‹ Océanographie (statique)Chapitre 98 sur 206 · UN · texte numérisé non relu

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sition de l'eau de mer, BB, le gazomètre à air, C le condenseur, D un

! Report of the Challenger, Physics and Chemistry, 1, p. 107. &

flacon récepteur de 1,5 litre de capacité environ, contenant un volume connu d’eau de baryte titrée. DEF montre comment on fait couler dans le récepteur la solution titrée d'acide chlorhydrique de la burette à la fin de l’expérience. Le robinet F sert à régler l’arrivée du gaz. Le mercure du flacon À empêche l’eau de mer en ébulliton de remonter dans le tube servant à l’arrivée de l’air. On charge le gazomètre avec une solution étendue de soude caustique, et pour absorber l'acide carbonique de l'air des flacons, on a soin de les secouer vigoureusement avec le liquide alcalin.

Pour titrer dans le récepteur, on enlève le petit tube de verre bouchant le trou pratiqué dans le bouchon, on laisse tomber quelques gouttes de tournesol, et on introduit ensuite dans le trou l'orifice inférieur de la burette.

M. Buchanan a cru que la quantité d'acide carbonique contenu dans les mers chaudes était plus faible que dans les mers froides. II est certain que la proportion de ce gaz n’augmente pas avec la profondeur. Le fait indiquerait que dans l’économie de l'Océan le rôle de l'acide carbonique, comme celui de l’azote, est sinon nul, du moins encore inconnu, et qu'il n’y a point lieu, par exemple, d’attribuer à ce gaz la disparition des dépôts calcaires signalée au-dessous de 5000 m. Ce résultat serait encore confirmé par les propriétés alcalines de Pimmense majorité des eaux océaniques. M. Dittmar attribue, du reste, cette disparition des coquilles calcaires à des profondeurs déterminées qui est générale dans tout l'Océan, non pas à ce que l’eau profonde contient un excès d’acide carbonique libre, mais à ce que l’eau de mer alcaline finit par dissoudre le carbonate de chaux. Les coquilles de foraminifères disparaitraient, peut-être, dans les profondeurs parce que leur chute pour y descendre se prolonge assez longtemps pour qu’elles soient dissoutes auparavant.

Après les nombreuses analyses auxquelles il s’est livré sur les échantillons du Challenger, M. Dittmar ! conclut que l’eau de l'Océan, quelles que soient la profondeur et la localité d’où elle provient, contient des bases en excès, c’est-à-dire en quantité plus grande que n’en peuvent saturer les acides dosés dans l'échantillon. Ces bases en excès sont à l’état de carbonates neutres, et en outre sont combi-

1 Dittuar, Physies and Chemistry, vol. 1, pp. 211-213. Report of the scientific results of the voyage of H. M. S: Challenger.

nées avec un excès d’acide carbonique qui, dans la majorité des cas, est inférieur, parfois égal et très rarement supérieur à la quantité exigée pour produire des bicarbonates.

À une température de 180 à 21°, la tension de dissociation des bicarbonates dans l’eau de mer est 0,0005 d’atmosphère ; aux températures de 1 à 20 inférieures ou supérieures à zéro qui règnent dans les zones glaciales, on peut l’estimer à 0,0003 d’atmosphère, valeur fort rapprochée de la tension de l’acide carbonique dans atmosphère. Dans ces conditions, l’eau de mer des tropiques donne de l’acide carbonique à l’atmosphère, et tend ainsi à élever la pression de acide carbonique aérien qui est de 0,0003 atmosphères jusqu’à la tension de dissociation correspondant pour l'Océan à la ! température ambiante. Le dégagement d’acide carbonique devient de moins en moins intense à mesure qu’on s'éloigne de lPéquateur vers les pôles jusqu'à ce que dans une certaine zone de température pour laquelle la tension de dissociation prend la valeur 6,003, il devient nul. En continuant à s’avancer vers les pôles, l’eau absorbe une quantité d'acide carbonique de plus en plus considérable et tend à convertir en bicarbonates complètement saturés les bases en excès qu’elle renferme. Le nombre d’équivalents d’acide carbonique présent pour chaque équivalent des bases en excès devrait être fonction de la température de l’eau ou approximativement de la latitude. En réalité, ces relations sont beaucoup plus compliquées car l’excès d'acide carbonique pris dans les régions polaires est transporté dans les latitudes plus chaudes par les courants descendant des pôles et sert ainsi à compenser la perte en acide carbonique que Peau y subit constamment. En admettant qu’il n'existe d’autre source que Patmosphère pour l’acide carbonique, même au delà des cercles polaires, l’eau de mer ne pourrait contenir que des traces d’acide carbonique libre, les bicarbonates étant d’ailleurs complètement saturés. D’après Bunsen, un volume d’eau distillée à 00, agité avec un excès d'acide carbonique pur sous une pression de 760 mm de gaz sec, n’absorbe que 1,8 volume du gaz mesuré sec à 0° et à 760 mm. Dans les régions polaires, la température de l’eau de mer liquide ne s’abaisse jamais plus bas que 2 ou 3 degrés au-dessous de zéro ; il en résulte que la proportion maximum d'acide carbonique, qu'une mer polaire a la possibilité de prendre à l’atmosphère peut être évaluée approximativement à 0,0003 X 1800 ou à 0,54 emcb,

soit 1 mmg par litre d’eau. Si on suppose qu’en une localité quelconque il s’en produise une plus grande quantité par suite d’un afflux de gaz arrivant du fond, cet excès d’acide carbonique au dessus de 0,5 cmcb ne tarderait pas à se dissiper dans l'air, et l’on voit combien on est en droit de dire que, d’une façon générale, l'Océan est le grand régulateur de l’acide carbonique dans l’atmosphère.

Mais l’acide carbonique ne tire pas son unique origine de l’atmosphère : une certaine quantité provient des animaux et des végétaux marins qui en dégagent après leur mort, et surtout des sources volcaniques sous-marines. Sous une pression de 2000 à 6000 m d’eau, l’acide carbonique se liquéfie et est enlevé par les courants. Il n’y aurait rien d’extraordinaire à ce qu’il existât dans les profondeurs de l’Océan des nappes d’eau contenant une forte proportion d'acide carbonique libre, les carbonates et bicarbonates étant saturés. M. Dittmar en a trouvé des exemples parmi les échantillons du Challenger ; on en serait averti par la coloration acide jaune communiquée à la coralline.

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