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LIQUEUR D'IODURES

traversé le tamis de 0,6 mm, et qui ont été arrêtés par celui de 0.4 mm, seront considérés comme ayant un diamètre de 0.5 mm.

On nomme porphyrisés les grains qui ont traversé une batiste très fine; on place le sable dans l’étoffe, on en fait un nouet qu’on secoue dans un grand verre de façon à ne rien perdre, et jusqu’à ce qu’aucune poussière ne passe plus. Les grains ont un diamètre compris entre 0,1 mm, et 0,01 mm.

Chaque grosseur de grains est pesée et l’on en prend le pourcentage.

Triage à la liqueur d'iodures. — Ce mode de triage s'applique aux sables après que ceux-ci ont été lavés à l’eau bouillante et que toute trace de sel a disparut. Si l’on prépare une solution concentrée d’iodure de potassium et d’iodure de mercure dans l’eau, on obtient une liqueur offrant une densité de 3 environ et pouvant par additions d’eau successives prendre toutes les densités intermédiaires jusqu’à celle de l’eau pure. Comme cette liqueur mouille, si lon y jette un mélange de grains minéraux de nature diverse, ceux ayant une densité supérieure à 3 tomberont au fond tandis que les autres flotteront ; mais à leur tour, à mesure qu'on étendra d’eau, c’est-à-dire qu’on diminuera la densité, ceux-ci se sépareront: ceux plus lourds que la liqueur tomberont et les autres resteront encore en suspension. On opère dans un vase de verre (fig. 28) qui, grâce au robinet, laisse décanter séparément chaque portion descendue au fond.

On partage ordinairement les grains en quatre catégories : ceux ayant une densité supérieure à la densité maximum qu’on puisse donner facilement à la liqueur, c’est-à-dire 2,9 à 3; ceux ayant une densité comprise entre la précédente et un peu supérieure à celle du quartz hyalin, ceux ayant exactement la densité du quartz hyalin, et enfin ceux dont la densité est inférieure. Afin d’opérer rapidement, après avoir recueilli les grains tombés dans la liqueur à son maximum de concentration, on ajoute de l’eau jusqu’à ce qu’un fragment de quartz hyalin contenu dans un tube percé à sa partie inférieure

Fig. 28.

41 J. Thoulet, Séparalion des éléments non ferrugineux des roches, fondée sur leur différence de poids spécifique, Comptes rendus de l’Académie des sciences, LXXX VI, 454.

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d’un trou trop petit pour livrer passage au fragment, mais laissant passer librement la liqueur où il est plongé, soit au moment de tomber. On recueille, on ajoute une ou deux gouttes d’eau qui suffisent pour faire descendre le quartz, on recueille de nouveau, puis on ajoute pour la dernière fois de l’eau qui fait tomber d’un seul coup tout ce qui était resté jusqu'alors en suspension.

La même liqueur permet également de mesurer d’une façon très précise la densité! d’un grain, quelle que soit la petitesse de celui-ci, pourvu qu’il puisse être aperçu. On met le grain en exacte flottaison par addition d’eau et, quand celui-ci est parfaitement immobile, ne monte ni ne descend au sein de la liqueur en repos, on note exactement la température et l’on prend par un procédé quelconque, et à la même température, la densité de cette dernière qui est précisément celle du grain.

La liqueur d'iodures sert encore à trouver le coefficient de dilatation par la chaleur d’un fragment minéral microscopique ?.

Triage à l’allumette, au barreau aimanté, à l’électro-aimant. — La manière la plus simple de récolter des grains très petits disséminés dans une grande quantité de matière pulvérulente consiste à répandre la poudre sur une feuille de papier, puis à rechercher à la loupe les fragments. On les touche alors avec une allumette taillée en pointe et dont le bout est humecté. Le grain adhère et, pour le détacher, on se borne à toucher du bout de l’allumette la surface de l’eau contenue dans une petite capsule ou un verre de montre. Les grains sont enfin séchés et rassemblés. On opérera de cette façon par exemple pour obtenir les foraminifères disséminés dans certaines vases. Avec un peu d'adresse, on peut même exécuter cette opération sous le microscope en se servant d’un grossissement moyen.

Un barreau aimanté # promené dans une poudre isole immédiatement la magnétite ; pour détacher, on balaie le barreau avec un pinceau doux.

1 J. Thoulet, Note sur un nouveau procédé pour prendre la densité des minéraux en fragments très petits. Bull. de la Société minéral. de France, t. If, p. 180, 1879.

2 J. Thoulet, Mesure du coefficient de dilatation cubique des minéraux, Comptes rendus de l’Académie des sciences, €. XCVIIE, p. 620, et Bull. de la Société minéral. de France, t, VII, p. 151, 1884. ;

? J. Thoulet, Contributions à l'étude des propriétés physiques el chimiques des minéaux microscopiques, Ann. de physique et de chimie, 4888, 5e série, t. XX.

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ANALYSE MICROGHIMIQUE. 137

Le meilleur procédé pour séparer l’ensemble des minéraux ferrugineux de fous ceux qui ne le sont pas est l’emploi d’un électroaimant actionné par une machine dynamo Gérard, toujours prête à fonctionner, facile à manœuvrer et évitant les piles Bunsen. L’électroaimant dont je me sers est entouré d’un fil de 0,9 mm de diamètre, ayant une longueur sur les deux bobines de 480 mètres et offrant une résistance totale égale à 12 ohms. La machine Gérard n° 0 peut donner 20 volts, 3 ampères et sa force portante est de 200 kilogrammes au contact.

On approche des pôles de l’électro-aimant les sables dispersés sur une feuille de papier, les grains ferrugineux adhèrent; on écarte la feuille de papier, on la remplace par une autre, on interrompt le courant, les grains se détachent, on les recueille et l’on renouvelle l'opération jusqu'à triage complet. Si quelques grains non ferrugineux se trouvent mélangés aux autres, on les isole avec l'allumette !,

Analyse microchimique?. — Les procédés décrits aux paragraphes précédents, accompagnés de pesées, constituent l'analyse immédiate du sédiment. Il est toutefois souvent nécessaire de se renseigner sur la nature de certains grains minéraux dont l'aspect et les autres caractères physiques ne sont pas suffisants pour permettre de les reconnaître. On exécute alors une analyse microchimique par l'observation au microscope des cristaux obtenus en traitant le grain par des réactifs convenables. Comme les minéraux à étudier sont dans l'immense majorité des cas des silicates, 1l faut tout d’abord les décomposer. On y arrive Le plus simplement par la méthode de Behrens.

On prend un fragment minéral bien homogène et qu’on ne saurait choisir trop petit; un diamètre de 0,1 à 0,2 mm est amplement suffisant pour toutes les recherches; on le traite dans une petite capsule en platine avec de l’acide fluorhydrique ou du fluorhydrate d’ammo-

! Pour tous les renseignements relatifs à l'étude microscopique des roches, on pourra consulter Rosenbusch, Mikroskopische Physiographie der petrographisch wichtigen Mineralien, Stuttgart, 1885.

? Voy. D' K. Haushofer, Mikroskopische Reactionen, Brunschweig, 1885, et C. Klément et A. Renard, Réactions microscopiques à cristaux et leur application en analyse quantitative, Bruxelles, 4886.

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