LA DEMOISELLE
Un rien sait l'animer. Curieuse et volage, Elle va parcourant tous les objets flatteurs, Sans se fixer jamais, non plus que sur les fleurs Les zéphyrs vagabonds, doux rivaux des abeilles, Ou le baiser ravi sur des lèvres vermeilles.
àndké Cbénibr.
Quand la demoiselle dorée S'envole au départ des hivers, Souvent sa robe diaprée, Souvent son aile est déchirée Aux mille dards des buissons verts.
Ainsi , jeunesse vive et frêle , Qui, l'égarant de tous côtés , Voles ou ton instinct t'appelle, Souvent tu déchires ton aile Aux épines des voluptés.
Mai 4827.
ODE DIX-SEPTIÈME
Perseverando.
Devise des Duciê.
L'Aigle, c'est le génie! oiseau de la tempête, Qui des monts les plus hauts cherche le plus haut faîte ; Dont le cri fier, du jour chante Tardent réveil ; Qui ne souille jamais sa serre dans la fange , Et dont l'œil flamboyant incessamment échange Des éclairs avec le soleil.
Son nid n'est pas un nid de mousse; c'est une aire, Quelque rocher creusé par un coup de tonnerre, Quelque brèche d'un pic épouvantable aux yeux, Quelque croulant asile aux flancs des monts sublimes, Qu'on voit, battu des vents, pendre entre deux abîmes, Le noir précipice et les cieux !
Ce n'est pas l'humble ver, les abeilles dorées, La verte demoiselle , aux ailes bigarrées , Qu'attendent s:s petits, béants, de faim pressés; Non ! c'est l'oiseau douteux , qui dans la nuit végète , C'est l'immonde lézard * c'est le serpent qu'il jette, Hideux , aux aiglons hérissés.