‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 30 sur 216 · LIVRE I, ODE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE I, ODE VIII

Chasse le noir passé qui nous attriste encore ;

Sois à nos yeux comme une aurore !

Rends le jour et la. joie à notre ciel en deuil.

Ivre d'espoir, ton Roi lui-même , ~ Consacrant le jour où tu nais , T'impose, avant le saint baptême , Le baptême du Béarnais.

La veuve t'offre à l'orpheline !

Vers toi conduit par l'héroïne , Vient ton aïeul en cheveux blancs ; Et la foule, bruyante et fière, Se presse à ce Louvre , où naguère , Muette , elle entrait à pas lents.

Guerriers, peuple > chantez : Bordeaux, lève ta tête, Cité qui, la première, aux jours de la conquête, Rendue aux fleurs de lis, as proclamé ta foi. Et toi , que le martyr aux combats eût guidée ,

Sors de ta douleur, 6 Vendée !

Un roi naît pour la France, un soldat naît pour toi.

Rattachez la nef à la rive :

La Veuve reste parmi nous ,

Et de sa patrie adoptive

Le ciel lui semble enfin plus doux.

L'espoir à la France Penchaîne :

Aux champs où fut frappé le chêne

Dieu fait croître un frêle roseau.

4t LA NAISSANCE DU DUC DE BORDEAUX.

L'amour retient l'humble colombe ; Il faut prier sur une tombe , Il faut veiller sur un. berceau.

Dis , qu irais-tu chercher au lieu qui te vit naître , Princesse? Parthénope outrage son vieux maître : L'étranger, qu'attiraient des bords exempts d'hivers, Voit Palerme en fureur, voit Messine en alarmes,

Et , plaignant la Sicile en armes , De ce funèbre Éden fuit les sanglantes mers 1

Mais que les deux volcans s'éveillent!

Que le souffle du Dieu jaloux Des sombres géants qui sommeillent Rallume enfin l'ardent courroux ; Devant les flots brûlants des laves, Que seront ces hautains esclaves, Ces chefs d'un jour, ces grands soldats ?

Courage! ô vous, vainqueurs sublimes! — Tandis que vous marchez aux crimes , % La terre tremble sous vos pas!

Reste au sein des Français ! 6 fille de Sicile 1 Ne fuis pas, pour des bords dont le bonheur s'exile, Une terre où le lis se relève immortel ; Où du peuple et des rois l'union salutaire

N'est point cet hymen adultère Du trône et des partis, des camps et de l'autel.

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