LES FUNÉRAILLES DE LOUIS XVIH
Dont le but lui soit échappé.
En vain tout secondait sa marche meurtrière ;
En vain sa gloire incendiaire
En tous lieux portait son flambeau ; Tout chargé de faisceaux, de sceptres, de couronnes, Ce vaste ravisseur d'empires et de trônes
Ne put usurper un tombeau !
Tombé sous la main qui châtie , L'Europe le fit prisonnier.
Premier roi de sa dynastie, Il en fut aussi le dernier.
Une île où grondent les tempêtes Reçut ce géant des conquêtes , Tyran que nul n'osait juger, Vieux guerrier qui, dans sa misère, Dut Pobole de Bélisaire A la pitié de l'étranger.
Loiri du sacré tombeau qu'il s'arrangeait naguère , C'est là que, dépouillé du royal appareil, Il dort enveloppé de son manteau de guerre,
Sans compagnon de son sommeil.
Et tandis qu'il n'a plus, de l'empire du monde
Qu'un noir rocher battu de l'onde,
Qu'un vieux saule battu du vent, Un roi longtemps banni, qui fit nos jours prospères, Descend au lit de mort où reposaient ses pères ,
Sous la garde du Dieu vivant.