‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 166 sur 216 · AUX RUINES DE MONTFORT-L'AMAURY · texte numérisé non relu

AUX RUINES DE MONTFORT-L'AMAURY

La voyez- vous croître La tour du vieux cloître, Et le grand mur noir Du royal manoir?

Alfrid de Vigny.

Je vous aime , ô débris ! et surtout quand l'automne Prolonge en vos échos sa plainte monotone.

Sous vos abris croulants je voudrais habiter, Vieilles tours , que le temps l'une vers l'autre incline , Et qui semblez de loin sur la haute colline , Deux noirs géants prêts à lutter.

Lorsque d'un pas rêveur "foulant les grandes herbes,

Je monte jusqu'à vous , restes forts et superbes !

Je contemple longtemps vos créneaux meurtriers ,

Et la tour octogone et ses briques rougies ;

Et mon œil , à travers vos brèches élargies ,

Voit jouer des enfants où mouraient des guerriers.

Écartez de vos murs ceux que leur chute amuse !

Laissez le seul poète y conduire sa muse,

Lui qui donne du moins une larme au vieux fort ;

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