LIVRE V, ODE XXV
Qu'un songe au ciel m'enlève, Que plein d'ombre et d'amour, Jamais il ne s'achève, Et que la nuit je rêve A mon rêve du jour !
Aussi blanc que la voile Qu'à l'horizon je voi, Qu'il recèle une étoile, Et qu'il soit comme un voile Entre la vie et moi !
Que la muse qui plonge En ma nuit pour briller, Le dore et le prolonge, Et de l'éternel songe Craigne de m'éveiller !
Que toutes mes pensées Viennent s'y déployer, Et s'asseoir, empressées, Se tenant embrassées, En cercle à mon foyer.
Qu'à mon rêve enchaînées, Toutes, l'œil triomphant, Le bercent inclinées,
Comme des soeurs aînées Bercent leur frère enfant !
On croit sur la falaise, On croit dans les forêts, Tant on respire, à Taise, Et tant rien ne nous pèse, Voir le ciel de plus près!
Là, tout est comme un rêve ; Chaque voix a des mots, Tout parle, un chant s'élève De Tonde sur la grève, De Tair dans les rameaux.
C'est une voix profonde, Un chœur universel, C'est le globe qui gronde, C'est le roulis du monde Sur Tocéan du ciel.
C'est Técho magnifique Des voix de Jéhbva, C'est l'hymne séraphique Du monde pacifique Où va^ce qui s'en va; *
Où, sourde aux cris de femmes, Aux plaintes, aux sanglots,