‹ Océanographie (statique)Chapitre 79 sur 206 · BOUTEILLE DU « TRAVAILLEUR · texte numérisé non relu

BOUTEILLE DU « TRAVAILLEUR

à guider la chute du cylindre B, f un disque supérieur en laiton supportant une feuille de caoutchouc concave g, h un robinet de vidange, # un tube avec robinet pour laisser entrer l'air et permettre à l’eau de s’écouler.

Le poids messager » du capitaine Rung, de l’Institut météorologique de Copenhague, tombe sur la tête aplatie d’un tube de laiton p qui presse les ressorts », les serre et détache les crochets 0; le cylindre B glisse alors tout entier, sa base va s'appuyer sur le disque c et emprisonne l’eau entre ce dernier et le disque g.

Bouteille du « Travailleur ». — Cette bouteille imaginée par MM. E. Richard, commandant du Travailleur, et Villegente, lieutenant de vaisseau, est descendue ouverte et est fermée à la profondeur convenable par un poids messager envoyé du bord et glissant le long de la ligne.

La bouteille ! est un tube métallique (fig. 55) terminé à ses deux extrémités par un tronc de cône au-dessus duquel est placé un robinet s’ouvrant ou se fermant au moyen d’un assez long levier qui dans ses deux positions se place tantôt perpendiculairement, tantôt parallèlement au tube. Quand le robinet est ouvert, sa clef presse sur une tige intérieure centrale à laquelle est fixée une soupape en caoutchouc qui ferme l’ouverture d’une cloison intérieure située au-dessous du robinet; la soupape est alors relevée et permet à l’eau d’entrer librement. Quand au contraire le robinet est fermé, cette même tige se trouve libre parce que son extrémité se loge dans une excavation ménagée dans la clef du robinet; elle obéit alors à un ressort qui amène la fermeture de la soupape.

Pour employer cet appareil, on l’attache verticalement à une ligne de sonde, ses deux robinets sont ouverts et

1 Rapport sur les travaux de la cominission chargée d'étudier la faune sous-marine, ete,, par M Alphonse Milne-Edwards, p. 41.

son levier fait un angle droit avec le tube métallique. Pendant l'immersion, le mouvement de descente détermine un courant; l’eau entrant par l’orifice inférieur et sortant par l’orifice supérieur se renouvelle facilement et lorsque la bouteille, après avoir atteint la profondeur voulue, y a séjourné quelque temps, on laisse tomber du navire, le long de la corde, une lourde bague de fonte dont le vide central est suffisant pour que dans sa chute, le long de la ligne d’immersion, elle franchisse la bouteille en abaissant les leviers sans rester accrochée à l'appareil. Ce mouvement des leviers ferme les robinets et en même temps dégage les tiges des soupapes qui s’appliquent conire Porifice intérieur de la bouteille; on a ainsi une double fermeture, celle du robinet et celle de la soupape qui non seulement empêche toute introduction du liquide ambiant mais est capable de résister avec beaucoup de force au mouvement d’expansion des gaz qui seraient contenus dans l’eau et qui tendraïent à s'échapper par suite de la décompression rapide à laquelle ils seraient soumis. En effet, tout mouvement de dilatation qui se produit à l’intérieur de la bouteille apour résultat d'appuyer plus fortement sur les soupapes de caoutchouc et de fermer plus hermétiquement les ouvertures. En ouvrant ces bouteilles aussitôt après Les avoir retirées de la mer, M. À. Milne-Edwards a vu s’en élancer un jet d’eau pouvant atteindre un mètre et demi de distance et Peau versée ensuite dans un vase laissait dégager une grande quantité de bulles qu'on n’a pas recueillies ni analysées. Ce résultat et celui du Vüringen semblent contradictoires et le phénomène mériterait d’être étudié à nouveau.

Les pièces de la bouteille sont les suivantes : À partie cgivale vissée sur le tube TT. Elle renferme :

10 Un canal aa servant pour lamarrage de Pappareil snr la ligne d'immersion.

20 Un logement pour la clef B d’un robinet. Cette clef est manœuvrée à l’aide d’un long levier C qui peut être mû de la position verticale, représentée sur le dessin jusqu'à l’horizontale, c’est-à-dire de 90° de bas en haut et inversement. Un petit arrèt fixé sur la partie ogivale À et qui n’est pas figuré ici, ne permet pas au levier C de dépasser la position horizontale.

30 Un conduit central pour le passage de la tige { de la soupape S.

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