L'HISTOIRE
Ferrea vox.
Virgile.
Le sort des nations, comme une mer profonde, A ses écueils cachés et ses gouffres mouvants. Aveugle qui ne voit , dans les destins du monde , Que le combat des flots sous la lutte des vents!
Un souffle immense et fort domine ces tempêtes. Un rayon du ciel plonge à travers cette nuit. Quand l'homme aux cris de mort mêle le cri des fêtes, Une secrète voix parle dans ce vain bruit.
Les siècles tour à tour, ces gigantesques frères , Différents par leur sort, semblables dans leurs voeux , Trouvent un but pareil par des routes contraires , Et leurs fanaux divers brillent des mêmes feux.
Muse ! il n'est point de temps que tes regards n'embrassent ; Tu suis dans l'avenir leur cercle solennel ;