A ROGER DE BEAUVOIR
Tant qu'au dôme où scintillenl
Les firmaments, Parmi les saphirs brillent
Des diamants,
Tant qu'au bois, où m'accueille
Un vert sentier, Naîtront le chèvrefeuille
Et l'églantier,
Tant que sous les dentelles
Daignent encor Nous sourire les belles
Aux cheveux d'or,
Tant que le vin de France
Et les raisins Porteront l'espérance
A nos voisins ,
Gardons la jeune Grâce Pour échanson,
El chantons, comme Horace, Notre chanson !
Et vous que j'accompagne Jusqu'au mourir,
Versez-nous le Champagne Laissons courir
Avec l'or et la lie De sa liqueur,
L'inconstante folie Dans notre cœur.
Règne, Amour, s;ins entrave
Et sans rival, Et nous prendrons l'air grave
Au carnaval?
A Théophile Gautier
Quand sa chasse est finie, Le poëte oiseleur
Manie Loutil du ciseleur.
Car il faut qu'il meurtrisse, Pour y graver son pur
Caprice, Un métal au cœur dur.
Pas de travail commode !
Tu prétends, comme moi,
QuelOde Garde sa vieille loi,
Et que, brillant et ferme, Le beau Rbythme dairain
Enferme L'Idée au front serein.
Les Stropbes, nos esclaves, Ont encore besoin
D'entraves Pour regarder plus loin.
Les pieds blancs de ces reines Portent le poids réel
Des chaînes, Mais leurs Veux voient le ciel.
El toi, qui nous enseignes L'amour du vert laurier,
Tu daignes f!tre un bon ouvrier.