‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 11 sur 216 · LES VIERGES DE VERDUN · texte numérisé non relu

LES VIERGES DE VERDUN

Combattaient nos tyrans encor mal affermis , Vos nobles cœurs ont plaint de si nobles misères; Votre or a secouru ceux qui furent nos frères, Et n'étaient pas nos ennemis \

Quoi ! ce trait glorieux , qui trahit leur belle âme , Sera donc l'arrêt de leur mort!

Mais non, l'Accusateur, que leur aspect enflamme , Tressaille d'un honteux transport.

Il veut , Vierges , au prix d'un affreux sacrifice ,

En taisant vos bienfaits , vous ravir au supplice ;

Il croit vos chastes cœurs par la crainte abattus.

Du mépris qui le couvre acceptez le partage ,

Souillez-vous d'un forfait, l'infâme aréopage Vous absoudra de vos vertus !

Répondez-moi, Vierges timides :

Qui d'un si noble orgueil arma ces yeux si doux? Dites , qui fit rouler dans vos regards humides

Les pleuis généreux du courroux?

Je le vois à votre courage :

Quand l'oppresseur qui vous outrage N'eût pas offert la honte en offrant son bienfait , Coupables de pilié pour des Français fidèles, Vous n'auriez pas voulu , devant des lois cruelles ,

Nier un si noble forfait !

C'en est donc fait : déjà sous la lugubre enceinte A retenti l'arrêt dicté par la fureur.

Dans un muet murmure , étouffé par la crainte , Le peuple, qui l'écoute, exhale son horreur.

Regagnez des cachots les sinistres demeures ,

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