‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 76 sur 216 · LIVRE Iir, ODE IV · texte numérisé non relu

LIVRE Iir, ODE IV

ODE QUATRIEME

Os superbum conticescat, Simplex fides acquiesçât Dei raagisterio.

Que l'orgueil se taise, que la simple foi contemple l'exercice du pouvoir de Dieu.

Prosk , Prières du sacre.

x L'orgueil depuis trente ans est Terreur de la terre. C'est lui qui sous les droits étouffa le devoir ; C'est lui qui dépouilla de son divin mystère

Le sanctuaire du pouvoir.

L'orgueil enfanta seul nos fureurs téméraires ,

Et ces lois dont tant de nos frères

Ont subi l'arrêt criminel , Et ces règnes sanglants , et ces hideuses fêtes , Où, sur un échafaud se proclamant prophètes,

Des bourreaux créaient l'Éternel!

En vain , pour dissiper cette ingrate folie , Les leçons du Seigneur sur nous ont éclaté ; Dans les faits merveilleux que notre siècle oublie. En vain Dieu *'est manifesté !

En vain un Conquérant, aux ailes enflammées,

A rempli du bruit des armées

Le monde en ses fers engourdi; Des peuples obstinés l'aveuglement vulgaire N'a point vu quelle main poussait ses chars de guerre

Du Septentrion au Midi !

Qui jamais de Clovis surpassa l'insolence , Peuples ? dans son orgueil il plaçait son appui. Ne mettant que le monde et lui dans la balance.

Il crut qu'elle penchait sous lui.

Il bravait de vingt rois les armes épuisées;

Des nations s'étaient brisées

Sur ce Sicambre audacieux ; Sur la teiTe à ses yeux rien n'était redoutable : Il fallut , pour courber cette tête indomptable ,

Qu'une colombe vînt des cieux!

Peuples! au même autel elle est redescendue!

Elle vient, échappée aux profanations, Comme elle a de Clovis fléchi Pâme éperdue ,

Vaincre l'orgueil des nations.

Que le siècle à son tour comme un Roi s'humilie.

De la voix qui réconcilie ,

L'oracle est enfin entendu ; La Royauté, longtemps veuve de ses couronnes, De la chaîne d'airain qui lie au ciel les trônes ,

A retrouvé l'anneau perdu.

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