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immigrants en

l'état social et économique de l'australie.

risée. Les jeunes nations sont, à cet égard, privilégiées, par rapport, non seulement, comme pour la natalité, aux vieux peuples très civilisés de l'Occident (Allemagne, 12 p. 1 000 ; Grande-Bretagne, 11,9 ; France, 16,5), mais encore et surtout aux contrées orientales et méditerranéennes, celles-là même qui ont une natalité très forte (Japon, 19,8 ; Russie, 22,9). En Australie, le taux de la mortalité, malgré de grandes villes surpeuplées, n'est que de 9,5 p. 1 000 : effet du climat sans doute, mais aussi résultat d'une aisance générale qui développe le goût du confort et de l'hygiène. D'ailleurs les Australiens, recrutés en partie parmi des immigrants jeunes, sont naturellement vigoureux, et, contrairement à un préjugé très répandu, en majorité ils sont sobres : ils consomment moins d'alcool que les Allemands, deux fois moins que les Anglais, trois fois moins que les Français.

C'est cette mortalité infime, renforçant en quelque sorte une natalité moyenne, qui, en dépit de l'insuffisance générale et des fléchissements de l'immigration, a permis à l'Australie, dont l'existence ne date pas d'un siècle et demi, d'accroître assez rapidement sa population. De 1861 à 1926, l'excès des naissances sur les décès se chiffre par 3 736 341, soit 66 720 par an, alors que les arrivées, déduction faite des départs, ne sont montées qu'à 1 228 588, rien que 21 939 pour une année moyenne. Ainsi le croît naturel représente les trois quarts de l'augmentation totale.

C'est un lieu commun de dire que l'Australie ne se peuple pas. C'est inexact. Son taux d'accroissement (2,03 p. 100 en 1927) est supérieur à celui de l'Angleterre (0,57), de l'Allemagne (1,04), de l'Italie (0,91) et des États-Unis (1,27). Elle s'est peuplée plus rapidement que le Cap et le Canada et a atteint son quatrième million plus vite que les États-Unis. En soixante ans, de 1840 à 1900, le Canada a triplé, les États-Unis ont quadruplé, l'Australie a augmenté vingt fois1.

Il ne faut donc pas dire que l'Australie ne se peuple pas. Mais elle n'est pas peuplée: elle est en retard. Elle n'a eu qu'en 1903 les 3 900 000 habitants qu'avaient déjà les États-Unis en 1790, cent treize ans plus tôt. Les pourcentages d'accroissement des deux pays ne sont pas comparables, les chiffres de base étant beaucoup plus forts aux États-Unis : on double plus facilement et plus vite 500 000 habitants que 5 millions. Partie tardivement, l'Australie eût dû courir ; elle s'est contentée de marcher, comme les autres, en s'arrêtant de temps en temps. Qu'est-ce qu'une augmentation de 118 000 habitants par an, moyenne de 1921 à 1927, alors que le Japon en gagne chaque année 750 000 ? A ce taux, il y en aura 8 millions en 1950, et 150 millions aux États-Unis. L'Australie fait songer à un enfant qui promet, au milieu d'hommes faits. Mais ses voisins lui laisseront-ils le temps de tenir ses promesses ?

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