‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 10 sur 216 · LIVRE I, ODE IU · texte numérisé non relu

LIVRE I, ODE IU

Il plaint son esclavage en plaignant leurs malheurs ,

Et repose sur l'innocence Ses regards, las du crime et troublés par ses pleurs.

Eh quoi ! quand ces beautés , lâchement accusées , %

Vers ces juges de mort s'avançaient dans les fers ,

Ces murs n'ont pas, croulant sous leurs voûtes brisées,

Rendu les monstres aux enfers !

Que faisaient nos guerriers?... Leur vaillance trompée Prétait au vil couteau le secours de l'épée ; Ils sauvaient ces bourreaux qui souillaient leurs combats. Hélas I un même jour, jour d'opprobre et de gloire , Voyait Moreau monter au char de la victoire,

Et son père au char du trépas !

Quand nos chefs, entourés des armes étrangères,

Couvrant nos cyprès de lauriers , Vers Paris lentement reportaient leurs bannières , Frédéric sur Verdun dirigeait ses guerriers.

Verdun , premier rempart de la France opprimée , D'un roi libérateur crut saluer l'armée.

En vain tonnaient d'horribles lois : Verdun se revêtit de sa robe de fête , Et, libre de ses fers, vint offrir sa conquête

Au monarque vengeur des rois.

Aiors, Vierges, vos mains (ce fut là votre crime !) Des festons de la joie ornèrent les vainqueurs.

Ah ! pareilles à la victime , <

La hache à vos regards se cachait sous des fleurs. Ce n'est pas tout : hélas 1 sans chercher la vengeance , Quand nos bannis, bravant la mort et l'indigence,

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