TEMPÉRATURE DE SURFACE
presque dire que le phénomène est le même. Les isothermes se relèvent vers les pôles le long des courants chauds et se rapprochent de l'équateur le long des courants froids. Leur tracé est variable selon qu’elles représentent des moyennes de températures mensuelles ou annuelles, car en ces saisons différentes, les courants subissent aussi des variations considérables de volume, de vitesse et de direction ; les courants chauds acquièrent la prépondérance vers la fin de l'été et les courants froids vers la fin de l'hiver.
Les deux régions où la surface de la mer possède la température la plus élevée sont situées l’une sur la côte est de l'Amérique du Sud, entre Cayenne et le Para, et l’autre sur la côte occidentale d'Afrique, entre Freetown et Cape-Coast-Castle, toutes deux au nord de l’équateur avec une température moyenne annuelle de 280. La température moyenne de surface de tout l’Atlantique est de 200,7, celle de l’Atlantique sud de 17,5 seulement. La température est donc plus élevée dans la partie nord que dans la partie sud, et il en est de même pour le Pacifique et l’océan Indien.
Pour ces deux derniers océans, on est moins bien renseigné que pour lAtlantique si étudié depuis les travaux de Koldewey, Toynbee, Cornelissen, Andrau, Robert H. Scott et l'Atlas des Atlantischen Ozeans du Deutsche Seewarte. Cependant, on peut affirmer que la surface de l'Atlantique nord est plus chaude que celle du Pacifique nord, et celle de l’Atlantique sud plus froide que celle du Pacifique sud. Dans la zone tropicale, l’océan Indien est la mer la plus chaude et l'Atlantique la mer la plus froide.
Les températures de la mer à la surface et sur tout l’espace océanique du globe sont comprises entre — 30,67 environ, point de congélation moyen de l’eau salée et 320 ; l’intervalle est done de 36v. Les plus fortes températures se rencontrent, en outre des localités citées précédemment, dans la mer des Antilles, le golfe du Mexique, la mer Rouge, le golfe Persique, le golfe du Bengale, la mer de Chine, les petites mers de la Malaisie et Le vaste bassin qui s'étend à l'est des Philippines. La plus haute température enregistrée par le Challenger est 319,1, le 21 octobre 1874, dans la mer de Célèbes, et la plus basse — 20,8 vers 65° latitude sud, dans le voisinage d’icebergs. |
Température comparée de la mer et de l'air. — La chaleur
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solaire qui arrive à la surface des continents n’y pénètre qu'à une très faible profondeur. On a calculé qu’à Paris la chaleur mettait 38 jours à traverser une épaisseur de 1 mètre de sol ; à 10 mèlres de profondeur, la température est absolument constante. Cette épaisseur sensible aux variations de la température est si faible que la terre s’échauffe et se refroidit rapidement.
Les propriétés physiques de l’eau font qu’il en est tout autrement pour l’Océan. La chaleur spécifique de l’eau, si considérable par rapport à celle de l'air, a pour conséquence l’échauffement lent et le refroidissement lent de la mer. La surface de l'Océan réfléchit une grande partie de la chaleur incidente; de plus, la vapeur d’eau étant opaque aux radiations obscures, la chaleur réfléchie se maintient dans les couches d’air les plus inférieures et les plus saturées d’humidité. Une portion notable de la chaleur reçue sert à produire une évaporation et, par conséquent, n'est pas employée à élever la température de la masse liquide. L’eau dont une partie est évaporée devient plus lourde et, par suite, tend à descendre à un niveau inférieur. Par contre, à cause de sa mauvaise conductibilité et par ce motif que l’eau s'étant échauffée elle est devenue plus légère, il se produit un effet inverse du précédent ; enfin, l’eau de surface refroidie au contact de l’air, et par conséquent alourdie, rencontre en descendant des couches d’eau moins froide qui la réchauffent, ralentissent et même arrêtent son mouvement de descente ; ces actions se compensent et en définitive la chaleur ne pénètre pas très profondément dans la mer. L’évaporation pendant le jour et pendant l'été empêche la température de s'élever beaucoup, les couches refroidies pendant la nuit et pendant l’hiver s’enfoncent, sont remplacées par des couches plus chaudes et de la sorte Océan ne subit jamais un bien grand refroidissement. Les variations du climat sont très atténuées au sein de la masse d’eau et la couche à température constante s’y rencontre à une profondeur plus grande il est vrai qu’à la surface des continents mais encore relativement faible.
L'air, au contraire, possède une extrême mobilité; toute portion dont la température est devenue plus haute pour une cause quelconque, se déplace aussitôt et est remplacée par des portions plus froides. Le brassage opéré par les vents est très rapide et très intime. La majorité des circonstances tend donc à faire de la mer lagent régulateur de la climatologie du globe. Entre la surface de l’eau et