‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 50 sur 216 · LIVRE II, ODE IV · texte numérisé non relu

LIVRE II, ODE IV

ODE QUATRIEME

Domestica facta.

Hobace.

Quoi 1 toujours une lyre et jamais une épée ! Toujours d'un voile obscur ma vie enveloppée ! Point d'arène guerrière à mes pas éperdus!... Mais jeter ma colère en strophes cadencées !

Consumer tous mes jours en stériles pensées , Toute mon âme en chants perdus 1

Et cependant, livrée aux tyrans qu'elle brave,

La Grèce aux Rois chrétiens montre sa Croix esclave !

Et l'Espagne à grands cris appelle nos exploits 1

Car elle a de Terreur connu l'ivresse amère ;

Et, comme un orphelin qu'on arrache à sa mère,

Son vieux trône a perdu l'appui des vieilles lois.

Je rêve quelquefois que je saisis ton glaive, O mon père ! et je vais , dans l'ardeur qui m'enlève , Suivre au pays du Cid nos glorieux soldats , Ou faire dire aux fils de Sparte révoltée Qu'un Français, s'il ne put rendre aux Grecs un Tyrtée, Leur sut rendre un Léonidas.

• ' i . i Songes vains ! mais du moins ne crois pas que ma muse

Ait pour tes compagnons des chants qu'elle refuse ,

Mon père! le poëte est fidèle aux guerriers.

Des honneurs immortels il revêt la victoire;

Il chante sur leur vie ; et Pâmant de la gloire

Comme toutes les fleurs aime tous les lauriers.

O Français ! des combats la palme vous décore . Courbés sous un tyran, vous étiez grands encore. Ce Chef prodigieux par vous s'est élevé; Son immortalité sur vos gloires se fonde, Et rien n'effacera des annales du monde Son nom, par vos glaives gravé.

Ajoutant une page A toutes les histoires, Il attelait des Rois au char de ses victoires. Dieu dans sa droite aveugle avait mis le trépas. L'univers* haletait sous son poids formidable. Comme ce qu'un enfant a tracé sur le sable, Les empires confus s'effaçaient sous ses pas.

Flatté par la fortune, il fut puni par elle.

L'imprudent confiait son destin vaste et frêle A cet orgueil , toujours sur la terre expié.

Où donc, en sa folie, aspirait ta pensée, Malheureux ! qui voulais , dans ta route insensée , Tous les trônes pour marchepied ?

Son jour vint : on le vit, vers la France alarmée,

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