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XII. — LES COMMUNICATIONS

Aucun pays civilisé peut-être n'est plus dépourvu de voies de communication naturelles que l'Australie. Avant les chemins de fer, le commerce n'utilisait que

Géoghapiiie universelle. — Océaiiic. Régions polaires australes.

l'australasie.

la « route de mer ». Le cabotage, guère plus long et beaucoup moins cher que les transports ferroviaires, est resté très actif1 (pl. XXXII, A, B, C et D).

Les voies ferrées. — Le continent austral, dont les régions peuplées sont excentriques, avait un particulier besoin de voies ferrées (fig. 28, p. 108-109). Les distances sont énormes, même de capitale à capitale de deux États voisins: par mer il y a d'Adelaide à Fremantle, port de Perth, 2 553 kilomètres, de Fremantle à Palmerston, 3 309, de Palmerston à Brisbane, 4 164. Le & tour de l'Australie » est de 12 091 kilomètres, 30 p. 100 — près du tiers — de la circonférence terrestre.

L'imprévoyance humaine et l'insouciance des plans d'ensemble, si fréquente chez les Anglo-Saxons, ont encore ajouté aux obstacles naturels. Se tournant le dos, ne regardant que du côté de la mer, les colonies ont longtemps ignoré leurs voisines, La première ligne intercoloniale, de Sydney à Brisbane, ne date que de 1883 ; Perth n'a été jointe à Adelaide qu'en 1917, et Palmerston est encore isolée. Chaque colonie n'a construit ses voies ferrées que pour elle seule et a adopté un gabarit particulier : 1 m. 07, 1 m. 48 ou 2 m. 28 ; même, la Westralie possède deux gabarits, et Sud-Australie, trois. La largeur des voies change cinq fois de Brisbane à Perth : à Wallangarra, à la sortie du Queensland, à Albury, à la sortie de la Nouvelle-Galles, à Terowie et à Port Augusta en Australie méridionale et à Kalgoorlie en Australie occidentale. C'est un gros inconvénient pour les voyageurs, mais il est encore pire pour le matériel : une colonie peut en avoir une partie inutilisée, alors que sa voisine manque de wagons.

Il n'y a pas de réseau australien. Chaque État a adopté le tracé qui correspond à ses besoins particuliers. La Nouvelle-Galles a trois grandes lignes indépendantes (trunk Unes) partant de Sydney : la Northern Line va à Brisbane, la Great Western Line, avec un embranchement sur Adelaide, gagne Bourke, centre d'élevage, et la Main Southern Line conduit à Melbourne. Le réseau de Victoria, disposé en éventail, a permis de coloniser toute la région du Murray. Le Queensland, très allongé du Sud au Nord, est la colonie type des lignes de pénétration, dont trois, partant de Brisbane, de Rockhampton et de Townsville, desservent les contrées pastorales de l'intérieur. L'Australie méridionale possède une artère maîtresse qui se divise en deux tronçons, origine des Transcontinentaux. Et l'Australie occidentale a songé avant tout à ses mines d'or, jointes à la côte par deux voies ferrées.

La «ligne impériale», qui emprunte des sections des précédentes, relie depuis 1917 toutes les capitales, sauf Palmerston. De Brisbane à Perth. par Sydney. Melbourne et Adelaide, on compte 5 600 kilomètres. La vitesse moyenne des trains est faible (45 km. à l'heure), et le trajet dure 143 heures, dont 19 heures d'arrêt On part, par exemple, le lundi matin, pour arriver le matin du dimanche suivant : c'est un voyage de six jours et de six nuits2. Le plus long trajet qu'on puisse faire en chemin de fer est celui de Dajarra (Queensland) à Meekatharra (Australie occidentale) : il est de 8850 kilomètres, neuf fois la longueur de la France du Nord au Sud.

Au 30 juin 1927, l'Australie possédait 46 131 kilomètres de voies ferrées, ce

1. La première traversée en automobile de l'Australie a été effectuée en 1923, par M. Mîchael Terry, de Winton (Queensland) à Broome (Westralie). Ce voyage de 3 651 kilomètres a duré huit mois, deux cent quarante-cinq jours, avec une vitesse moyenne de 15 kilomètres par jour. La même année, l'expédition Mac Callum a traversé, plus facilement. l'Australie du Nord au Sud et du Sud au Nord.

2. On peut diminuer la distance entre Sydney et Adelaide en prenant la ligne d'Orange et de Brokcn Hill, à travers les Western Plains de la Nouvelle-Galles.

L'ÉTAT SOCIAL ET ÉCONOMIQUE DE L'AUSTRALIE

qui la place très loin des États-Unis et après le Canada, l'Inde et l'Allemagne, mais avant la France, l'Argentine, les Iles Britanniques et le Brésil. Par rapport

j à sa superficie, elle est fort en retard, mais, eu égard à sa population, elle occupe le premier rang dans le monde avec le Canada.

Il y avait 41 073 kilomètres de lignes d'État (fédérales : 2 789 ; coloniales :

' 38 284) et seulement 5 058 kilomètres de lignes privées, 1 556 ouverts au trafic

j général et 3 502 desservant des exploitations particulières, mines, houillères ou forêts1. L'étendue du réseau d'État provient en partie de la politique socialiste, qui a provoqué des rachats, mais surtout des conditions géographiques, qui excluent toute sécurité ; plus d'une compagnie privée a dû liquider. Les États,

i souvent aussi, ont eu seuls les moyens de se procurer les capitaux nécessaires et de risquer des entreprises aux profits aléatoires.

Les chemins de fer sont gérés comme des maisons de commerce et sont confiés en général à des raihvay commissioners indépendants. Ils réalisent des bénéfices nets. Ce qui les met en perte, c'est l'intérêt des emprunts contractés, parfois à un

I taux très élevé, pour les construire.

L'Australie a encore beaucoup à faire. Tournant le dos à l'Europe, elle doit viser à se rapprocher d'elle par des chemins de fer, très coûteux d'ailleurs et de longtemps peu productifs. Le Transcontinental Est-Ouest fonctionne depuis 1917 ; de Port Augusta à Kalgoorlie, il traverse 1 692 kilomètres de déserts. Le Transcontinental Nord-Sud, qui serait le seul moyen de mettre en valeur le Territoire du Nord et d'en assurer la défense, n'est encore qu'amorcé par les lignes Palmerston-Emungalan et Port Augusta-Alice Springs. Quand il sera fini, Palmerston se trouvera à 3 056 kilomètres d'Adelaide; mais il reste 1 159 kilomètres à construire. Récemment, l'ouverture de la section Emungalan-Daly Waters a été décidée.

L'œuvre la plus urgente actuellement est l'unification des gabarits et du matériel roulant. En vertu d'une décision de 1921, les voies seront établies, de Brisbane à Fremantle, sur une largeur uniforme de 1 m. 48.

Le Queensland a l'intention de pousser le rail de Cloncurry, de Winton et peut-être de Dajarra jusqu'à Camooweal, d'où un chemin de fer fédéral conduirait à Daly Waters. Il posséderait ainsi l'amorce d'une route directe vers l'Europe.

A cette route, la Nouvelle-Galles songe à raccorder son réseau, prolongé au delà de Bourke. Mais il lui faudrait la collaboration du Queensland, dont la ligne projetée, qui lui ferait concurrence, traverserait le territoire sur les neuf dixièmes de sa longueur. Le rêve des Sydnéens est la Fédéral Overland Line, coupant droit, par Alice Springs, de Bourke à Derby ou à Broome. On gagnerait cinq ou six jours sur la durée actuelle du trajet de Sydney en Europe. Mais il faudrait poser 3 000 kilomètres de rail dans le désert et, avant tout, désarmer l'opposition de Victoria, de Sud- Australie et de la Westralie, qui seraient lésées.

Liaisons avec l'extérieur. — Les communications maritimes régulières entre l'Australie et l'Europe datent de 1866. Aujourd'hui plusieurs puissantes compagnies, la Péninsulaire et Orientale, V Orient Pacific, la British India, les Messageries Maritimes, le Norddeutscher Lloyd, la Shaw Scwill and Albion, les

1. Chemins de fer fédéraux : Port Augusta-Kalgoorlie, 1 692 km. ; Port Augusta-Oodnadatta, 709 km. ; Port Darwin-Emungalan, 320 km. ; Queanbeyan-Canberra, 8 km. Depuis 1929, il faut ajouter 470 kilomètres pour la section Oodnadatta-Alicc Springs.

Chemins de fer coloniaux : Queensland, 10 142 km. ; Nouvelle-Galles, 9 253 km. ; Victoria, 7 457 km.; Australie occidentale, 6 305 km. ; Australie méridionale, 4 068 km. ; Tasmanie, 1 059 km.

l'australasie.

trois compagnies associées, Blue Funnel, White Star, et Aberdeen, la New Zealand Stearnship, l'Oceanic Steamship, la Canadian Australasian Line, la Nippon Yusen Kaisha, d'autres encore, assurent le service avec l'Europe, l'Amérique et l'Extrême-Orient. L'Australie est loin. Il faut plus de 20 jours pour traverser le Pacifique, plus de 30 pour aller de Marseille ou de Brindisi à Sydney, près de 40 pour faire le trajet depuis Londres par le Cap ou par Panama.

L'Australie est reliée au monde par d'assez nombreuses lignes télégraphiques. Depuis 1872, YOverland Telegraph traverse le continent sur 3589 kilomètres d'Adelaide à Port Darwin. De là un double câble, que complète celui qui part de Broome, gagne Banjoewangie à Java. Fremantle est en communication télégraphique sous-marine avec Durban (Afrique du Sud). Du côté du Pacifique, trois câbles vont de Sydney en Nouvelle-Zélande, et le grand câble transpacifique anglais, aujourd'hui doublé, unit Brisbane à Vancouver (Canada), en passant par l'île Norfolk, Suva (Fiji) et l'île Fanning. L'Australie communique directement par T. S. F. avec le Canada et avec l'Angleterre.

Dans l'intérieur de l'Australie, on voyage peu en automobile en raison de l'état des chemins ; il y a toutefois une voiture par 15 habitants, trois fois moins d'ailleurs qu'aux États-Unis. Les Australiens ont dans ces dernières années développé les liaisons aériennes. Dans les États de dimensions moyennes et bien pourvus de voies de communication, on peut douter que les services intérieurs d'aviation soient capables actuellement de lutter contre les chemins de fer; l'avenir y est aux lignes internationales. L'Australie, par son étendue et les « océans » de déserts qui séparent les différents États, rentre en fait dans le type international. Les aéro-lettres qui, avec une surtaxe minime, vont parfois aussi vite qu'un télégramme, les articles de mode et de parfumerie, les métaux précieux, les pièces de machines, les échantillons constituent un fret appréciable, sans parler d'un très actif transport d'hommes d'affaires. Les capitales des États sont reliées entre elles; la ligne intérieure du Queensland (Brisbane, Chaiieville, Cloncurry, Camooweal, Normanton) atteint Daly Waters et Port Darwin ; Melbourne et Adélaïde communiquent avec Broken Hill, et un service, dont le point de départ est à Perth, dessert les ports de la côte occidentale et Nord-occidentale de la Westralie. En 1926-1927, les avions, au nombre de 77, appartenant à trente compagnies ou particuliers, ont transporté 17 206 voyageurs, 290 746 lettres et environ 45 000 kilogrammes de marchandises. Un département de l'aviation civile a été créé. Un service aérien avec l'Angleterre est amorcé.

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