SONDEUR DU TRAVAILLEUR
fère peu de celle queles Anglais ont adoptée pour les sondages ordinaires.
Dans le cas où la mer est houleuse, on conserve la même ligne et Von diminue de moitié le poids du sondeur.
Sondeur du « Travailleur ». — M. Alph. Milne-Edwards, pour exécuter ses sondages pendant la campagne du Travailleur, en 1881, s’est servi d’un sondeur basé sur le principe de l'hydre ét qui a fonctionné, au moins jusqu'à 3500 mètres, avec la plus grande précision. Il a été construit par M. Thibaudier, ingénieur de là marine. La ligne qui le soutient est en fil d’acier mesurant environ 3 mm de circonférence, pesant moins de 7 kilog au kilomètre et possédant une résistance, à la rupture de 140 kilog. On ne chargeait pas le sondeur au delà de 23 kilog et l’on obtenait une vitesse de déroulement de 175 mètres par minute, ce qui permettait d'atteindre, en 20 minutes, un fond de 3 000 mètres. Un compteur du système imaginé par sir William Thomson, et recevant le mouvement d’une vis excentrique à l’axe, enregistrait chacun des tours de la bobine sur laquelle le fil était enroulé. Le nombre des révolutions de la roue, multiplié par la circonférence moyenne des tours du fil d’acier, donnait la profondeur 1.
Le sondeur lui-même offre (fig. 12) la disposition suivante. F est un tube de métal dans lequel glisse une pièce en fer À sur laquelle sont pratiquées deux encoches BB destinées à recevoir le fil métallique supportant les poids de lest; elle porte à sa partie inférieure des ergots D D, qui glissent dans des rainures creusées dans le tube. En haut du tube est on) vissée une pièce ogivale en bronze, percée pour le passage de la tige A. En bas est vissée également une boîte cylindrique en bronze, prolongeant le tube et portant à sa
: Alph. Milne-Edwards, membre de l'Institut, Rapport sur les travaux de la Commission chargée par M. le ministre de l'instruction publique d'étudier la faune sousmarine dans les grandes profondeurs de la Méditerranée et de l'océan Atlantique, Paris, 4882. :
partie inférieure deux clapets ff s’ouvrant en ailes de papillon de bas en haut. Chacun de ces clapets est pourvu d’un mouvement de sonnette. Les branches { sont verticales lorsque les clapets sont fermés et horizontales quand ils sont ouverts.
Les poids dont on charge le sondeur ont la forme de disques a b, percés d’un trou central; les uns pèsent 23 kilogr, les autres 19 kilogr seulement. Deux rainures pratiquées Suivant deux génératrices opposées, recoivent le fil de suspension.
Pour faire fonctionner ce sondeur, on le suspend par l’anneau C, les poids de lest sont enfilés sur le tube et maintenus par le fil de fer qui se capelle dans l’encoche B. Quand le tube touche le fond, la tige À s’enfonce en vertu de son poids, le fil de fer est décroché et Le lest est rendu libre; le sondeur reste seul accroché à la ligne. Les disques de lest, en glissant le long du tube, brisent les fils qui tiennent les soupapes relevées ; ils abaissent celles-ci et ferment lorifice inférieur de manière à y retenir la vase qui est entrée dans le tube. On remonte alors le sondeur en abandonnant le poids. Le mécanisme a parfaitement fonctionné à bord du Zravailleur et, en se fermant lorsque l’appareil s’enfonçait dans la vase, il a toujours emprisonné une quantité suffisante de cette matière. Chacune des branches des soupapes avait été munie d’une sorte de petite cuiller dont la concavité était remplie de suif destiné à prendre l’empreinte des roches et à rapporter du sable, du gravier ou des coquilles; elles suppléaient alors au fonctionnement du tube sondeur, dont l’efficacité est limitée aux fonds de vase et d'argile.
Sondeur du prince de Monaco?. — Ce sondeur à robinet offre une grande analogie avec celui du Travailleur, dont il diffère, néanmoins, essentiellement par le mode de fermeture.
Il se compose, en principe, d’un cylindre creux en fer (fig. 13), dans lequel coulisse librement, guidée seulement par deux petites traverses d’acier, une tige de section rectangulaire terminée à la partie supérieure par un anneau qui sert à suspendre l'appareil au
© Voir pour les détails relatifs aux diverses opérations exécutées à bord du Talisman et du Travailleur, le rapport du commandant Parfait. Annales hydrographiques, n° 663.
* Résullats des campagnes scientifiques de l'Hirondelle; Principauté de Monaco, Exposition universelle de 4889. k