AUX RUINES DE MONTFORT-L'AMAURY
La voyez- vous croître La tour du vieux cloître, Et le grand mur noir Du royal manoir?
Alfrid de Vigny.
Je vous aime , ô débris ! et surtout quand l'automne Prolonge en vos échos sa plainte monotone.
Sous vos abris croulants je voudrais habiter, Vieilles tours , que le temps l'une vers l'autre incline , Et qui semblez de loin sur la haute colline , Deux noirs géants prêts à lutter.
Lorsque d'un pas rêveur "foulant les grandes herbes,
Je monte jusqu'à vous , restes forts et superbes !
Je contemple longtemps vos créneaux meurtriers ,
Et la tour octogone et ses briques rougies ;
Et mon œil , à travers vos brèches élargies ,
Voit jouer des enfants où mouraient des guerriers.
Écartez de vos murs ceux que leur chute amuse !
Laissez le seul poète y conduire sa muse,
Lui qui donne du moins une larme au vieux fort ;