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EXPÉRIENCE D’AIMÉ

la houle, qui est à peu de chose près une ondulation progressive, il ne se fait aucun transport des molécules d’eau dans le sens horizontal, mais simplement une oscillation dans un plan parallèle à la direction de propagation. On jette à l’eau, du pont d’un navire à l'ancre et on regarde verticalement une boule de papier blanc, froissée entre les mains et préalablement mouillée, de manière qu'elle s’immerge immédiatement sans offrir de prise au vent. La boule descend alors assez lentement pour que l'œil puisse la suivre pendant un temps suffisant et constate que le déplacement horizontal est presque nul, que les oscillations diminuent d'amplitude pendant la descente et ne sortent pas d’un plan vertical parallèle au sens de propagation des ondulations de l’eau.

Aimé ‘ disposa dans le même büt une planche carrée AB de de 50 cm de côté (fig. 14), lestée par de grosses barres de fer CC et supportant un cône G en fer-blanc terminé par une ouverture étroite K. Une tige de fer coudée A D servait à attacher la corde à l’aide de laquelle il descendait au fond l'appareil dont le poids total était de 13 kilog. Le cône laisse échapper par bulles Pair qu’il contient. L'expérience réussit mieux avec de l'huile colorée, car la dimension des gouttes ne varie pas avec la pression, comme les bulles d'air. Dans ce dernier cas, une petite ouverture placée en bas du cône sert à la rentrée de l’eau. L'appa- reil étant immergé par une mer un peu agitée, on voyait les gouttes former en remontant une ligne serpentant dans un plan parallèle à la direction des vagues.

Dans la rade d'Alger, par 10 m de profondeur, avec une houle de 1,50 m de hauteur, l’écart maximum entre les bulles était de près de 1 m; par 14 m, avec des lames à peu près de même dimension

que précédemment, l'amplitude de l’oscillation des bulles était de 10 à 80 cm.

Fig, 14.

1 Aimé, Recherches expérimentales sur le mouvement des vagues. Annales de chimie et de physique, 3° sérié, t. V, p. 417, 1842.

Ces expériences prouvent bien que, dans une mer agitée, les molécules d’eau ont un mouvement d'oscillation dans un même plan, mais elles n’indiquent pas si l’oscillation a lieu depuis le fond jusqu'à la surface ni comment son amplitude varie avec la profondeur. |

Théorie de la houle; trochoïde. — L’ensemble des faits observés permet d'établir la théorie de la‘ houle dans une eau de profondeur infinie.

Supposons (fig. 15) une série de molécules 1, 2, 3, 4, 5, 6, T, 8, 9, en repos le long de la ligne horizontale de niveau MN; sous linfluence d’une oscillation progressant de gauche à droite, la molécule 9 étant encore en repos, la molécule 8, étreinte par le mouve-

ment, commence à suivre, dans la direction de la flèche, sa

trajectoire circulaire et occupe, à un certain moment, la position 8’ ; en ce même instant, la molécule 7 arrive en 7’ après avoir parcouru une trajectoire circulaire d’un diamètre égal à celle de la molécule 8, mais plus longue, puisque la direction générale de l’ondulation étant de gauche à droite, elle est depuis plus longtemps en mouvement. Le même raisonnement étant applicable à chacune des autres molécules, le profil de Fondulation, à un moment déterminé, est représenté par la courbe 9, 8’, T, 6°, à’, 4, 3, 2°, 1. Après un temps égal à la durée de la période divisée par le nombre des molécules occupant la longueur totale de l’ondulation, 9 sera en 9, 8 en 8”, 7 en 7”... et l’ondulation elle-même aura progressé d’une fraction de sa longueur. Le mouvement se continue ainsi de proche en proche, non seulement pendant une ondulation unique, mais indéfiniment, une ondulation succédant immédiatement à la précédente et dans des conditions identiques.

On en déduit les deux lois suivantes.

Lorsque le mouvement ondulatoire progresse de gauche à droite, les particules liquides accomplissent leur trajectoire circulaire d’un

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