A. LES « TERRASSES BLANCHES » DE ROTOMAHANA
Os belles vasques siliceuses aux eaux bleues ont été, comme les terrasses ruses », détruites par l'éruption du Tarawera de issii.
Phot. Tourlsl and Hcultli llesorts Dep., Wellington. B. LAMBTON QUAY, A WELLINGTON.
Principale voie commerçante de la ville. Type anglais; style varié «les maisons; abi is sur les trottoirs.
G. U.. t. X, Pl. XXXIX.
Phot. Muir et Moodie, Dunedin.
A. GORGES DE L'OTIRA.
Route de Greymouth à Christchurch, sur la côte occidentale de l'île du Sud. Le chemin de fer qui unit les deux versants de l'île passe ici en tunnel.
Phot. Touiist and Health Resorts Hop.. Wellington.
B. — LE MONT COOK (3764 mètres).
Type de montagnes alpestres (île du Sud). Paysage de rochers, de neiges et d'éboulis; torrent aux rives incertaines et aux eaux rapides.
G. U., t. X, Pl. XL
l'archipel néo-zélandais.
qui rayent d'un trait d'argent le manteau sombre des forêts, la profusion des fraîches fougères blotties dans toutes les anfractuosités du roc, la double pointe du pic de la Mitre, qui reflète son image renversée dans le miroir limpide des eaux immobiles, et le lointain décor des hauts plateaux plaqués de neige font un merveilleux tableau.
L'Otago est un « pays aux mille lacs ». Le Hawea, le Wanaka et le Wakatipu (pl. XL1I, B) alimentent la Clutha ; le Te Anau et le Manapouri, le « lac du cœur affligé » des Maoris, se déversent dans la Waiau. Le Wakatipu, deux fois recourbé sur lui-même, fait songer au lac de Lucerne ; long de 80 kilomètres pour une largeur de 2 à 5 kilomètres seulement, il couvre une superficie de 290 kilomètres carrés, la moitié de celle du Léman. Kingston à son extrémité méridionale et, à un des coudes, Queenstown, au pied des monts Remarkable, découpés en dents de scie, sont les escales des vapeurs qui promènent les touristes pendant la belle saison. Plus vaste encore, avec ses 342 kilomètres carrés, est le lac Te Anau, dont quatre branches, couloirs resserrés entre des falaises abruptes, vont à la rencontre des sounds voisins.
Les rivières, la Waiau, l'Oreti (New River), la Mataura, la Clutha et la Taieri, s'écoulent vers le Sud suivant la pente naturelle du versant méridional de l'ancienne chaîne et traversent des bassins d'alluvions où l'on cultive l'avoine, produit caractéristique de l'Otago, et les fruits de climat tempéré, et où l'on élève les vaches laitières et les moutons. Riverton fait le commerce des bois et Nightcaps possède des mines de charbon ; dans la région de l'Oreti se succèdent Winton, centre agricole, et Makarewa qui, comme Mataura sur la rivière du même nom, a d'importantes usines frigorifiques.
La Clutha est le plus abondant des cours d'eau néo-zélandais ; longue de 247 kilomètres, elle se prête à la navigation sur 60 ou 70. Sa vallée est riche en exploitations aurifères: les noms d'Alexandra, de Clyde (Dunstan), de Cromwell, deBendigo et d'Ophir rappellent le rush de 1862. Elle appartient en partie, comme la Taieri, qui traverse la plaine de Mosgiel, au domaine des faibles précipitations et des vents desséchants; dans les vergers irrigués, le clair soleil hâte la maturation des fruits.
Le Southland a son principal débouché à Invercargill, située sur le havre de New River, mais exposée aux vents d'Ouest. Aussi a-t-on créé un avant-port à 27 kilomètres plus au Sud, sur Bluff Harbour : c'est Campbelltown, à laquelle le cap escarpé qui la protège a fait donner, dans le langage courant, le nom de Bluff. Cette petite ville de briques, née du commerce maritime, n'est qu'une agglomération d'usines, de bureaux d'agences de navigation, d'entrepôts et de docks; elle exporte du bois, des conserves de fruits, de la laine, du beurre et du fromage, des moutons, des lapins et des poissons congelés.
Dunedin, chef-lien de l'Otago, occupe le fond d'un golfe long et étroit qui isole en partie la péninsule volcanique d'Otago. Port Chalmers, à 13 kilomètres en aval, qui lui sert d'avant-port (951 504 tonneaux), possède des usines frigorifiques et des fabriques de ciment. Dunedin, l'austère cité presbytérienne, bâtie en pierre grise du pays, stricte observatrice du repos dominical, laisse à l'étranger de passage une impression un peu triste; la noie écossaise éclate partout, dans le style des nombreuses églises, dans les enseignes des magasins, dans les rues où résonne l'accent national, la « hrogue » des enfants de la vieille Calédonie. Un peu au Nord, Oamaru exploite des carrières qui fournissent la matière première aux
l'australasie.
fabriques de ciment et un beau calcaire blanc, exporté comme pierre de construction dans toute la colonie.
A 25 kilomètres en mer, au delà du détroit de Foveaux, riche en bancs d'huîtres, l'île Stewart dresse sur le même socle que les deux grandes îles ses hauteurs cristallines et volcaniques qui culminent à 975 mètres. Sur la côte orientale se creusent des havres bien abrités : Port Pegasus, Paterson Inlet et la petite baie de la Demi-Lune (Half-Moon Bay) où viennent mouiller les bateaux de Bluff. Fraîche sans être froide, très humide et très venteuse, l'île Stewart, qui atteint au cap Sud 47°17' latitude Sud, est surtout couverte de landes et de fourrés d'arbres nains. Très visitée en été, elle ne renferme, en dépit de ses 1 714 kilomètres carrés, qu'une infime population sédentaire, quelques ,centaines de personnes qui vivent de la pêche et de l'ostréiculture. Au voisinage, les Snares, six minuscules îlots, évoquent, par leur nom qui signifie «pièges », le souvenir de plus d'un naufrage.
Les terres isolées à plusieurs centaines de kilomètres au Sud et au Sud-Est de la Nouvelle-Zélande en ont peut-être fait jadis partie intégrante : à leurs basaltes se mêlent des roches anciennes et même parfois des roches secondaires et tertiaires. Le ciel y est triste et brumeux, et le vent très violent; les arbres y font à peu près défaut, et c'est la lande subpolaire qui domine, avec ses bas fourres et ses tourbières. Aucune n'est régulièrement habitée, bien qu'on ait essayé d*y faire de l'élevage.
Le groupe du Sud comprend l'archipel Auckland et l'île Campbell. La principale des îles Auckland possède des montagnes de 500 à 600 mètres et, sur son rivage oriental, deux belles baies : le port de Ross, vanté par Dumont d'Urville, et le port de Carnley. Sa superficie est de 852 kilomètres carrés. L'île Campbell, montagneuse aussi, est beaucoup plus petite ; elle ne dépasse pas 184 kilomètres carrés. Elle termine vers le Sud l'archipel néo-zélandais par 52°33' latitude.
Au Sud-Est sont les îles Bounty, treize îlots de 13 kilomètres carrés, et les Antipodes, qui en ont 52. Celles-ci ne méritent pas leur nom. On les croyait aux antipodes de Greenwich, alors que, situées à 49°42' latitude Sud et 178°43' longitude Est (176°22' longitude Est Paris), elles occupent les antipodes de Barfleur, près de Cherbourg : l'erreur commise est de 225 kilomètres. Bordées de falaises à pic, elles sont presque inaccessibles.
Le district de Canterbury répond, sur la côte orientale, au \Yestland, mais il en diffère du tout au tout. Il consiste essentiellement en hauteurs secondaires et tertiaires et en une plaine tertiaire et récente, ancien golfe que les alluvions des torrents alpestres ont comblé en rattachant à la terre ferme l'île de Banks.
La région septentrionale est formée de basses collines découvertes et herbeuses où l'on élève, outre le gros bétail, les moutons croisés, en vue de l'exportation de la viande. La Waimakariri la traverse, tantôt courant impétueux, tantôt reseau de rigoles qui se fraient péniblement un passage au travers d'immenses banes de cailloux et de sables, chair arrachée morceau par morceau à la montagne. Sa vallée est remontée par le chemin de fer « transinsulaire », qui depuis 1923 unit Christchurch à Greymouth.
La péninsule de Banks, qui fait en mer une saillie prononcée entre les baies Pegasus et de Canterbury, a été jadis un volcan ; ses fissures rayonnantes, dues à une longue érosion, profondes vallées terminées par des golfes étroits et allongés, lui donnent un aspect étoilé. Il y a là de beaux ports naturels, comme la baie du
l'archipel néo-zélandais.
Pigeon et celle d'Akaroa. L'altitude de ce vieux massif est réduite à 918 mètres.
Sur le golfe resserré qui se creuse entre la presqu'île et la côte, Lyttelton (1 961 630 tonneaux) exporte des produits pastoraux et exploite des carrières de pierre bleutée. Un chemin de fer de 1 1 kilomètres l'unit à Christchurch, chef-lieu du district. La « Cité des plaines », comme on appelle Christchurch, est en effet une ville plate et régulièrement bâtie en damier. Très différente de l'écossaise Dunedin, elle garde la trace de son origine purement anglaise. Quand on contemple ses petites maisons de briques et de pierre, ses cottages rustiques blottis sous les arbres et dissimulés derrière les haies, ses beaux parcs ombragés, audessus desquels pointent les nombreux clochers gothiques de la Cathedra! City, et la petite rivière qui la traverse, l'Avon, coulant à pleins bords entre des saules au milieu des prairies, on se croirait transporté dans un coin de la vieille Angleterre, si la vue des toitures étincelantes de fer galvanisé et des auvents qui, au-dessus des trottoirs, abritent les passants contre le soleil, ne ramenait l'imagination égarée aux réalités géographiques. Christchurch, ville savante autant que commerçante, s'enorgueillit à juste titre de ses établissements d'instruction, de ses bibliothèques et de son admirable Muséum d'histoire naturelle.
C'est au Sud de la presqu'île de Banks que s'étend, sur une dizaine de mille kilomètres carrés, la plaine fameuse qui a fait la réputation du district de Canterbury. Les cours d'eau, la Rakaia et la Rangitata, tombés brusquement des Alpes dans le plat pays, s'y étalent dans de larges lits encombrés de cailloux une partie de l'année ; ils sont le type des shingle rivers, des rivières à gravier. Les pluies sont rares, les vents souvent secs ; le paysage découvert a quelque chose de maigre et de décharné ; le regard se perd sur d'immenses prairies fauves de tussock, que piquent çà et là les fleurs rouges du lin indigène. Les fermes qui, autour d'Ashburton et de Géraldine, cultivent le blé et l'avoine, les fourrages, les légumes et les fruits d'Angleterre, doivent recourir à l'irrigation. Les moutons sont nombreux ; seul le district de Wellington en a davantage. A côté des croisés (cross-breeds), qui fournissent les « carcasses » frigorifiées, les mérinos de race pure se sont conservés. Le petit port de Timaru, aux vastes carrières, est le point de départ des excursions pour la région du mont Cook ; les touristes gagnent Fairlie par le chemin de fer et, de là, des coaches les promènent dans la haute vallée glaciaire de la Waitaki et le long des lacs Tekapo, Pukaki et Oahau.
A quelque 800 kilomètres de la côte de Canterbury, les îles Chatham, avec leurs 963 kilomètres carrés, sont le plus vaste archipel dépendant de la Nouvelle- Zélande. L'île Pitt est une table basaltique ; l'île Chatham, beaucoup plus vaste, se compose de roches anciennes et secondaires; ses collines et une plaine occupée en partie par une lagune sont couvertes de forêts et de prairies. Quelques centaines d'habitants, Européens, Maoris et Morioris, y élèvent un assez grand nombre de moutons. Sur la baie de Petre, le village de Waitangi sert de capitale.