents continentaux ; en hiver, le déplacement des anticyclones vers le Nord permet l'arrivée des vents du quadrant Ouest en même temps que ceux du Nord. Sur la côte occidentale, plus au Nord, dominent les vents méridiens ou continentaux ou encore des vents parallèles au rivage ; même les vents marins, refroidis par le courant côtier, se dessèchent au contact d'une terre surchauffée. A la pointe Nord-Ouest de l'Australie, l'intérieur, si l'on peut ainsi parler, se prolonge jusqu'au bord.

Ce sont les caprices des pluies qui caractérisent avant tout le climat australien. Il se produit d'effroyables averses qui ont donné en un jour jusqu'à 79 et 89 centimètres1 (Paris : 53 cm. par an). Alors, même dans la steppe, c'est l'inondation : les creeks, où ne glissait que la coulée des sables, s'emplissent et débordent, et l'eau s'étale à perte de vue. Ces mers temporaires ont arrêté Oxley, Sturt et Mac Kinlay, qui a failli subir le sort paradoxal de périr noyé dans le Centre australien. En ce pays de contrastes, la description d'un voyageur n'a qu'une exactitude momentanée : là où Burke et Wills avaient traîné leurs derniers jours dans la plaine brûlée et aride, Howitt, quelques mois plus tard, rencontrait de magnifiques pâturages.

En général, dans l'intérieur, des mois se passent sans une goutte d'eàu. Le nombre des jours pluvieux est infime : à Daly Waters, en dedans des tropiques. 45 ; à Tenapera, 18 ; à Birdsville, 14 ; à Innamincka. 12. Certaines années sont

1. Le 1er avril 1911, à Port Douglas, et le 2 février 1892, à Crohamhurst, dans la Blackall Range

(Queensland).

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