A, UN RICHE
0 nuits d'étoiles sous les cieux !
Jardins, nectar délicieux,
Voûte sublime!
Nous les possédons en effet, Mais, hélas ! ce beau monde est fait
Avec la Rime.
Sans elle et ses prismes fleuris, Pour pouvoir chercher hors Paris
L'eau murmurante Qui court dans les gazons naissants.
Il nous faudrait bien quatre cents
Écus de rente !
Ou, je frissonne d'y penser !
Nous n'oserions pas nous passer
La fantaisie De perdre un quart d'heure aux genoux De Cidalise. Ah! laissez-nous
La Poésie :
A Roger de Beauvoir
Ce temps e.■^t si sévère
Qu'on nose pas Remplir deux fois son verre
Dans un repas,
Ni céder à l'ivresse
De son désir, Ni chanter sa maîtresse
Et le plaisir 1
On croit que pour paraître Rempli d'orgueil,
Il est distingué d'être Toujours en deuil !
A ROGEU DE BEAUVO'H 43
Les topazes, la soie,
La pourpre et tout, Ne font pas une joie
D'assez bon goût,
Et les bourgeois, que tlalte Un speech verbeux.
Ont peur de l'écarlate Comme les bœufs !
0 pauvres gens sans flamme,
Qui, par devoir, Mettent, même à leur àrne,
Un hdbit noir !
Qu'ils ne puissent plus boire
Sans déroger, C'est bien fait pour leur gloire
Mais, cher Roger,
Nous de qui le cœur aune Un doux regard,
Admirons ce carême Comme objet d'art,
Et restons à notre aise
Dans le soleil Qu'a fait Paul Véronèse
Aux dieux pareil !
Sa lèvre nous embrase!
Que ces marchands Gardent pour eux l'emphase,
Et nous les chants!
Tant que des gens moroses
Le ciel épris Ne mettra pas aux roses
Un habit gris ,