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OCÉAN DU NORD

M. Forel, en se basant sur l'observation et sur l'expérience, admet dans la zone supérieure de la région profonde des lacs et dans la région littorale, c’est à-dire entre la surface et 100 mètres de profondeur environ, la présence d’une matière à laquelle il a donné le nom de feutre organique. Celui-ci est composé d’une masse floconneuse de palmellacées, d’oscillariées, et parfois d'algues violettes mélangées à des diatomées qui sont très abondantes dans certains lacs, celui de Longemer, dans les Vosges, par exemple. On peut voir le feutre organique se produire quand on abandonne à l'ombre, dans une terrine avec une quantité d’eau suffisante, du limon lacustre qui ne tarde pas à se recouvrir d’une couche veloutée, de couleur brun chocolat, se détachant en écailles épaisses de un à deux millimètres. La matière organique composant le feutre est tuée par la congélation et pâlit fortement lorsqu'on l’expose à la lumière solaire; dans un même lac, son épaisseur est variable selon les localités, et il joue un rôle important dans les conditions d’existence de la faune profonde dont il facilite la respiration et l'alimentation en lui donnant la facilité de marcher au-dessus de la surface molle et mobile du limon.

Le procédé le plus simple pour se procurer des échantillons du fond dans un lac de faible profondeur, consiste à employer un bidon ou seau en métal qu'on attache à une cordelette longue de 2 mètres environ fixée elle-même à la ligne de sonde un peu au-dessus du plomb. On laisse descendre, on donne quelques coups d’aviron pour râcler le fond et on relève lentement. Lorsque le lac est plus profond, on prend un sondeur à coupe qu’on adapte au bas du plomb de sonde.

Géologie sous-marine de l'Océan du Nord. — D'après M. Schmelck 1, les fonds de l'Océan du Nord explorés par le Vüringen sont les suivants :

L’argile grise, de composition chimique très variable, mais remarquablement pauvre en carbonate de chaux dont la proportion, variable aussi selon les échantillons, n’est en moyenne que de 9 p. 100. C’est un dépôt côtier qu’on trouve rarement au-dessous

1 Ludwig Schmelck, On Oceanic deposits. The Norweg, North. Atlant. Exped., 1876- 1878, t. IX, Chemistry.

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de 800 à 900 mètres, qui s'étend en une bande parallèle à la Norvège depuis la latitude de Bergen et qui, sans franchir à l’est le méridien du cap Nord, remonte vers le Spitzberg dont il suit la côte occidentale. Un îlot allongé est placé entre l'Islande et la Norvège, au nord des Færoër.

L’argile brune ou de transition apparaît assez brusquement vers 800 ou 900 mètres de profondeur et recouvre l'argile grise, dont elle borde la limite comme d’une sorte de frange étroite, d’une couche augmentant peu à peu d'épaisseur; elle contient de la chaux, quoique pas à l’état de carbonate, renferme peu de foraminifères, devient de plus en plus fine et homogène à mesure que la profondeur augmente et se transforme ainsi en argile à biloculines.

L’argile à biloculines de couleur brun jaunâtre ou brun foncé est généralement comprise entre 4 650 et 2000 mètres; on y disiingue divers foraminifères (Lifuola, Nonionina, Globigerina), mais surtout des biloculines. Il est rare que la proportion de carbonate de chaux + dépasse 40 p. 100. Sauf dans les environs immédiats de Jan-Mayen, elle recouvre Paire comprise entre le Spitzherg, Jan-Mayen, les Færoër et la Norvège au delà de la zone de largile grise et de l’argile de transition. M. Schmelck en fait une formation spéciale, tandis qu’en Angleterre on serait porté à ne la considérer que comme une simple variété peu riche en foraminifères de la vase à globigérines. |

L’argile à rhabdamines est une variété d'argile grise qui se trouve dans la portion orientale de l’Océan du Nord, entre la Norvège, Beeren Eiland, le Spitzberg et la Nouvelle-Zemble, à une profondeur très faible ne dépassant pas 400 mètres. C’est une boue homogène d’une couleur vert foncé particulière, pauvre en débris animaux, sauf en foraminifères du genre Rhabdamina qui y sont relativement abondants. On attribue son origine à une décomposition de roches quartzeuses s’effectuant surtout autour de Beeren Eiland où la désagrégation par l’action des vagues a lieu avec une telle intensité que l’île a beaucoup diminué de surface depuis quelques années et qu'elle est même condamnée à disparaître avant longtemps.

Les sédiments volcaniques entourent l'île Jan-Mayen; ils proviennent en partie du volcan Beerenberg qui se dresse à la pointe septentrionale de Pile; ils se composent d’un sable gris foncé ou d’une argile sableuse contenant des fragments de lave basaltique, de Poli-

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