LES FUNÉRAILLES DE LOUIS XVIII
Hélas! le démon régicide,
Qui , du sang des Bourbons avide,
Paya de meurtres leurs bienfaits ,
A comblé d'assez de victimes
Ces murs, dépeuplés par des crimes,
Et repeuplés par des forfaits !
Qu'il sache que jamais la couronne ne tombe !
Ce haut sommet échappe à son fatal niveau.
Le supplice , où des rois le corps mortel succombe ,
N'est pour eux qu'un sacre nouveau.
Louis, chargé de fers par des mains déloyales,
Dépouillé des pompes royales ,
Sans cour, sans guerriers , sans hérauts ; Gardant sa royauté devant la hache même, Jusque sur l'échafaud prouva son droit suprême ,
En faisant grâce à ses bourreaux !
De Saint-Denis, de Sainte -Hélène , Ainsi je méditais le sort; Sondant d'une vue incertaine Ces grands mystères de la mort.
Qui donc êtes- vous , Dieu superbe ?
Quel bras jette les tours sous l'herbe, Change la pourpre en vil lambeau?
D'où vient votre souffle terrible , Et quelle est la main invisible Qui garde les clefs du tombeau?
Septembre 4824.