LES VIERGES DE VERDUN
Combattaient nos tyrans encor mal affermis , Vos nobles cœurs ont plaint de si nobles misères; Votre or a secouru ceux qui furent nos frères, Et n'étaient pas nos ennemis \
Quoi ! ce trait glorieux , qui trahit leur belle âme , Sera donc l'arrêt de leur mort!
Mais non, l'Accusateur, que leur aspect enflamme , Tressaille d'un honteux transport.
Il veut , Vierges , au prix d'un affreux sacrifice ,
En taisant vos bienfaits , vous ravir au supplice ;
Il croit vos chastes cœurs par la crainte abattus.
Du mépris qui le couvre acceptez le partage ,
Souillez-vous d'un forfait, l'infâme aréopage Vous absoudra de vos vertus !
Répondez-moi, Vierges timides :
Qui d'un si noble orgueil arma ces yeux si doux? Dites , qui fit rouler dans vos regards humides
Les pleuis généreux du courroux?
Je le vois à votre courage :
Quand l'oppresseur qui vous outrage N'eût pas offert la honte en offrant son bienfait , Coupables de pilié pour des Français fidèles, Vous n'auriez pas voulu , devant des lois cruelles ,
Nier un si noble forfait !
C'en est donc fait : déjà sous la lugubre enceinte A retenti l'arrêt dicté par la fureur.
Dans un muet murmure , étouffé par la crainte , Le peuple, qui l'écoute, exhale son horreur.
Regagnez des cachots les sinistres demeures ,