‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 202 sur 216 · LES VIERGES DE VERDUN. ODE III · texte numérisé non relu

LES VIERGES DE VERDUN. ODE III

Note 5, page 4 3.

Henriette, Hélène et Agathe Watrin, filles d'un officier supérieur, Barbe Henri, Sophie Tabouillot, et phisieurs autres jeunes filles de Verdun, furent traduites devant le tribunal révolutionnaire comme coupables d'avoir présenté des fleurs aux Prussiens, lors de leur entrée en cette ville. Les trois premières, qui seules

font le sujet de cette ode, étaient accusées, en dutre, d'avoir distribué 'de l'argent et des secours aux émigrés. Une loi punissait de mort ce singulier .genre de délit. Fouquier-Tainville, charmé de la beauté des trois jeunes filles, leur fit insinuer qu'il tairait cette dernière partie de l'accusation, si elles voulaient écouter des propositions injurieuses à leur honneur. Elles refusèrent, furent condamnées et traînées à la mort, avec vingt-neuf habitants de Verdun. La plus âgée de ces trois sœurs avait dix-sept ans.

Barbe Henri, Sophie Tabouillot et leurs compagnes, parmi lesquelles se trouvaient des enfants de treize à quatorze ans, furent condamnées au carcan et à vingt ans de détention à la Salpêtrière. Le Directoire leur rendit la liberté.

Note 6, page J 4.

C'est Tainville : on le voit, au nom de la patrie, Convier aux forfaits cette horde flétrie

D'assassins, juges à leur tour ;

Le besoin du sang le tourmente; Et sa voix homicide à la hache fumante

Désigne les têtes du jour !

Fouquier-Tainville, accusateur public, réunissait à cette horrible fonction le privilège non moins horrible de marquer les soixante ou quatre-vingts tètes qui devaient tomber chaque jour à Paris.

Note "3 , page I b.

Que faisaient nos guerriers?... Leur vaillance trompée Prétait au vil couteau le secours de l'épée;

Ils sauvaient ces bourreaux qui souillaient leurs combats. Hélas! un même jour, jour d'opprobre et de gloire, Voyait Moreau monter au cbar de la victoire, Et son père au char du trépas !

Moreau enlevait à des ennemis supérieurs en nombre Pile Cazan et le |fort de l'Écluse, le jour où son vieux père marchait à l'échafaud.

Note 8, page 4 5.

Verdun se revêtit de sa robe de fête, Et, libre de ses fers, vint offrir sa conquête Au monarque vengeur des rois !

Verdun brûlait d'ouvrir ses portes au roi de Prusse. L'intrépide commandant résista durant trois jours aux instances des habitants et aux menaces de Frédéric- Guillaume. Forcé enfin de capituler, il se brûla la cervelle. Ce brave se nommait Beaurepaire. L'honneur français ne s'est jamais démenti dans les camps.

Note 9, page 47.

Charlotte, autre Judith, qui vous vengea d'avance.

L'année précédente,. Charlotte Corday avait tué Marat, l'un des représentants qui contribuèrent le plus puissamment à faire adopter la loi contre ceux qui secouraient les émigrés.

Note 40, page 47.

Et Sombreuil, qui trahit par ses pâleurs soudaines Le sang glacé des morts circulant dans ses veines.

Mlle de Sombreuil acheta le bonheur de sauver son père en buvant un verre de sang. Longtemps après encore, on l'a vue pâlir et tressaillir au seul souvenir de cet horrible et sublime effort, qui détruisit sa santé, et la laissa, pour sa vie, sujette à de douloureuses con-r vulsions.

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