DA
Ho OCTAVE CRÉMAZIE.
que nous devons le Canotier et 1. Coureur ‘a
DE
bois. Ces deux pièces sont des bijoux.
» Dessane (1) devrait enchâsser ces ace perles dans des airs de sa composition. En réunissant deux strophes pour faire des couplets de huit vers et en composant un refrain. de deux ou quatre vers, vous auriez deux 1 ballades ravissantes. i
» Dessane, qui, au temps jadis, a fait uné fort jolie musique pour mon Chant des voya-.
geurs, lequel chant ne vaut ni votre Canotier.
ni votre Coureur, trouverait certainement, des accords dignes de vos deux créations, si originalement canadiennes. hi
» Historien, romancier et poëête, vous êtes
en bon chemin pour monopoliser toute la gloire littéraire du Canada.
» L'impression de votre livre est splendide.
Votre muse n’avait pas besoin de ce vêtement. magnifique. La grâce et l'élégance qu'elle a reçues de la nature lui suffisent pour attirer. les regards. 1
(1) Organiste de la cathédrale de Québec. C'était un
ancien élève du Conservatoire de Paris, et un COMDOSIEENS fort distingué.
| | OCTAVE GRÉMAZIE. 99 . » Cependant la muse est femme et trouve peut-être qu'un brin de toilette ne nuit jamais.
»Vous voulez bien me dire que vous publierez mon petit bagage poétique avec le même luxe. Je vous remercie de tout mon cœur de cette offre trop au-dessus de la valeur de mes œuvres, mais je ne saurais l’ac-
cepter.
y Comme marchand, j'ai fait perdre, hélas | de l'argent à bien du monde ; comme poëte, je ne veux en faire perdre à personne.
» Je connais assez le public canadien pour savoir qu ‘une édition, avec ou sans luxe, de mes vers serait une opération ruineuse pour
; lé diteur. Pourquoi voulez-vous que je vous
expose à perdre de l'argent, vous ou l’impri-
meur qui serait assez fou pour risquer une
. pareille spéculation ? Je n’ai point la sottise
Die me croire un grand génie et je ne vois
pas trop ce que le Canada gagnerait à la
publication de quelques milliers de vers médiocres. Quant à moi, il y a longtemps que je suis guéri de cette maladie de junese
; pou on appelle la vanité littéraire, et je dis
dû dire il y a vingt ans :
« Que poursuivre la gloire et la fortune et l'art, » C’est folie et néant ; que l’urne aléatoire » Nous jette bien souvent la honte pour la gloire \ » Et que l’on perd son âme à ce jeu de hasard».
» D’un côté, certitude de perte d'argent, de l’autre, résultat nul pour la littérature canadienne. Devant une pareille alternative, il serait absurde d’abuser de votre sympath pour vous laisser engager dans une affai désastreuse. Donc ne parlons plus di primer un volume de moi.
» J’ai passé un triste hiver, plus souven malade que bien portant. Je ne me sui guëre occupé de poésie. Je ne désespè pas cependant de mener à bonne fin ces mal heureux Trois morts. Quand je vous aura expédié la fin du poème en question, si VOUS" rencontrez un directeur de revue littéraire en Are de copie, qui ous pien pi
mes vers, puisque la revue qui aura bien voulu les accueillir n’aura fait pour moi aucuns frais autres que ceux des reproductions ordinaires. Nous reparlerons de cela en temps convenable.
Votre toujours
Ne
Jacques Crémazie avait été la providence de son frère pendant son exil. Son autre frère, Joseph, qui avait ouvert en 1862 un nouveau commerce de librairie, fut plusieurs années sans pouvoir se relever de la ruine dans laquelle Octave l'avait entraîné. Sans les secours que Jacques ne cessa d'envoyer à celuici, avec une générosité intarissable, il serait certainement allé mourir à l'hôpital, ainsi qu il le dit lui-même: car le choc terrible que sa constitution avait reçu ne lui permit jamais un travail assidu. Le moindre effort de tête l’accablait et le menaçait d’une nouvelle congestion cérébrale.
C'était également sur les conseils de ce frère qu'Octave se reposait avant de prendre
aucune détermination. Heureux s'il avait:
toujours suivi ses avis ; car Jacques, dont la. mémoire est restée en vénération à ques était par excellence l’homme de bon conseil. L Jurisconsulte distingué, professeur de droit À à l’université Laval, recorder de la cité, J ac- 4 nues Crémazie était reconnu comme l'un des. : catholiques les plus fervents et l’un des ci. à toyens Ge ue FRERES “ QnÉHEC cie n’ a 1
cause de l'éducation. Sa santé très délicates 4 minée par les chagrins, était une source con-
e , ° ? Q De tinuelle d’inquiétudes pour sa famille et M
surtout bons pus
malle d’ noie écrivait-il à sa mère ki : 1 ne à k D 4 juin 1872. J’espère que Jacques sera assez M
bien pour m'écrire un mot. Quand je nt