LIVRE IV, ODE X
On a consulté la Pythie , Et ceux qui parlent en rêvant.
A l'heure où s'éveille Clytie , D'un vautour fauve de Scytbie On a jeté la plume au vent.
Le vainqueur de la course agile Recevra deux trépieds divins , Et la coupe, agreste et fragile, Dont Bacchus a touché l'argile, ' Lorsqu'il goûta les premiers vins.
Celui dont le disque mobile Renversera les trois faisceaux, Aura cette urne indélébile, Que* sculpta d'une main habile Phlégon, du pays de Naxos.
Juges de la gloire innocente, Nous offrons au lutteur ardent Une chlamyde éblouissante De Sidon, qui, riche et puissante, Joint le caducée au trident.
Lutteurs, discoboles, athlètes, Réparez vos forces au bain ; Puis venez vaincre dans nos fêtes, Afin d'obtenir des poètes Un chant sur le mode thébain !
L'athlète, vainqueur dans l'arène , Est en honneur dans la cité;
m LE CHANT DE L'ARÈNE.
Son nom , sans que le temps l'entraîne, Par les peuples est répété, Depuis cette plage inféconde Où dort sur la borne du monde L'Hiver, vieillard au dur sommeil , Jusqu'aux lieux où, quand naît l'aurore, On entend sous l'onde sonore Hennir les coursiers du Soleil.
Janvier 1824.