‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 74 sur 216 · LIVRE III, ODE III · texte numérisé non relu

LIVRE III, ODE III

C'est qu'au gré de l'humble qui prie.

Le Seigneur, qui donne et reprend, Rend à l'Exilé sa patrie , Livre à l'exil le Conquérant!

Dieu voulait qu'il mourût en France , Ce roi, si grand dans la souffrance, Qui des douleurs portait le sceau; Pour que, victime consolée, Du seuil noir de son mausolée , Il pût voir encor son berceau.

Oh! qu'il s'endorme en paix dans la nuit funéraire! N'a-t-il pas oublié ses maux pour nos malheurs? Ne nous lègue-t-il pas à son généreux frère ,

Qui pleure en essuyant nos pleurs ?

N'a-t-il pas, dissipant nos rêves politiques,

De notre âge et des temps antiques

Proclamé l'auguste traité?

Loi sage qui, domptant la fougue populaire , Donne aux sujets égaux un maître tu tel aire,

Esclave de leur liberté !

Sur nous un Roi chevalier veille.

Qu'il conserve l'aspect des cieux !

Que nul bruit de longtemps n'éveille Ce sépulcre silencieux !

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