TRACE-VAGUES
et descendre le long de la perche dont la graduation permet d’apprécier les mouvements de la mer. Afin d’en conserver une trace écrite, un tube en caoutchouc T est fixé au flotteur et vient s'unir à un petit chariot M’ conduit par des guides et portant un crayon. De ce chariot traceur part un second caoutchouc T', attaché à une potence à coulisse et destiné à faire varier la hauteur du point fixe. Si la longueur des deux caoutchoucs est, par exemple, l’une de 9 m en bas et l’autre de 0,20 m en haut, les mouvements du traceur auront des amplitudes qui seront le dixième de celles du flotteur. Il ne reste donc plus qu’à conserver une trace permanente de ces mouvements, ce qui est facilement obtenu au moyen d’un mouvement d’horlogerie A, entraînant avec une vitesse régulière une bande de papier de 12 à 15 m de long qui vient présenter tous ses points devant le crayon. Pour opérer, on met d’abord la perche à l’eau en la tenant un peu immergée le long du canot ou du navire ; on passe le flotteur avec le caoutchouc attaché de longueur convenable, puis on met instrument sur le sommet de la perche où il est maintenu par des crochets à ressort et on l'abandonne sur les vagues. Si la perche n’est pas à son niveau moyen, elle a un mouvement propre que l’expérience en eau calme a prouvé ne pouvoir durer une minute ; alors on néglige le commencement du tracé.
Les dénivellations de la surface de l’eau sont exactement exprimées, mais on n'en possède pas la forme réelle et, suivant les vitesses de déroulement du papier, le tracé s’en éloigne ou s’en rapproche. Pour avoir un tracé exact, il faut le corriger de la longueur des vagues.
La figure 6 représente la courbe d’une vague prise le 4 décembre 1866 près de la baie de Sainte-Anne (goulet de Brest), par un fort
Fig. 6.
jusant, vent frais de S. W., mer très dure, vitesse des lames 8 m par seconde. L’échelle verticale indique des mètres et les divisions horisontales correspondent à des intervalles de une seconde. La
figure 7 représente le profil vrai de la mer de la figure 6, les ordonnées et les abscisses étant ramenées à la même échelle.
Ce n’est que jusqu’à des lames de 2 m à 2,50 m que l’on peut admettre que l'immobilité de la perche est complète; au delà, son mouvement devient sensible. La perche flottant sur une mer d’une
hauteur maximum de 3,5 m, le mouvement, c’està-dire l’erreur, en a été trouvé expérimentalement de 10 à 12 p. 100 au moins. On peut corriger le tracé ou plutôt l'instrument lui-même en l’allongeant ou en diminuant sa section à la flottaison. Avec 15 ou 16 m on aurait l’immobilité sur des vagues de 3,5 m de hauteur verticale.
L'appareil serait probablement beaucoup plus stable si l’on y ajoutait l’ancre de l'appareil de Froude.
Trace-vagues Froude. — L'appareil ‘ est basé sur la diminution très rapide que subit en profondeur le mouvement des vagues. IL se compose (fig. 8) d'une perche de bois L graduée, à l'extrémité inférieure de laquelle est amarrée une corde G aussi longue que possible portant une ancre R formée par un cadre carré en bois de chêne huilé R sur lequel est tendue de la toile à voile. Un poids B maintient la perche à demi immergée. L'appareil est relié à l’embarcation ou au navire par une cordelette H. La perche reste immobile dans l’eau agitée et on lit sur sa graduation la hauteur atteinte par les vagues. IL serait aisé et très avantageux d'adapter à l'appareil le flotteur et l’enregistreur Pâris.
On peut encore enregistrer la hauteur des vagues aux marégraphes,
1 White, Manual of naval Architecture, p. 461.