‹ Odes et ballades (volume 2)Chapitre 78 sur 216 · LIVRE III t ODE IV · texte numérisé non relu

LIVRE III t ODE IV

c Celai qui vient en pompe à l'autel du Dieu juste , C'est l'héritier nouveau du vieux droit de Clovis , Le chef des Douze Pairs , que son appel auguste

Convoque en ces sacrés parvis.

Ses preux, quand de sa voix leur oreille e*t frappée ,

Touchent le pommeau de l'épée ,

Et l'ennemi pâlit d'effroi ; Lorsque ses légions rentrent après la guerre , Leur marche pacifique ébranle encor la terre :

Dieu ! prenez pitié du Roi !

« Car vous êtes plus grand que la grandeur des hommes! Nous vous louons, Seigneur, nous vous confessons Dieu ! Vous nous placez au faîte , et , dès que nous y sommes ,

A la vie il faut dire adieu !

Vous êtes Sabaoth , le Dieu de la victoire !

Les Chérubins , remplis de gloire ,

Vous ont proclamé Saint trois fois ; Dans votre éternité le temps se précipite ; Vous tenez dans vos mains le monde qui palpite

Comme un passereau sous nos doigts ! »

Xe Roi dit : « Nous jurons , comme ont juré nos pères,

De rendre à nos sujets paix, amour, équité ;

D'aimer, aux m au vais jours comme en des temps prospères,

La Charte de leur liberté.

Nous vivrons dans la foi par nos aïeux chérie.

Des ordres de chevalerie

Nous suivrons le chemin étroit.

Pour sauver l'opprimé nos pas seront agiles.

Ainsi nous le jurons' sur les saints Évangiles : Que Dieu soit en aide au bon droit ! »

Montjoie et Saint-Denis ! — Voilà que Clovis même Se lève pour l'entendre, et les deux saints guerriers, Charlemagne et Louis, portant pour diadème

Une auréole de lauriers ; Et Charles Sept, guidé par Jeanne encor ravie;

Et François Premier, dont Pavie

Trouva l'armure sans défaut; Et du dernier Martyr l'héroïque fantôme , Ce Roi , deux fois sacré pour un double royaume ,

A l'autel et sur l'échafaud!

Devant ces grands témoins de la grandeur française , Le Saint-Chrême de Charle a rajeuni les droits. Il reçoit, sans faiblir, cette Couronne où pèse

La gloire de soixante rois.

L'Archevêque bénit l'Épée héréditaire,

Et le Sceptre , et la Main austère

Dont nul signe n'est démenti ; Puis il plonge à leur tour dans le divin calice Ces Gants, qu'un roi jamais n'a jetés dans la lice,

Sans qu'un monde en ait retenti !

Entre, ô peuple ! — Sonnez, clairons, tambours, fanfare î Le prince est sur le trône; il est grand et sacré ! Sur la foule ondoyante il brille comme un phare

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