A TOI
Ne crains rien, ton époux ne veut pas que sa gloire Retentisse dans son bonheur.
Goûtons du chaste hymen le charme solitaire.
Que la félicité nous cache à tous les yeux.
Le serpent couché sur la terre V entend pas deux oiseaux qui volent dans les cieux!
Mais si ma jeune vie, à tant de flots livrée, Si mon destin douteux t'inspire un juste effroi , ^
Alors fuis , toi qui fus mon épouse adorée ; — Toi qui fus ma mère, attends-moi.
Bientôt j'irai dormir d'un sommeil sans alarmes , Heureux si , dans la nuit dont je serai couvert , Un œil indifférent donne en passant des larmes A mon luth oublié, sur mon tombeau désert!
Toi, que d'aucun revers les coups n'osent t'atteindre, ' Et puisses-tu jamais , gémissant à ton tour, Ne regretter celui qui mourut sans se plaindre , Et qui t'aimait de tant d'amour !
Décembre I82f.