‹ OceanieChapitre 90 sur 172 · B. — MAORIS · texte numérisé non relu

B. — MAORIS

Les indigènes représentés ici ont le type vulgaire, avec des traits plutôt mélanésiens; l'un est même de teint liés foncé. La chevelure est polynésienne. Mélange de costumes anciens en libres Végétales et de costumes à l'européenne. La hutte est d'un modèle très commun.

U., t. X, Pl. XXXVI.

l'archipel néo-zélandais.

plombantes, et a creusé leur lit de trous profonds ; il faut aller à 100 kilomètres en mer pour retrouver les 360 mètres de profondeur du Milford Sound.

m. — LE CLIMAT

Bien que située pour une bonne part à la latitude de l'Australie, la Nouvelle- Zélande, dans son ensemble, possède un climat assez sensiblement différent du climat australien. Au lieu de la tendance aux extrêmes, c'est l'uniformité qui prédomine : la fréquence des vents d'Ouest et l'abondance de l'humidité, en un mot l'influence océanique, l'expliquent. Un autre trait, dû à la situation de l'archipel dans l'hémisphère austral, est, sauf exceptions temporaires, le peu de chaleur de l'été : Auckland, dans le mois le plus chaud, n'a qu'une moyenne de 19°,6, contre 25°, 3 à Alger, à la même latitude.

La Nouvelle-Zélande est, d'une manière générale, sous l'influence des vents du quadrant Ouest, les Westerlies. Au Nord de 39°, ils sont faibles et, en été, I remplacés le plus souvent par des vents du quadrant Est, particulièrement les South-Easterlies. Au Sud de 39°, les Westerlies prévalent toute l'année, d'autant plus forts qu'on va plus au Sud. Vers l'extrémité méridionale de l'archipel, ils viennent franchement de l'Ouest ; ailleurs, ils passent fréquemment au Nord- Ouest ou au Sud-Ouest.

Les montagnes jouent un rôle capital ; elles créent, surtout dans l'île du Sud, où elles forment une longue ligne régulière, un contraste marqué entre les régions occidentale et orientale. Quand le vent souffle du Sud-Ouest, c'est-à-dire parallèlement à la terre, il vente et il pleut sur la côte Ouest, tandis qu'il fait beau et sec dans les plaines de l'Est. Les vents d'Ouest et du Nord-Ouest, qui abordent les montagnes à angle droit, les franchissent parfois. Ils s'échauffent et se dessèchent en descendant ; sur le versant oriental des Alpes, la végétation est celle d'un pays à demi aride. C'est le Nor' Wester du Canterbury, qui « mange » ks glaciers, comme le fœhn suisse, et remplit en quelques heures les lits de cailloux où, à l'état ordinaire, serpentent, en maigres filets d'eau, les rivières. Le ciel est clair, d'un bleu pâle et perlé, alors que, de l'autre côté des montagnes, on aperçoit des amas de nuages sombres. Ce vent, chaud et de basse pression, est quelquefois, sur la côte, soulevé, pour ainsi dire, par le vent d'Est et surtout par le vent du Nord-Est, le North-Easter, qui rend le temps humide et désagréable. Le fœhn souffle aussi en Otago, dans le Marlborough et sur Hawke's Bay.

Les pluies, les «pleurs du ciel », disent les Maoris, sont, sauf exceptions locales, abondantes pendant toute l'année, mais plus particulièrement en hiver, alors que la neige des montagnes condense l'humidité des nuages (fig. 46). Les précipitations les plus fortes sont fournies par le vent du Nord-Ouest, qui vient des latitudes chaudes.

Dans l'île du Nord, dont la carte pluviométrique accuse bien le relief, les points les plus arrosés (au-dessus de 2 m. 50) sont le mont Egmont et East Cape, celui-ci exposé aux vents du Nord-Ouest et recevant aussi, par vent d'Est, les pluies provoquées par les cyclones qui passent au voisinage de la Nouvelle- Zélande. Sur la côte occidentale de l'île du Sud, à partir de 42°, il tombe plus île 2 m. 50 d'eau, 4 et 5 mètres vers 2 000 mètres d'altitude, avec un maximum de 5 m. 70 à Puysegur Point, à l'angle Sud-Oues1 de l'île. A l'Est de la barrière montagneuse, la quantité de pluie diminue, notamment par l'effet du fœhn ;

l'australasie.

elle ne dépasse guère 60 centimètres et parfois n'atteint pas 40 dans la plaine de Canterbury et sur la moyenne Clutha. Il y a là une « tache sèche », un petit coin de Champagne. C'est la région de climat continental, très légèrement continental, de cet archipel océanique.

La Nouvelle-Zélande constitue, avec Victoria et la Tasmanie, le domaine du climat austral, climat océanique dans l'ensemble, aux pluies en général abondantes et fréquentes, aux hivers doux, sauf dans l'Otago montagneux, et aux étés relativement frais pour la latitude, bien que parfois avec des journées lumineuses et brûlantes. Toutefois l'allongement de l'archipel dans le sens des méridiens, l'écran des hautes terres et sa direction perpendiculaire à celle des vents dominants permettent d'y distinguer quatre variétés.

La presqu'île de North Auckland, à la latitude du Maroc, a des périodes sèches et chaudes ; ses maquis, ses plantes vertes et lustrées, ses orangers et ses citronniers, ses vignes évoquent des tableaux méditerranéens. Le reste de l'île du Nord, en dépit des pluies qui en font le paradis du bétail, et la côte Nord de l'île du Sud connaissent des chaleurs notables. A Napier, sur Hawke's Bay, on compte clans l'année 2 491 heures de soleil, soit la valeur de 207 jours de 12 heures. Même à Wellington, où il pleut sensiblement plus qu'à Brest, des auvents protègent les trottoirs contre l'ardeur du soleil. Le district de Nelson doit à son climat ensoleillé d'être devenu le verger de la colonie. L'île méridionale, très humide à l'Ouest (2 m. 92 de pluie à Hokitika), est plutôt sèche à l'Est. Le voyageur qui traverse en été la plaine de Canterbury se croirait dans le Midi de la France, quand il voit les nuées se fondre dans le ciel et les mares bues par l'âpre vent des montagnes, qui rappelle le mistral, quand il parcourt des landes pierreuses piquées de plantes aux feuilles rigides ou tapissées par les tiges sèches et fauves du tussock indigène, quand il contemple les vergers irrigués de pêchers et d'abricotiers et quand il entend le cri des cigales perchées sur les manukas.

Page 1